‹ La théologie de TertullienChapitre 351 sur 455 · Iloraci'. Od · texte numérisé non relu

Iloraci'. Od

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et les princes rivalisaient de zèle pour ollrir à r('m[)er('ur un somptueux Augiisteiim. Athènes lui consacrait le tenii)lc quelle avait destiné à Zeus olympien. On briguait les fonctions de flamine, pour présenter au génie d'Auguste les vœux de la cité; tel souverain, comme Polémon, roi de Pont et du Bosphore, ne dédaignait pas les fonctions de ce sacerdoce. En Orient, on aspirait au titre de néocore impérial; en Occident, autour des autels municipaux, se développait, sous le nom à'ordo aiiguslalis, une bourgeoisie provinciale, pépinière de serviteurs dévoués pour l'empire. Le culte du prince devenait le lien officiel de tous ceux qu'attirait la fascination de Rome, et pour ainsi dire la forme authentique du loyalisme romain.

L'empereur est mort : le sénat, gardien attitré de la religion, a par décret ouvert le ciel, et le panthéon romain compte un divus de plus. Reste à célébrer de dignes funérailles. Le corps, porté sur les épaules des plus jeunes sénateurs, sera déposé au forum. Devant lui défilera un cortège imposant : images des ancêtres, chœurs de jeunes gens exécutant des chants funèbres, images en bronze des peuples vaincus, le sénat, les chevaliers, la garde prétorienne. Un des proches de l'empereur prononcera l'oraison funèbre; puis on se remettra en marche vers le champ de Mars où le corps doit être brûlé. Du bûcher en flammes s'élancera un aigle, hgurant l'àme du défunt, et l'on trouvera sans peine un sénateur complaisant pour jurer qu'il a vu le ^/Vz/s monter au ciel. Cette cérémonie funèbre ouvre la série des nouveaux honneurs que Rome promet à sa mémoire. Désormais associé aux dieux de l'Olympe, il aura comme eux sa statue amenée sur un char spécial aux jeux du cirque ; son nom sera introduit dans les formules officielles de serment, et la moindre irrévérence envers son image sera punie comme un sacrilège.

Tel est le spectacle que, sauf quelques variantes et avec des degrés divers d'enthousiasme, Rome vit se reproduire souvent durant trois siècles. Pour trois ou quatre empereurs sceptiques sur leur propre divinité — tel Vespasien dont on cite ce mot amer à l'approche de la mort : « Je sens que je deviens dieu ' »,

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