Tacito, Ann
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s'abstiennent de jurer par le o-énie de l'empereur, et il leur en coûte la vie^ Sous Néron, Thras(''as se condamne à mort en marquant son mépris pour la déesse Poppée^. Pour trouver des exemples d'oppositions collectives et publiques, il nous faut interroger les historiens juifs et chrétiens.
C'est un fait assurément remarquable que la capitulation de la force romaine devant le monothéisme indomptable d'un petit peuple. On sait que quand les légions entraient à Jérusalem, elles avaient ordre de laisser à Césarée leurs enseignes surmontées d'emblèmes idolàtriques. Un chef venait- il, par mégarde, à enfreindre cette consigne, on savait bien l'avertir, et, d'ordinaire, il se rendait à la première observation. Ainsi les Juifs, tant que dura le protectorat romain, firent-ils respecter leur foi et leur temple. La tolérance dont ils jouissaient à Jérusalem s'étendait à tout l'empire, où l'on n'exigeait d'eux ni serment, ni sacrifice, et ce dernier privilège survécut à leur indépendance nationale •*. Un seul incident vint jeter l'alarme dans la ville sainte. C'était sous Caligula. Les Grecs d'Alexandrie ayant brûlé quelques synagogues, installé dans d'autres limage de l'empereur, se flattèrent d'étouffer la plainte, et mirent si bien de leur côté l'irritable vanité du maître, qu'il résolut de se faire adorer dans le temple même de Jérusalem. Philon a raconté la légation dont, avec plusieurs de ses coreligionnaires, il fut chargé dans cette circonstance, et les affronts dont, à Rome, on l'abreuva. Déjà Pétronius, légat de Syrie, avait reçu les ordres les plus précis : une colonne dorée, surmontée de l'image impériale, devait être placée dans le temple ; sur le socle on écrirait le nom de Zeus. En vain Pétronius, au péril de sa vie, osa-t-il représenter qu'on exterminerait les Juifs plutôt que de les fléchir; en vain le roi Agrippa, profitant de la faveur que Caligula lui marquait, essaya-t-il de parler raison à ce furieux. On pouvait tout craindre, quand le glaive