‹ La théologie de TertullienChapitre 317 sur 455 · Saint Cypriea, Ep. 8, 3; 55, 13; ib. 30. 8 (Novatieii · texte numérisé non relu

Saint Cypriea, Ep. 8, 3; 55, 13; ib. 30. 8 (Novatieii

2. Canons de Nicée, 13. (Mansi, l. 2, p. 673.) Cf. d'ailleurs sur ce point Denys d'Alexandrie, Ép. à Connu, ap. Pitra, Jus eccles. Gruecorum, t. 1, p. 516, u. 2; Petau (rétractant son ancienne sévéritéj dans : De paenitenliu et reconcilialione velerls Ecclesiae moiibus recepta : dialriba in Synesium. (Reproduit avec les Dogmala théologien, éd. Paris 1867, t. 8, p. 443 sq.).

3. Voir Petau, De paenllentiae vrtere in Ecclesia ratiune (1622), P. G. 42. p. 1027 sq. — Gabriel de l'Aubespine, De veteribus Ecclesiae rlllbus Observationum iibriJI (1623: éd. 3% Ilelmstadii, 1672), 2,5. — Sirmond, Historid paenitenliae publicae (1651), Opp-, éd. Paris. 1696, t. 4, p. 476 sq., c. 1-2. — .\. Boudinhon, Sur l'histoire de la pénitence, à propos d'un ouvrage récent (IL C. Lea\ dans R. H. L. Il, t. 2 (1897), p. 306 sq; 496 sq. (Incomplet sur l'origine de la confession). — E. Vacandard, Le pouvoir des clefs et la confession sacramentelle, dans R. C. F. t. 11 (1898), p. 192 sq; p. 399; t. 15, p. 195; t. Ki, p. 5: p. 421 ; t. 17 (1899), p.385; t. 18, p. 142; t. 19, p. 337. (Accorde beaucoup, à la suite de Funk, à la confession publique. Ce point a été relevé par le R. P. llarent. Études religieuses, t. 80 (1899), p. 577 sq.): La discipline jjénitentielle dans l'Église primitive, dans R.C. F. t. 20(1899), p. 566; t. 21, p. 28: du même : Absolution, nu temps des Pères, dans Dict. thi'ol. 1, 145-161. — Funiv, art. liiissdiscipUn, dans le Kirchenlexicon de Fri-* bourg, t. 2, 1561 sq. (la P" partie traduite par l'abbé Vacandard, R.C.F.t. 14, p. 195-207) ; le ménit.', Zur ultchrislUchen Russdixciplin, dans : Kirchengeschichlliche Abhandlungenund Untrrsuchungen (Paderboru. 1897), 1,6, p. 155 sq. (Nous parait exagérer la difficulté de la réconciliation devant l'Église). — H.-B. .Swete, Penitentiul discipline in t/ie three fîrst centuries, dans J. T. S. vol. 4 (avril 1903), p. 321-337. — P. Pelle, Le tribunal de la pénitence devant la théologie et l'histoire (l'-dv'is, 11X13, in-8). L'auteur se livre à une vaste enquête sur l'histoire de la pénitence ; parfois il semblerait vouloir tirer de principes dogmatiques des conclusions qui n'y sont pas sûrement renfermées (notamment p. 87).

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sompLioii du jug-cment divin ' ; mais il ne va pas [)lus loin, rt donc suppose que tout espoir n'est pas perdu. Mêmeaux heures de sa plus grande sévérité, il ne consent ])as à damner sans rémission le pécheur pour qui l'Hlglise n'a plus de pardon. Si ri'^glise ne peut rien pour lui, elle ne l'abandonne pourtant pas au désespoir : elle l'engage à persévérer dans la pénitence; par là, il a chance de Uéclur Dieu, toujours maître de son pardon -.

En second lieu, il reste à ce pécheur la chance du baptême de sang, c'est-à-dire d'une confession héroïque, lui ouvrant le ciel pour prix de sa vie. Tertullien n'a jamais varié non plus sur cette valeur expiatrice du martyre ^. Mais c'était là une chance rare, et qui peut-être tentait peu d'ambitions.

