‹ La théologie de TertullienChapitre 333 sur 455 · Ifj · texte numérisé non relu

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(I. Ilujusinodi inaliiiuonium... ;i malo concilialur, a Domino vero daiunatur. — A presser les mots, le rolo attribué ici an di'mon répond exactement à celui de l'Église dans la célébration du mariage chrétien, 2 ù'x. 'J : .Matrimonii quod Ecclesia conciliât,.

374 THÉOLO(;iE DE TEHTULLIEN.

Gentils ', les maîtres sérieux interdisent à leurs esclaves de se marier hors de leur maison ; la loi romaine livre à la servitude la personne libre qui continue de vivre avec un esclave, après sommation du maître. Et les sommations de l'Apôtre n'emp»*cheront pas une chrétienne de s'unir à un esclave du démon? Pareille folie trahit les défaillances d'une foi livrée aux attraits du siècle. Ces grandes dames clierchent une carrière digne de leur ambition. L'Eglise est trop pauvre : les beaux partis s'y rencontrent rarement, et sont vite enlevés. Que faire? Où trouver un mari qui vous donne des voitures, des mules, et de ces grands esclaves qui viennent de loin et coûtent si cher? Un mari chrétien, fût-il riche, ne se prêtera guère à ces fantaisies. On ira donc demander au démon le mari que l'on rêve. Cependant, voyez ce qui se passe chez les païens : bien des femmes nobles et opulentes passent par-dessus toutes les considérations de naissance et de fortune pour s'unir à des hommes de rien, parfois à des eunuques, parfois à leurs affranchis ou à leurs esclaves : nul parti n'est trop bas, s'il leur assure une liberté sans contrôle. Une chrétienne devrait s'inspirer de ces exemples, estimer, en fait de dot. la foi plus que l'argent, se souvenir que le royaume des cieux appartient aux pauvres, et apprécier surtout l'époux riche selon Dieu.

Mais comment louer dignement le mariage chrétien-? ce mariage dont l'Eglise forme le nœud, que confirme l'oblation sainte, que scelle la bénédiction sacerdotale, que les anges publient là-haut, que le Père céleste ratifie? Sur terre même, il n'est pas de mariage accompli sans le consentement des parents-^. Quel sera donc ce mariage de deux fidèles, unis par la communauté d'espérance, de désir, de discipline, d'obéissance? Frères, etscrviteurs d'un même maître, ne faisant qu'un par la chair et par l'esprit, pratiquant ensemble prières, prostrations, jeûnes, se soutenant de leurs avis de leurs exhortations, de leur patience; ensemble à l'église, ensemble à la sainte table, ensemble dans l'épreuve, dans la persécution, dans la

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