‹ La théologie de TertullienChapitre 411 sur 455 · Ib · texte numérisé non relu

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u. Ib. 13.

DU MARIAC.K. 469

Depuis les livres à son épouse, la pensée de Tertiillien a fait beaucoup de chemin. En attaquant les secondes noces, il a inconsidérément ébranlé le principe des premières, et plutôt que de reculer devant cette conséquence désastreuse, il a flétri comme une honte le sacrement dont autrefois il exaltait la sainteté'. 11 a rencontré sur sa route l'exception relative aux clercs, et plutôt que d'y reconnaître une exception, il a fait peser sur les laïques le fardeau des obligations cléricales. Le traité de la Monogamie - ne rétracte rien des paradoxes émis dans l'exhortation à la chasteté; il va au contraire plus au fond des choses, en posant nettement la thèse montaniste (1-3), et en l'appuyant par l'A. T. (4-8), par l'Evangile (9-10), par saint Paul (11-13) et par la doctrine du Paraelet (14-17).

Entre les hérétiques ^ (marcionites) qui suppriment le mariage et les psychici qui le prodiguent, les disciples du Paraelet, seuls fidèles à la loi du Créateur, admettent un seul mariage, comme un seul Dieu. On leur reproche cela comme une hérésie '' ; les voilà donc mis en demeure de prouver que le Paraelet a pu introduire certaines nouveautés, et des nouveautés onéreuses. Cela résulte de la parole du Seigneur dans saint Jean Joan. 16, 12 sq.). La monogamie est onéreuse"', passe. Mais est-elle bien nouvelle? L'invitation à la virginité se lit dans le N. T. iMat. 19, 12; 1 Cor. 7, 1. 7) ; donc lors même que le Paraelet eût prescrit la continence complète, il n'eût rien fait d'absolument nouveau. Si le mariage est toléré, la continence est louée : donc le mariage n'est pas simplement un bien; c'est plutôt un mal; mal sans doute moindre que l'enfer : l'Apôtre n"a dit que cela , encore la-t-il dit en son propre nom; quanta l'Esprit-Sainl, il re-

1. S'il ne faisait que louoi' td moutaniste qui faisait pi-ofessioii (!<' virginité (Ainsi Val. 5 : Proculus nostoi-, virj;iniis scnoctao ot christianao eioquontiao dignitas), son langap^c n'aurait rien d'absolumont nouveau (Comparer, sui- la virj.'init(', Ap. !•). Jlais il <'st clair (jui; l'exhortation à la chasteté va boaui;oup plus loni, et que Tertullien se rapproche des doctrines de Marcion.

i. Voir Uollfs. Anlimunlanhchcr AV///»;)/", dans '/'. U. 12, 1 (189i.>), p. ijd sq.

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