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484 THliOLOGIE DE TERTLLLIEN.
pouvoir des apôtres, qu'ils le prouvent en rééditant les miracles des prophètes et des apôtres. Mais, dit-on, l'Église a le pouvoir de remettre les péchés, Tertullien n'ose pas le nier, car par là il se mettrait en opposition avec un oracle de la nouvelle prophétie. Mais il va dénaturer la notion d'Eglise. D'où pensez-vous, demande-t-il à son adversaire, que l'Eglise tienne ce pouvoir? De l'investiture donnée à Pierre (Mat. 16, 18)? Erreur. L'investiture donnée à Pierre fut strictement personnelle. Et l'usage qu'il fit du pouvoir des clefs, soit pour ouvrir par le baptême le royaume des cieux (Act. 2, 22), soit pour enchaîner Ananie dans la mort, soit pour délier les pieds du boiteux, soit pour exonérer les Gentils du fardeau de la Loi, n'a rien de commun avec l'absolution des péchés capitaux commis par les fidèles. Le Seigneur avait dit à Pierre de pardonner septante fois sept fois au frère qui l'aurait offensé; ensuite, il lui confie le pouvoir de lier, c'est-à-dire de retenir. L'intention du Seigneur est claire : Pierre usera du pouvoir de délier, pour les offenses envers sa propre personne; du pouvoir de lier, pour les offenses envers Dieu. Or le pouvoir de Pierre est le type de celui que peut recevoir dans l'Eglise l'homme spirituel, prophète ou apôtre, l^es psi/chici n'y doivent pas prétendre. Car IKgliseest proprement et principalement l'Esprit, c'est-à-dire la Trinité divine, Père, Fils et Saint-Esprit; puis les fidèles qui s'y agrègent. Ainsi lEglise remettra les péchés; mais l'Eglise-Esprit, par le ministère de Ihomme spirituel, non l'Église collection dévèques. Le pouvoir est aux mains du maître, non du serviteur; de Dieu, non du prêtre. Mais voici qu'à une usurpation le pontife ajoute une imprudence ' : ce pouvoir, qui ne lui appartient pas, il le répand inconsidérément sur ses martyrs. Il leur attribue un privilège que jamais martyr ni apôtre n'a revendiqué : celui de remettre les péchés d'autrui. Qu'il suiîise au martyr d'expier ses fautes personnelles : n'est-ce pas assez beau? 11 n'appartient qu'au Fils de Dieu d'expier pour autrui; le baptême de sang, tout comme le baptême d'eau, est une grâce incommunicable. — Une dernière fois, et comme pour donner le coup de grâce à