‹ La théologie de TertullienChapitre 339 sur 455 · Ap. 4. — Cf. 1 N. G · texte numérisé non relu

Ap. 4. — Cf. 1 N. G

justice, la loi cesse d'obliger '. Comme elle n'est pas tombée du ciel, il faut avouer qu'elle est l'œuvre de l'homme; œuvre caduque, ainsi que tant d'autres lois, aujourd'hui condamnées par le temps. Chaque jour la lumière de lexpérience, perçant l'antique forêt du droit romain, désigne à la hache des rescrits impériaux et des édits telles et telles lois, qu'il faut émonder ou abattre. Hier encore Sévère abrogeait les lois Papiae, consacrées par des siècles d'existence. Combien d'autres encore debout, mais réservées au même sort! L'équité seule rend les lois respectables : le jour où elles apparaissent iniques, elles sont justement condamnées. Et que penser de ces lois qui poursuivent un nom? Lois iniques, lois absurdes même, qui, en frappant le nom, tolèrent le crime et bâillonnent la défense. Une loi doit compte de sa justice à ceux dont elle exige l'obéissance ; la loi est suspecte qui se dérobe à lexamen ; la loi est criminelle qui, trouvée mauvaise, reste néanmoins en vigueur. Si l'on remonte aux origines de la législation romaine contre le christianisme, on rencontre un vieux décret ^ défendant à \' imperatoj- àe consacrer un dieu nouveau sans l'approbation du sénat. Ainsi en va-t-il chez vous : nul n"est dieu sans la permission de Ihomme. Or Tibère avait pris l'initiative dune mesure introduisant le Christ dans le panthéon romain ' : le sénat opposa un refus; l'empereur n'en persista pas moins

1. Quodsi, quia non débet, ideo non viiltis licere, sine dubio id non débet licere quod maie fit, et utiqiie hoc ipso praejudicatur licere quod bene fit.

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