‹ La théologie de TertullienChapitre 400 sur 455 · Jej. II · texte numérisé non relu

Jej. II

2. An. 47 : Major paene vis hominum ex visionibus Deum discunt.

3. An. 9 : Est hodie soror apud nos revelationum charismata sortita. quas in ecclesia inter dominica soUemnia per ecstasin in spiritu patitiir: conversatur cum angelis, aliquando etiam cum Domino, et videt et audit sacramenta, et quorundam corda dinoscit et medicinas desiderantibus submittit. Jam vero prout Scripturae leguntur aut psalmi canuntui- aut allocutiones proieruntur aut petitiones deiegantur, ita inde matoriae visionibus subministrantur. Forte nescio quid de anima disserueramus, cum ea soi'or in spiritu esset. Post transacta sollemnia. dimissa plèbe, quo usu solet nobis renuntiare quae Aiderit (nam et diligentissime digeruntur, ut etiam probentur], inter cetera, inquit, ostensa est mini anima corporaliter, et spiritus videbatur, sed non inanis et vacuao qualitatis, immo quae etiam teneri repromitteret. tenera et lucidaet aerii coloris et forma

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en esprit, converse avec les anges, avec le Seigneur même, voit et entend des choses cachées, lit dans les cœurs et suggère des remèdes à qui la consulte. Il ne craint pas de fonder sur ces révélations d'étranges spéculations métaphysiques. Telle autre personne', pour sa mise trop élégante, a été admonestée en songe par un ange, qui a pris la peine de déterminer la longueur de son voile. Ces charismes, qui parfois offrent une ressemblance frappante avec certains cas modernes de spiritisme, sont aux yeux de Tertullien l'apanage ^ et le signe distinctif de la véritable Eglise. Dans sa controverse avec Marcion, il met l'hérétique au défi de produire de semblables charismes ^, et voit dans son impuissance la condamnation de la secte.

Pour exprimer sa position nouvelle en face du catholicisme, il lui fallait un langage nouveau : par un étrange retour de ces luttes doctrinales, il devait le recevoir du gnosticisme, la doctrine qu'il avait combattue toute sa vie. Le texte de saint Paul : L'homme charnel ne comprend pas ce qui procède de l'Esprit divin (1 Cor. 2, 14i ^, avait fourni aux gnostiques une

per oumia humaiia. Ilaec visio est, Deus testis et Apostolus charismatuiii in Ecclesia futurorum idoneus sponsor.

1. V. V. 17 : Nobis Dominas etiam revelationibus velaminis spatia metatus est. Nam cuidam sorori nostrae angélus in somnis cervices, quasi applauderet, verberans : Elégantes, inquit, cervices, et nierito nudae! bonuni est usque ad lunibos a capite veleris, ne et tibi ista cervicum libertas non prosit. — {céleris tous les (klit., sauf Junius et Oehler : révèle ris).

2. l -1/. 22 : Defendiiims in causa novae proplietiae ecstasin, i. e. auientiam, convcnire. In spiritu ,enini liomo constitutus, praesertim cuni gloriam Dei conspicit. vel cuni per ipsum Deus lo(iuitm", necesso est excidat sensu, obuudjratus se. virtute divina; de quo iuter nos et psj-chicos quaestio est.

4. M'u7ty.ô; SkàvSpwTtoi; oO oî'xcxat xà toù lIv£j[xaTo<;Toû 0£où.

5. Fragments gnostiquesciti's dans Migne, P. G.I. — Valent inien anonyme, p. I27T : ïdtoe Tcotpà 9povijj.O'.ç. Ilapà oè '^•r/y/.ol:,, Tiapà 6à lïapxty.oï;, Trapà Se xocjaixoi;... — Ilf'raeléon, 76., p. lol8 : Nuvî oï ô^),ô; Icttiv ('H.) ôixoouoioy; xivà; Tw ôiaêô/.w /iycov àvÔpwTTO'j;, ÉTÉpa;, ù); oïovtai ol dcTt' aOxoO, oùffia; TUYXÔ'''0''ti> Ttap' ou; xa).oy<7t 'l/uytxoù; r, TrvE-ju.axixoû:. — //>., 1^320. — Voir saint Irénée. Ilaer. 1, .5. (j, sur la distinction valentinienne des trois classes d'hommes : -/oïxot, i]/uxixot, itv£U(i.axizo;; Tertullien lui-même. Val. 29 : Choicum saluti degeneratum ad Gain redigunt, animale mediae spei delibei'atum ad Abcl componunt, spiritale certac saluli praejudicatum in Seth recondunt.

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appellation pour disting'uer deux-mêmes, hommes spirituels, ces hommes charnels qu'étaient les catholiques. Déjà popularisés parla g-nose. les noms de TtvEuaaTixoî et de lu/ixoi' furent repris par les montanistes : le premier désigna les disciples du Paraclet, le second les catholiques. A partir de FAntimarcion, l'on rencontre maintes fois sous la plume de Tertullien ce terme méprisant de psychici ' . Contre ces liommes bas et charnels, fermés à l'Esprit divin, il entame une lutte sans merci. Cependant il lui arrivera encore de se mêler à eux pour combattre des ennemis communs. Ainsi le traité contre Praxéas, qui ne ménage pas \es psi/chici, est destiné à soutenir, contre l'hérésie monarchienne. le dogme de la Trinité - .

y. FUITE DEVANT LA PERSECUTION.

