MARIAGE
lement de son évolution appartient au présent chapitre.
Dieu a béni l'union de Ihomme et de la femme ', destinée à peupler la terre; et daprès sa première institution, Eve ne devait pas connaître d'autre époux qu'Adam, ni Adam d'autre épouse qu'Eve. Selon la prophétie d'Adam lui-même-, il y avait là en germe un grand sacrement : Adam et Eve iîguraient le Christ et lEglise (Gen, 2,23; cf. Eph.5,30 sq.). Or l'institution dégénéra de sa pureté primitive : le principe de la monogamie, compromis par la tolérance accordée aux patriarches, devait être restauré par la Loi, puis par l'Evangile; saint Paul y apporta le dernier perfectionnement. Mais prétendre que le Christ est venu détruire le mariage^, ce serait méconnaître le dessein de Dieu. Le mariage est un bien, et, comme tel, permis dès l'origine. Toutefois ce n'est qu'un moindre bien : aux âmes généreuses. l'Apôtre propose la continence volontaire comme un idéal plus élevé.
Il était réservé à l'hérésie de proscrire pratiquement le mariage ' : ^larcion n'accordait le baptême qu'aux vierges et à ceux qui promettaient de vivre désormais en vierges^. Déjà touché par le montanisme, Tertullien ne laisse pas de protester contre ces brouillons, qui confondent précepte et conseil. 11 approuve qu'on renonce au mariage, non qu'on en fasse fi; qu'on loue la continence, non qu'on l'impose. Contre ceux qui médiraient du mariage, comme d'une chose honteuse, il est prêt à le défendre ouvertemenl. comme l'œuvre du Créateur. L'abus (ju'on en peut faire n'est pas une raison d'en condamner le principe ; car le même Dieu (|ui a dit : Vous ne commettrez pas d'adultère » (Exod. 20, 14), et : « Vous ne désirerez pas la