C. II, r, 1, p. 11 sq
:;. c. III, Z 3, p. 153 sq.
1. Ap. 21 : Vidote onim no et lioc ad iiTeligiositaliselogiuin coiicunat, adiiiierc liboitati'in n.'lif,nonis ft iiitordicoro optionom divinilatis, ut non liccat iiiihi colcro qiiein voliin, sed cogar colère qiieia nolim... Scd nos soli ai'coiaur a religionis proprictate... Apiid vos quodvis colère jus est pra<'ter Deuni vituiii. — C'est tout le fond des livres ad .yalùincu.
5. Voir la thèse de l'abbé E. Beurlier, Essai sur le culte rendu aux empereurs romains (Paris, 1800). — F(''lix Mourlot, Essai sur l'hisloive de l'au- '/uslalilé (Paris, 1895). — Franz Cuiiiont, L'élernilé des empereurs romains; «lans R. II. L. R. A. \ (18i»6), p. i3G s(|. — .Jean Kéville, Eareli;/ionn Rome foiis les Sévères (Pai'is, 188<3). — Nous ferons des emprunts à notre ailicl(^
392 THKoi.oGiE ni: tkutlllien.
iK'es (Je rp.tal romain et sur celles de lEglise : dans la polémique de Terlullien, elle occupe une position centrale.
C'est au contact des peuples orientaux que les Romains apprirent à ranger leurs princes parmi les dieux. L'Egypte avait adoré les Pharaons comme incarnations du dieu Ra; la Perse aussi adora ses rois. Philippe de Macédoine, parvenu à l'apogée de sa puissance, osa, le premier entre les Grecs, prétendre aux honneurs divins. Alexandre imita son père; la mort mit le sceau à une apothéose commencée de son vivant dans le rayonnement d'une prodigieuse conquête. Les généraux héritiers de son empire démembré recueillirent leur part do ce culte : les Séleucides eurent des autels dans Antiochc, les Ptolémées dans Alexandrie. Cet exemple ne fut pas perdu pour les autres ^princes d'Orient; elles proconsuls romains, gouverneurs de l'Asie ou de l'Afrique, y trouvèrent des populations depuis longtemps rompues à l'adoration de leurs maîtres. Il entrait dans la politique romaine d'exploiter ces dispositions, et le monde ne demandait qu'à se laisser gagner au culte des empereurs. Déjà Jules César, dans Rome, avait encouragé une adulation sans bornes. Il eut son char au Capitole, en face de Jupiter, sa statue d'ivoire au cirque entre les statues des dieux immortels, dans le temple de Quirinus une autre statue avec l'inscription : Deo invicto. Il eut sa couronne d'or, semblable à celle des dieux ; il eut ses sacrifices et son temple, avec Marc-Antoine pourflamine. Mort, et à peine disparu dans les flammes d'un bûcher où les matrones jetaient à l'envi leurs plus précieuses parures, il reçut du sénat et du peuple le nom de Diviis et un nouveau sanctuaire [hérôon] . Une comète qui parut vers ce temps-là fut généralement considérée comme une manifestation du dieu reçu dans l'Olympe.
Octave, qui lui succéda, en s'intitulant modestement Di^>i filius, se laissait peu à peu hisser sur les mêmes autels. Plus discret que son rival Sextus Pompée qui, écumant alors les mers, se faisait appeler fils de Neptune, et substituait à la pourpre des généraux romains une robe d'azur, moins extra-
dos £7«t/es religieuses, t. '.'ô cjn juin r.»o:!i. p. 7o7 sq : Le dieu César au temps lie Septime Sévère.
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vagant que son rival Antoine, qui paradait dans Athènes comme un autre Dionysos, à la cour de Cléopàtre comme rOsiris de cette autre Isis, Octave refusait les honneurs divins dans la capitale de l'empire. Même après Actiuni, et quand il eut pris le nom d'Auguste, il alîectait de mettre entre lui-même et Apollon, son dieu favori, une distance que Rome ne demandait qu'à oublier. Mais déjà la flatterie des poètes officiels s'exprimait sans ambages, et déclarait la divinité d'Auguste reconnaissable à ses exploits, comme Jupiter aux éclats de la foudre :
Caelo tonnntem credidimus Joveni Regnare : pracsens divus liabc])itur Augustus, adjectis Britannis Iinperio gravibusque Persis '.
Le vieux culte latin des génies servit de point d'attache à des rites inspirés par la superstition étrangère ; le génie d'Auguste fut associé aux dieux lares. L'Italie avait devancé Rome dans son zèle pour la divinité impériale. Des villes dataient le commencement de l'année de la venue d'Auguste en leurs murs. Naples, Cumes, lui dédiaient des jeux quinquennaux. APompéi, à Pise, il avait des flamines; à Forum Clodii en Etrurie, un autel; à Bénévent, à Terracine. à Pola, à Vérone, à Crémone, à Pise, à Pouzzoles, des temples. Mais l'Italie n'avait fait que céder à la poussée des provinces. L'Asie fut la première à briguer la faveur délever des sanctuaires au nouveau dieu. Auguste y mit pour condition qu'à son nom serait associé celui de la déesse Rome. Pergame donna l'exemple dès l'année 29 avant Jésus-Christ; au cours des années suivantes, le sol de l'Asie se couvrit de temples. L'Espagne tarraconaise entra dans ce mouvement à partir de l'an 26; la Gaule suivit de près. En l'an 12, elle fondait, au confluent de la Saône et du Rhône, une fête annuelle. Les solennités de l'autel lyonnais, organisées par une loi impériale, excitaient l'émulation sur d'autres points du territoire gaulois. Déjà la piété des peuples ne se contentait plus d'un culte provincial : chaque municipe voulait avoir le sien. De Narbonne à Samarie. d'Alexandrie au Bosphore, les villes