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4. Inter licitas faetiones sectam istam deputari oportebat, a qua nihil taie committitur quale de illicitis factionilnis timeri solet.
LES CHnÉTlENS ET LA VIE ROMAINE. 409
passion fasse appel à une violence mercenaire. Or les chrétiens, exempts des ardeurs de l'ambition, n'ont pas besoin de sociétés; rien ne les touche moins que les affaires dcLtat : ils se contentent d'rtre citoyens du monde '. Ils renoncent également aux spectacles, nés de la superstition et pleins de frivolité. Ils n'ont rien de commun avec la folie du cirque, l'effronterie du théâtre, la cruauté de Tarène, la vanité du xyste.
Ces derniers mots sont une esquisse du futur traité De spectaculis. Mais les païens n'avaient pas besoin d'être avertis de ce qui se passait au cirque et au théâtre. Aussi, après avoir demandé : Est-ce donc vous offenser que de trouver notre plaisir ailleurs"? il passe outre. Il préfère s'arrêter au tableau des assemblées chrétiennes, si méconnues et si calomniées, de ces agapes dont le nom même signifie amour, et où tout respire la modestie et la charité "-. Il conclut : Ces réunions méritent d'être proscrites si elles ressemblent à toutes celles qu'on proscrit, si elles encourent les reproches adressés aux factions. Mais quand nous sommes-nous jamais réunis pour la perte d'un homme? Nous sommes ensemble ce que nous sommes isolément, le corps vaut ce que valent les individus. Nous ne blessons personne, nous ne contristons personne. Une réunion
1. Xobis ab onini gloriaeet dignitatis ardoro frigentibus nulla ost nécessitas coetus nec ulla magis res aliéna quam publica. Unam omnium rem j)iiblieam agnoscimus, mundum. — Comparer Ép. à Dior/nète, 5, 5: lla-rpiôaç O'.y.oO'jiv loîaç, à/.).' w; ■îïâpoiy.or \i.ziiyyj<j\. Tiâvxwv w; TioXïTac, xai vrivO' u7T0[j.£vo'Jffiv ôj; Çévo'." irSca ^ivr, Ttarpî; èffTtv aùtwv, xat Ttàia Traxpiç %vri\.
i. Ap. :i9. Voir ci-dessus, ch. I, ;* 1, p. 150. Terfullien a soin ilr mettre en lumière les traits communs aux assemblées chi'étiennes avec ces collef/ia trinno)-iim dont l'existence était sanctionni'e par un sénatusconsulte. Voir une in.scription de l'an ISG ap. .J. C. C. I. L. 11, ~*lI-2, 1 : Kaput ex senatusconsulto populi romani: Quibuscoire collegium(|ue habercî liceat. Qui stipem menstruam conl'erre volent in funera, in it collegium coeant conferendi causa undc deluncti sepeliantur. — Cf. D'iuphI. 17, 'Zi, 1 : ... Permittitur tenuioribus stipem menstruam conferre, dum tamen semel in mense coeant, ne sub praeti-xtu liujusmodi illicitum collc^gium coeat. — On remarquera que TertuUien no lait pas expressément appel à ce sénatusconsulte sur les collèges fum'-raires : son argumentation ne tond qu'à montrer dans l'Église une association inollensive et bienfaisante, digne d'être toli-n-e au même titre que tant d'autres associations non reconnues. Voir, sur .l/).39, le commentaire de .^I. Waltzing : Elude hisloriqua sur les corporalioiis professionnelles chez les l'omuins, t. 1 (Louvaiu, INilCi). p. :]lli.
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d'hommes honnêtes et bons, d'hommes pieux et innocents, n'est pas une laction : c'est un sénat.
Va qu'est-ce qu'une faction? ^ Une réunion où l'on conspire contre les g^ens de bien, contre le san^^ iimocenl. Réservez donc le nom de factions aux gens dont la haine prend occasion de tous les malheurs publics ponr incriminer les chrétiens. Si le Tibre déborde, si le Nil ne déborde pas, si le ciel est d'airain, si la terre tremble, s'il se produit une famine ou quelque fléau, aussitôt on crie : « Les chrétiens aux lions! » Eh quoi ! n'y avait-il pas de fléaux avant l'apparition du christianisme? Il y en avait, et d'aussi terribles: depuis ces cataclysmes qui engloutirent plusieurs îles de la Méditerranée avec des milliers d'habitants et toute l'Atlantide et d'autres terres encore, jusqu'à la bataille de Cannes et à la prise de Rome par les Gaulois. Et jamais les causes n'ont manqué : car jamais l'humanité n'a cessé d'offenser Dieu. Aujourd'hui la justice divine s'est même faite moins rigoureuse, précisément grâce aux chrétiens qui intercèdent près de Dieu pour l'iniquité du siècle. Ce qui provoque trop réellement la vengeance du ciel -, c'est le règne de l'idolâtrie. Mais, dira-t-on, les fléaux n'épargnent pas plus les adorateurs de Dieu que les impies. Il est vrai : Dieu a pour lui l'éternité ; il escompte le dernier jugement; en attendant, sa Providence est égale à tous. Les fléaux qu'il envoie sont, à nous, chrétiens, parfois des avertissements; à vous, des châtiments. Après tout, que nous importe? Notre espérance est au-dessus de ce monde. Mais vous, qui n'en pouvez pas dire autant, montrez vraiment trop de bonté en continuant vos hommages à ces dieux qui vous frappent à cause de nous.
Les calomnies auxquelles vient de répondre l'apologiste n'avaient aucune vraisemblance aux yeux de pa'iens éclairés. Plus spécieuses étaient celles qui représentaient les chrétiens comme gens de nul rapport pour la société, infructuosi in ne- S'otiis ^ : leur vie retirée devait offrir des armes à leurs enne-