Ap. 1. — Cf. 1 -V. L
REVENDICATIONS CHUÉTIENNES . 379
voix de la vérité, ils sont réduits à écrire leur défense. l'Urangers en ce monde, ils acceptent sans plainte, comme sans étonnement, la situation qui leur est faite; pourtant ils souhaiteraient qu'on les entendît avant de les condamner, et ils estiment qu'en s'y prêtant, la justice ne s'amoindrirait pas. C^'est par cette fière déclaration que s'ouvre l'Apologétique. La haine dont on poursuit le nom chrétien est injuste : premier grief qu'ils soumettent aux magistrats. On peut en croire tant de païens qui, en cessant d'ignorer les chrétiens, ont cessé de les haïr, et souvent même ont grossi leurs rangs. On peut en croire les chrétiens euxmêmes, si fermes devant les tribunaux et si différents des vrais criminels. Fussent-ils coupables ' , pourquoi leur refuser le droit commun des scélérats? Aux chrétiens seuls on ne permet de rien dire pour leur défense ; ce qu'on attend, ce que la haine publique réclame, c'est l'aveu d'un nom, ce n'est pas l'examen d'une accusation ^. Pour aucun autre criminel on ne s'en tient là : qu'il s'avoue homicide, sacrilège, inceste, ennemi public, avant de prononcer la sentence on examinera la qualité du délit, sa fréquence, les circonstances de lieu, de mode, de temps, de complicité. Rien de tel pour les chrétiens : l'enquête même est interdite. Jadis Pline, ayant commencé de sévir contre eux, fut effrayé de leur nombre, et consulta Trajan ^ pour en