‹ La théologie de TertullienChapitre 396 sur 455 · Saint Augustin, Serm. 2H0.281.282 de l'éd. bénédictine · texte numérisé non relu

Saint Augustin, Serm. 2H0.281.282 de l'éd. bénédictine

7. Passio Perpetuae, 1, 3 : Et ascendi et vidi spatiuni liorti immensum, et in medio horti sedentem hominem canum, in habit u pastoi'is. grandem, oves mulgentem; et circumstantes candidati milia multa. Et levavit eaput et adspexil me. et dixit milii : Bene venisti, té/vov. Et claniavit me, et de caseo quod niulgeliat dédit mihi (|uasi inicccllam, et ego accepi junctis manibus et manducavi; et univers! riiTiimstantes (h'xerunt: Anien. — Le texte grec éditi- par llarris et<ii(Tord iLmidres. isqii) porte : £■/ Toij TupoO w r;(X£u),")f£v 30W/.ÉV [AOt ùifjii ■^wjj.iov.

!^f^^ TIIKOI.OGII- DE TEnTVLLIEX.

mag-e qu'il donne à Perpétue, la communion des aiioiyrites. Mais il convient de rappeler que les artotyrites sont à peine di'^îig'nés, comme une secte orientale, par une allusion de saint Kpiphane V qui d'ailleurs les distingue des montanistes. Selon toute apparence, leur secte se constitua tardivement ; on ne peut prouver ni qu'il y eût des artotyrites quelque part dès Tannée 203, ni qu'il y en eût en Afrique à une époque quelconque. De plus, le rôle exact du laitag'e dans leur liturgie nous est mal connu - : et Tertullien, montaniste authentique et montaniste africain, dans des ouvrages postérieurs de quatre, huit el quinze ans à cette scène de martyre, multiplie les allusions à r Eucharistie, à lEucharistie catholique ^, sans qu'on puisse surprendre sous sa plume la moindre allusion aux mystères des artotyrites. S'il fallait trouver dans l'antiquité chrétienne un commentaire authentique à la vision de Perpétue, nous le chercherions plutôt en plein catholicisme romain, dans ces peintures des catacombes qui représentent le bon Pasteur^, portant une mulctra pleine du lait dont il abreuvera les fidèles. \ous ne croyons pas qu'il faille serrer sur ce point'', plus que sur les autres, les détails de la vision.

De cette digression, retenons seulement un fait certain : l'existence d'une communauté montaniste nettement tranchée à Cartilage, dès le début du troisième siècle, n'est aucunement prouvée; elle a même contre elle toutes les vraisemblances. Le montanisme africain n'était pas encore une secte ; c'était, au sein du catholicisme, un courant extrême, et réputé orthodoxe. La situation se tendit peu après la persécution ; mais jusqu'à cette date, la propagande montaniste n'avait pas donné beaucoup d'ombrage à l'Église.

1. É|)i]>hane. Huer. 40, 1. — Tpxte citi'^ ci-dessus, p. -141. •2. Seulomont par Épiphano. Ib. 49, :l

Page 1