‹ La théologie de TertullienChapitre 352 sur 455 · LK DIEU CÉSAR · texte numérisé non relu

LK DIEU CÉSAR

— il y eut un plus grand nombre de fous. Caligula, dans ses fantaisies mythologiques, parut avoir perdu le sentiment du ridicule dont il couvrait la majesté impériale. Tour à tour Hercule, Castor, Pollux, Dionysos, Mercure, Apollon, ou môme .Tunon, Diane, Vénus, il devint encore jaloux de Jupiter. On dut lui apporter de Grèce le Zeus d'Olympie, dont il comptait remplacer la tète par la sienne propre. Le vaisseau ayant péri en mer frappé de la foudre, Fempereur voulut, comme le maître des dieux, avoir son tonnerre, et s'en fit faire un, qu'actionnait une machine. Domitien, dans ses lettres officielles, s'intitulait seigneur et dieu. Commode renouvela les folies sanguinaires de Caligula. Fier de ses succès dans les chasses de l'amphithéâtre, il aimait à se montrer en Hercule paré des dépouilles du lion de Némée. Parfois, le bon sens public reprenant ses droits, le sénat flétrissait la mémoire d'un tyran : Caligula, Néron, Domitien furent privés de l'apothéose posthume; Commode ne dut la sienne qu'à la requête de Septime-Sévère; le nom d'Elagabale fut martelé sur ses monuments. Mais souvent aussi la volonté du prince multiplia les divinités dans sa famille : tel empereur fit voter les honneurs célestes à son père, tel à ses enfants, tel à son épouse, tel à sa concubine. Sans doute beaucoup de ces consécrations furent éphémères, et les dieux faits par le sénat retombèrent dans l'oubli avec le caprice du prince qui leur avait procuré des autels. Néanmoins cette forme absurde du polythéisme était si bien entrée dans les mœurs que le christianisme ne lui donna pas de suite le coup de mort. Le langage des anciennes apothéoses, bien que vidé du sens qu'y attachait le paganisme officiel, se maintint après ledit de Milan, et la dynastie constantinienne présente encore une longue série de divi.

Dans cette débauche universelle d'adoration, que devenaient les consciences libres? On en compte peu dans les rangs de la société païenne. A peine l'écho de quelques protestations isolées est-il venu jusqu'à nous. On attend le règne de Tibère pour se scandaliser qu'Auguste ait usurpé tous les honneurs réservés aux dieux'. Sous Caligula, quelques indépendants

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