Ux
-2. 2 Ux. 9.
3. Xec in terris filii sine consensu i)arentum recto et jun' niibunt.
MARIAGF. Ô/O
joie; incapables de se rien cacher, de se fuir, de s'importuner; libres pour la visite des malades, pour l'assistance des pauvres: sans tourment pour Faumône, sans inquiétude pour le saint sacrifice, sans obstacle pour la ferveur quotidienne ; ignorant les signes de croix furtifs, les félicitations tremblantes, les bénédictions muettes ; faisant assaut de psaumes et d'hymnes, rivalisant à qui chantera mieux les louanges du Seigneur : ravi dun tel spectacle, le Christ envoie sa paix aux époux chrétiens. Où ils sont tous deux, le Christ est aussi; où est le Christ, le démon n'est pas. Voilà le mariage dont parle saint Paul, le seul permis, le seul avantageux aux fidèles.
La doctrine de ce livre peut se résumer ainsi : malgré son culte pour la continence, Tertullien estime hautement le mariage chrétien. Il pousse le respect du lien conjugal jusqu'à ne rien laisser subsister du /j/7Vi7èoe/?a«^m ; même pour le mariage contracté dans l'infidélité', il n'admet de séparation qu'en cas d'adultère. Il pousse le respect du fidèle jusqu'à déclarer illégitime, en tout état de cause, l'union qu'il pourrait contracter avec un infidèle^. Il admet que la grâce du baptême sanctifie le mariage contracté dans la gentilité, et que Dieu le ratifie •'.
On devine que les mariages mixtes étaient, pour les chrétiennes d'un certain rang, une tentation permanente, dont il fallait à tout prix les défendre : cette préoccupation inspire à Tertullien ses paroles les plus véhémentes ' ; elle excitera encore la sollicitude pastorale du pape Calliste et de sainl Cyprien.
1. C'est bien d'un tel mariage qu'il est question, 2 Ux.2 : Respondebo... anto onuiia allegans Dominuin niagis gratum habere matrimonium non contrahi quam oninino disjungi: deniquf divortiuni prohibet nisi stupri causa, continentiam vero comniendat. Ilaboat igitui- ille porseverandi necossitatom. — Or, nulle part, pour Tertullien, divorlium n'est autre chose qu'une séparation de corps (Cf. p. 464).
2, Ux. 3 : l^'ideles gentilium inatrimonia subeuntes stupri reos constat esse. — Sur ce point Tertullien en appelle à TA. T., Monog. 7 : Et vêtus lex adimit con.jugiuni allophyloruni. — Ses prohibitions déliassaient la pensée de l'Église. Voir M'inog. II : Licet nec hoc psychici cun-nt.
o. 2 Ux. 2 : Secunduni Scripturani, qui in matrinionio gentili a lide depvehendentur, propterea non imiuinantur quia cum ipsis alii quocpie sanclificantur... Dei auteni gratia illud sanctiticat quod invenit... 11». 7 ; Ratuni est apud Deuiu niatrinionium hujusuiodi.
4. Voir Bigeiniair : Die lieleiligun;/ der Chrislon am o/l'i'nlllrhen Leben in vorconslanlinischer Zcil (Miinchen, l'J02), p. 212 sq.
376 TiiKoi.ociiî DK tehtui,lii;n.
D'autre pari, on aperçoit, déjà conslitué, le rituel primitif du mariage proprement chrétien, par où sunissent deux fidèles ' : EJiis matriinonii quod Ecclesia conciliât - et confirmât ohlaiio ^ et obsignat bencdictio. C'est dans l'assemblée des fidèles, avant l'oblation du saint sacrifice et sous la bénédiction de l'évéque, que les époux s'engagent l'un à l'autre. Comme tous les dons divins, ce mariage est confié à l'Église : il faut l'aller demander au clergé, dépositaire du sacrement '.
Dans l'Antimarcion, Tertullien fait un pas de plus. Contre les dénégations de l'hérétique, il maintient encore que le mariage a droit à tous les respects, comme institué par le Créateur, et il l'oppose à la virginité, non comme le bien au mal, mais comme un bien à un moindre bien ^. Mais déjà la thèse de l'illégitimité des secondes noces pour un chrétien est formulée