Enfin, à défaut d'une confession personnelle, il reste le recours à l'intercession des confesseurs de la foi : l'Eglise en tenait grand compte, soit pour accorder, soit pour abréger la pénitence canonique. Tertullien a fait deux fois allusion à cet usage : d'abord au début, puis tout à la fin de sa carrière. Ces allusions ont donné lieu à des commentaires ti'ès divergents : il faut s'efforcer de les présenter dans leui' teneur objective, sans y rien ajouter ni retrancher.

La première allusion se trouve dans l'exhortation aux martyrs^ : Pacein quidam in Ecclesia non liabentes a martijribus in carcere exorare consiievcrunt. C'est la constatation d'un usage existant : on voit des pécheurs, non en paix avec l'Eglise, recourir aux martyrs pour obtenir leur réconciliation. Tertullien n'y trouve pas à redire.

La deuxième allusion, beaucoup plus longue, appartient au De piidicitia : elle doit être acceptée sous bénéfice d'inventaire, car c'est la parole d'un ennemi. Tertullien attaque l'évêque de

1. Ap. 30 : Summum luturi judicii praejudicium est. si quis ita deliqnorit ut a communicatione orationis et conveutus et omnis sancti commorcii relegotur.

2. Pud. 3 : Frustra agetur paeniteatia si caret v^nia. Omiiis autem pacnitentia agenda est... Quantum enim ad illos a (piibus pacem humanam consequitur, frustra agitur: quantum autem ad nos, qui solura Dominum meminimus delicta concedore. et utique inortalia, non frustra agetur... Etsi pacem hic non metit, apud Dominum seminat.

:î. Voir ci-dessus, S 4. p. 330: c. VIII, % 0. p. 131. 1. Mari. 1.

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Rome, qui prétend remettre des pécliés jusque-là réservés à Dieu. Il poursuit ^ : Et voici que vous livrez ce même pouvoir à vos martyrs. A peine quelqu'un d'entre eux a-t-il, grâce à des geôliers complaisants, revêtu de bénignes chaînes, aussitôt affluent les adultères, les débauchés ; c'est un concert de prières, un déluge de larmes, de la part de gens tarés; les plus empressés à payer, pour se faire ouvrir la prison, sont ceux qui ne peuvent plus paraître à l'église. Les pires attentats se commettent sur ces hommes, sur ces femmes: les ténèbres encouragent le désordre, et ceux dont on vient implorer la protection courtmt grand danger de se perdre. D'autres se font envoyer aux mines, et en reviennent réconciliés : cependant pour effacer les souillures de ce prétendu martyre, il en faudrait un vrai... Et quand vit-on les martyrs, quand vit-on les Apôtres eux-mêmes disposer de ce qui n'appartient qu'à Dieu? Qu'il suffise au martyr d'expier ses propres péchés! Le Christ seul expie par sa mort les péchés d'autrui.

On remarquera le changement qui s'est fait dans l'esprit de Tertullien. Toutes les rumeurs malveillantes que l'Apologétique repoussait avec indignation, le De pudicitia — comme aussi le De jejunio — les relance à la face des catholiques. Leurs prisons ne sont plus ces retraites où l'Esprit- Saint entrait avec les bénis martyrs, mais le repaire de la débauche. Quant au reproche qu'il adresse à l'évêque de Rome : At tu jam et in marttjras tuas effundis hanc potestatem, il prouve, selon nous, deux choses : 1° Que le pouvoir des martyrs en matière pénitentielle avait été jusque là contenu dans de justes bornes; 2° Que ce pouvoir ne s'exerçait pas indépendamment de l'évêque. La première proposition ne soulèvera guère d'objections; la seconde a été souvent contestée, ce qui nous oblige à y insister quelque peu. L'intérêt qui s'attache à cette question ne peut échapper à personne : il s'agit de l'origine des induloences'-.

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