Passion des ScilUtainx, 2-3; saint Justin, 2 Aj
3. Acleii de saint C>jprien : Galcrius Maxinuis... seutenliaui vix et aegre dixit verbis hujusiuodi : r»iu sacrilega nienb' vixisti et i)iurimos nefariae tibi conspirationis honiines adgregasti et inimicuui te diis romanis et religionibus sacris coiistituisti, etc..
l. Ep. 10, 9o. Nec ineiliocriter haesitavi... nouien ipsuni. si llagitiis careat, au (lagitia coliaei-entia noniini puuinntur.
5. Ep. 10, 90 : Qui negabant esse se clirisliauos aut fuisse, cuni praoeunte me deos appellareut et imagiui tuae... ture ac virio su])plicarent, praeterea maledicerent Ciiristo, (luorum niiiil posse cogi dicuntur qui sunt re vera christiani, diuiittendos esse putavi. — Trajan, <laus son rescrit, approuva son pi-ocousid. Or cette procédure est exactement celle que décrit à son tour Tertullien, Ap. 2 : In omnibus nos aliter disponilis quaui ceteros nocentes, ad ununi contendendo ut de eo nomine excludamur : excludimur enim si lacimus tiuae faciuut non cliristiani.
388 Tiii;oLO(aE dk i icinui-Liiix.
[/examen de l'Apologétique confirme cette observation'. Que porte l'accusation y la qualité de chrétien. Que vise l'instruction? précisément la qualité de chrétien. L'encens offert aux idoles est un moyen d'épreuve, ce n'est pas le seul ^. Enfin que mentionne la sentence? la qualité de chrétien, et de chrétien persévérant dans sa foi : l'accusé qui abjure se voit aussitôt absous. Or aux termes du droit romain, l'accusation doit spécifier la loi enfreinte par l'accusé. Ici le mot civistianus, Christian us confessits spécifie le délit et motive la condamnation. 11 semble donc difficile d'échapper à cette conclusion que les verdicts rendus contre les chrétiens n'étaient pas formulés au nom du droit commun, ni au nom d'un pouvoir discrétionnaire de haute police, mais bien au nom d'une loi d'exception^. Et de cette loi d'exception, les martyrs, et aussi les apologistes, appelaient au droit commun.
L'énormité juridique dont l"f]glise souffrait au deuxième siècle suppose une période d'élaboration, durant laquelle des haines clairvoyantes ne s'étaient pas fait faute d'agiter le spectre chrétien ''. et avaient réussi à créer ce crime d'opi-
1. Voir Callewaort. li. <J. IL, 1. c, p. 3G S(\., «n les faits apportés par TcrluUien, Ap. 44, Scap. 4. — Ap. 2 : Deniquo quid de tabella recitatis? lllum cliristianum... Christianus si nullius criminis nomen est, vald(> ineptum si solius nominis crimen est. (Texte n-tabli par M. Callewaert, n. H. L. [t., 7 (1902), p. 334, d'après le codex Fuldensis).
2. 11 y avait encore l'épreuve des viandes défendues. Ap. 0 : In tormento christianorum botulos otiam cruore distentos admoveiis, certissimi se. iliicitum esse pênes illos per quod exorbitare eos vultis.
3. JI. Caliewaert {Les premiers chrétiens et Vaccusalion de lèse-majesté, dans R. Q. H., t. 76, 10U4) nous parait avoir clairement établi contre Mommsen que la Lex Jidia majeslatis ne fournit pas une explication plausible de la procédure usitée contre les chrétiens, d'autant que les magistrats pers(>cuteurs ne s'j' réfèrent jamais. La thèse ne sera guère contestée pour les temps postérieurs à Dèce; mais nombre d'historiens font encore dater de Dèce la législation contre le christianisme. 11 est vrai que la loi d'empire édictée par Dèce coupa court, par sa précision, aux tergiversations des magistrats; mais en cela consista, croyons-nous, sa principale innovation.
4. On assiste à la formation de \n légende cliez Tacite et Suétone, dordinaire mieux informés. Tacite, qui ne croit pas les chrétiens coupables d'avoir incendié Rome, excuse néanmoins les cruautés exercées par Néron advei^sKS sontes et i^ovissima rxempla méritas (Atm. 15, 44). Suétone les regarde comme des factieux adonnés à une superstition malfaisante : Judaeos, impulsore Chresto assidue tumultuantes, Roma expulit(C/aMde, 25).
ACCUSATIONS COXTKE LES CHnÉTIEXS. 389
nion ' contre lequel s'acharneront les persécuteurs. Aussi Tertullien rééditera-t-il, pour les réfuter, toutes les vieilles calomnies, même celles auxquelles on ne croyait plus guère. jMais tout d'abord il a posé la question sur son vrai terrain juridique, en déclarant au pouvoir que le christianisme, comme tel, se sent méconnu, et qu'il proteste contre une loi d'exception.