‹ La théologie de TertullienChapitre 319 sur 455 · Eusèbe. H. E.b, 1, 15. 46., ap. Batiffol, p · texte numérisé non relu

Eusèbe. H. E.b, 1, 15. 46., ap. Batiffol, p

o. Textes tirés d'Eusèbe, H. E. 5, 2. h. 7.

Si l'on concluait de ce texte que la prière des confesseurs remettait par elle-même le péché de leurs frères tombés, il faudrait en conclure au même titre que la prière de saint Etienne remettait le péché de ses bourreaux, ce qui ne peut venir à l'idée de personne. Nous voyons ici seulement qu'à la prière des confesseurs Dieu accorda une grâce surabondante, que les renégats y eurent part, et que plusieurs se convertirent. Quant aux circonstances de leur réconciliation, avouons qu'elles nous échappent entièrement.

Revenons à Tertullien, et essayons de préciser le sens et la portée de cette intervention des martyrs, qu'il réprouve, et que l'évêque de Rome aurait autorisée. M. Rolffs ' a proposé — d'ailleurs timidement — de reconstruire ainsi les mots essentiels de Fédit pontifical incriminé par Tertullien : Ego et mœchiae et fornicationis delicta paenitentia functis dimitto... si veniam a martyre acceperint. M^"" Batiffol- juge cette reconstruction invraisemblable, et nous doutons comme lui que le programme pontifical ait pu revêtir cette forme tranchante et presque scandaleuse. Au contraire, nous accepterions volontiers cette même phrase comme résumé historique de la ligne de conduite effectivement suivie par lévêque de Rome. De fait, que lisons-nous chez Tertullien y Que certains pécheurs s'arrangeaient pour passer quelque temps aux mines, et qu'à leur retour ils se vantaient d'avoir reconquis leur place dans l'Eglise : Inde Communicator es revertuntur ; qu'un martyr, à raison de son union morale avec le Christ, passait pour investi d'un pouvoir spécial de pardonner en son nom : Si propterea Christus in martyre est ut moechos et fornicatores martyr absolvat. Pour oser fonder sur de telles assertions des conclusions dogmatiques, nous voudrions les rencontrer ailleurs, et sous la plume d'un autre écrivain. Mais à la dernière page du pamplet le plus violent de Tertullien, mêlées aux outrages les plus sanglants contre les catholiques, elles nous paraissent d'un caractère trop évidemment oratoire pour donner prise à une discussion sérieuse. Retenons que de soi-

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