Tertullien paraît avoir soulevé lui-même la question de la fuite devant la persécution ^. A la première page du De corona, flétrissant ses contradicteurs qu'il accusait de pactiser avec l'idolâtrie, il s'écriait ' : « Il ne leur manque plus que de se dérober au martyre, après avoir rejeté les prophéties de l'Esprit

i. L'exemple le plus ancien est, pensons-nous, celui que nous avons extrait de 4 M. 22. — ■ Voir encore Prax. 1 : (Praxeas) episcopum romanuni aguoscentem jam prophetias 3Iontani, Priscillae, Maximillae... coegit et litteras pacis revocare jam emissas et a proposito recipiendorum charismatum concessare... Et nos quidem postea agnitio Paracleti atque defensio disjunxita psychicis. — Monog. 1 ; Jcj. 1. 11; Pud. 6, etc. — On lit Jej. 3 que Dieu enA'oya à Adam un sommeil extatique durant lequel il prophétisa; au sortir de ce sommeil, il redevint grossier psychicux. — Parfois Tertullien emploie dans le même sens le mot animalis (2 M. 2); mais d'ordinaire il le réserve aux hérétiques [Ibid., et R. 22). Les montanistes sont appelés s/;ir(7rtfe?. .l/ono.v- 1 •' Pênes nos autem. quos spiritales morito dici facit agnitio spiritalium charisniatum.

2. On a cru parfois i-etrouvor rinduence moutaniste jusque dans la forme donnée par Tertullien à la doctrine sur Dieu; mais cette idée nous parait peu soutenable. Voir ci-dessus, c. II, p. 65. — En tous cas il est fort opposé à ces montanistes qui professaient, dit-on, l'hérésie de Noët (Patripassianisme. — Voir Philosophumena, 8. 19).

3. Sur cette question, voir l'abbé E. Jolyon, La fuite de la persécution, pendant /es troi!< premiers siècles du clirislianisme. Lyon, 1903, in-8(99 pp.). — Freppel, t. 1, 14'' leçon.

4. Cor. I : Plane superest ut etiam marfyria recusare meditentur qui prophetias ejusdem Spiritus Sancti respuerunt.

rUITE DEVANT LA PERSÉCUTION. 455

qui fait les martyrs ! » Et donnant un démenti éclatant aux assertions de ses anciens écrits ^ il accusait ces mêmes contra-, dicteurs de ne retenir de tout l'Evangile qu'un texte (Mat. 10, 23), celui qui autorisait les Apôtres à fuir dune ville dans une autre. Dès lors il méditait un traité sur l'obligation de confesser sa foi-. C'est le Scorpiace. où la question de la fuite nest pas encore abordée de front. Le De fuga suivit de près. Ecrite sous la menace de la persécution, en réponse à la question d'un catbolique nommé Fabius^, la consultation du docteur montaniste est dune âpreté extrême.

Faut-il fuir devant la persécution''? Question actuelle, et grave, d'autant qu'il ne manque pas de chrétiens encore peu éclairés, faute d'avoir accueilli le Paraclet. Tout d'abord il y a lieu de se demander d'où vient la persécution : de Dieu ou du démon? D'une manière générale, on sait que rien n'arrive sans la volonté de Dieu. La persécution en particulier est une épreuve voulue de Dieu, épreuve nécessaire pour examiner la foi de ses serviteurs : c'est le van qui séparera le froment des martyrs de la paille des renégats. C'est encore un combat, dont la perspective ranime la ferveur des fidèles : donc la persécution ne vient pas du démon. On objectera ^ que la persécution est toute iniquité; or l'iniquité ne saurait Avenir de Dieu. Sans doute; mais Dieu, qui se propose d'éprouver ses serviteurs, fait servir à cette fin l'iniquité du démon. Or c'est le propre d'un instrument de n'être mù que par une impulsion étrangère. Ainsi la persécution vient-elle par le démon, elle ne vient pas du démon. La puissance du démon sur les serviteurs de Dieu est limitée, comme le prouvent l'exemple de Job (Job. 1, 12; 2, 6) et celui des Apôtres (Luc. 22, 31).

1. Pal. l:i : Si l'uga urgoat, ad incoimiioda tufiao caro militât. — 1 Ux. 3 : In porsociitionibii.s inoliiis osl ex permissu fugero de oppido in oppidum quamcompreliensum et distortum negare.

2. Cor. 1 : Si'd de quaestionibus conlessionum alibi docoliimus.

3. Que Fabius fût catholique et TertuUiendéjà montaniste. cela ressort clairement des mots suivants, Fuij. 1 : l'rocuranda aut<>m examinatio pênes vos qui, si forte; l'aracletum non recipiendo dcductorem oumis veritatis, merito adliucetiam aliis (luacstioniljus obnixi estis.

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