Scorp.W; Iclol. 15; Fug. U
v'. Voiràco j)ropos Hossuol roimiicntant Tertullien, dans h^Citu/inèoif ((rt')iixse>/U')i( aux protexIantK, 1. 12. 13. 10. — Fi-eppel, S" leçon. '.'). C. <;iiii:n<'l)ert. TerluUien: élude sur xe.v xcnliinenla à l'rf/anl de rem'
40'i 1 iiû<)i.o(;ii: 1)1. 1 KiiTn.i.iK.x.
Sur le terrain de la légalité, nul doute que le christianisme ne fût condamne d'avance. Mais à moins de souscrire au principe du pire despotisme, on doit admettre que toute loi émanée d'une autorité humaine est essentiellement sujette à revision. C'est la thèse hardie peut-être, assurément pas très neuve, que Tertullien posait au début de son Apologétique. Avouons sans détour l'opposition qui existait entre la foi chrétienne et le culte de César, devenu en fait, au cours des deux derniers siècles, le fondement de la constitution romaine. Mais ce fondement était-il si nécessaire qu'on ne pût asseoir sur une autre base un dévouement sincère à IMtat? Tous les Romains n'en jugeaient pas ainsi. La preuve que le serment civique, sous sa forme réprouvée par la conscience chrétienne, n'avait rien d'essentiel, c'est qu'on en dispensait les -Juifs'. L'exemple de cette autre religion, également monothéiste, également intransigeante, et qui pourtant, sauf un incident passager sous Caligula, ne fut guère inquiétée, montre que le pouvoir s'accommodait fort bien de l'obéissance passive. Le christianisme ne réclamait que sa place au soleil de l'empire, et s'il se fût contenté de faire la grimace -, selon le mot de Tertullien, devant le culte des Césars, il est probable qu'on ne l'eût pas persécuté. Mais il y avait son prosélytisme, contre lequel on
pire et delà société civile, i). 145 : <- Il n'y a point «^ncore ontro le christianisme et remi)ii'o (le terrain propi-e à fonder une entente. Consciemment ou non, en dépit de ses protestations, quelle que soit au Tond la bonne volonté qu'il a peut-être, Tertullien est un révolutionnaire et un ennemi de l'empire romain, parce que la loi de son Dieu le force à nier les pi'incipes mêmes de cet empire, et qu'il a placé le service rigoureux de ce Dieu avant l'obéissance civique; parce que sa foi le contraint à établir entre les princes une distinction autrement profonde que celle que les Romains eux-mêmes faisaient enti-e les bons et les mauvais empereurs; parce qu'il prétend choisir entre les ordres de la puissance séculière, et n'accepter, parmi les lois d'un État, en partie fondé sur une religion, {]ue celles qui peuvent s'accorder avec une autre religion très intolérante. — Dans notre article cité des Études religieuses, nous avons présenté (p. 'lT>-2 sq.) des réserves sur la méthode et les conclusions de cet ouvrage.
1. Tertullien constate que la loi romaine tolérait la religion juive, et que le christianisme a grandi à l'ombre de cette tolérance : Quasi subumbracuto insi<jnissimcie relif/ionis, certe licitae (Ap. 21, début).
2. 1 .V. 17 : Super hoc enim. quod vulgo aiunt, sannani faeimus.