DU JEUNE
VU. JEUXE ET AUTItES POINTS DE DISCIPLINE.
Parmi les autres fruits de l'esprit montaniste, nous rencontrons une revendication violente en faveur du jeûne. On pouvait s'attendre, observe Tertullien au début du de jejiiiiio, à trouver les psychivi aussi induig'enls à cet égard qu'à l'égard des secondes noces : car la gourmandise et la luxure se tiennent '. De fait, ils attaquent sur l'un et l'autre point la doctrine du Paraclet. Le tort de INIontan, c'est, à leurs yeux, davoir enseigné à user dujeûne plus que du mariage. Sous prétexte que le N. T. n'a pas sanctionné les abstinences mosaïques '^, ils en prennent à leur aise : affranchis de toute observance gênante, ils pratiquent vme religion de foi et d'amour, et retournent contre les jeûneurs montanistes les dures paroles de l'Apôtre à ladresse des Galates judaïsants. La discipline montaniste comportait ^ certains jeûnes à date fixe, des s/a/ions souvent prolongées jusqu'au soir, tandis que les catholiques rompaient les leurs à la neuvième heure du jour, des xérophagies, excluant la viande, les condiments liquides, les fruits succulents, le vin, et complétant ce régime austère par l'abstention du bain. Eh quoi! s'écrie Tertullien '', est-ce là vivre en Galate? Nous observons dans l'année deux semaines de xéroph'agies "', et encore pas tout entières, car nous exceptons le samedi et le dimanche.
De fait, la mesure n'a rien d'excessif, et les reproches de
1. Jej. 1. — A.ûiiosco igitiir aiiimaloiu lidciu, studio carnis. (|iia tota constat, tam luiiltivorantiaoquam imiltinubontiao i)roiiaiii.