‹ La théologie de TertullienChapitre 431 sur 455 · Pud · texte numérisé non relu

Pud

3. Voir ci-dessus, c. VI, ;', I, ]>. 271, n. 5. — TertMliicn (2 l'x. 3) dit du mariage entre lidèle et infidèle : Extranei hominis admissio minus templum Dei violât, minus membra Dei cum niembris adulterac commiscet?

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sonUKros; p. -203, 11 : .\on xcUis rorpora vcslra meinbra Cliriiili? quia cl Chrislus Dei templuiit : EvcrtUe lemplum hoc, el ajo illud in triduo resuscilalxi... Omne delicluni qiiod admiaeril homo extra corpus rsl: qui nutem f'u)-nicatur, in corpus suutn peccal... Glori/icale el lo/lile Domimim in corpore veslro. Hoc qui praccipil, vide an ignoveril ei qui dedecoraverii Deum el qui dejeceril eum de corpore suo, ei quidem per inceslum. — 18, p. 2G(t, 28 : Dicimus ilaque, clemenliae divinae si ila esse comjjeiissel demonslrationem sui eliam post fîdem lapsis, ila Aposlolus dicerel : Nolile com/nunicare operibus lenebrarum, nisi paenilentiam egerinl, et : Cum lalibus ne cibum quidem sumere, nisi posleaquam caligas fralrum volulando delerserint,et : Qui templum iJeiviliaveril, viliabit iUum I)eus,nisi omnium focoram cineres in Ecdesia de capile suo excusseril. — 20, p. 2C6, 11 : Disciplina igilur Apostolorum proprie quidem mslruilac déterminai pri^icipaliter sanctitatis omnis erga tempihim Dei anlistilem el ubique de Ecdesia eradicantem omne sacrilef/ium impudiciliae sine ulla reslilulionis menlione. — 21, p. 269, 3 : Quis enim dimittil delicta, ni solus Deus? el ittique maria lia, quae in ipsum fuerint admissa el in lemplum ejus? Nam tibi quae in le reatum habeanl, eliam sepluafjies seplies juberis induh/ere in persona Pétri.

Il faut sattacher à cette notion du temple de Dieu si l'on veut pénétrer la pensée de Tertullien sur les péchés irrémissibles. Il la livre complètement à la fin du De pudicitia :

21, p. 270, 28 : {Petro) si praeceperal Dominus eliam seplua;/ies seplies deliquenli in eum fratri induli/ere, ulique ni/til poslea alligare, i. e. retinere, mandasseL nisi forte ea quae in Dominum, non in f'ralrem quis ad miserit. Praejudicalur enim non dimitlenda in Deum delicta, eum in homine admissa donantur. — Comparez 12, p. 212, 25 : Salis denegavit (Spiritus Sanctus) veniam eorum quorum cuslodiam elegit; vindicabil quae non perinde concessit. Hinc est quud neque idololalriae neque sanguini pax ab ecclesiis redditur.

Ainsi les péchés commis contre l'homme peuvent être remis; les péchés commis contre Dieu ne le peuvent pas. L'impudicité. chez un fidèle, sera donc irrémissible parce qu'elle outrage Dieu en violant son temple \ A ce titre, elle est réprouvée non moins sévèrement que l'idolâtrie et l'homicide. L'Esprit-Saint veille sur les corps de ses fidèles : il châtiera

1. Cette malice spéciale de l'impudicité chez un fidèle est bien inarquée Pud. 10, à jiropos de 1 Cor. G, 11 : (Apostolus) quanto delicta ista ante lavacrum accepto facit, lanto ])ost lavacrum irremissibilia constituit.

ceux qui souillent leur propre corps par limpudicité, comme ceux qui verseront le sang- d'autrui ' .

Concluons que la violatio templi Dei n'est pas précisément, comme on l'a tant répété, une oiïense à la communauté chrétienne 2.

Ce point éclairci, nous allons considérer Fensemble du De pudicitia.

Les éléments proprement montanistes de ce livre peuvent se ramener à deux idées : doctrine des péchés irrémissibles: doctrine do l'I^g-lise-Esprit, excluant le pouvoir sacerdotal et la communion des saints. Indiquons le fondement de Tune et de l'autre.

La doctrine des péchés irrémissibles est appuyée sur l'Ecriture : un texte de saint Jean (1 Joan. 5, 10), de nombreux textes de saint Paul (en particulier 1 Cor. 3, 16. 17), enfin, sous le nom de saint Barnabe, un texte de l'épître aux Hébreux (Hebr. 6, 4-8. Tertullien, qui en veut surtout à l'impudicité, insiste sur l'impossibilité de séparer la cause de ce vice d'avec celle de l'idolâtrie et de l'homicide, et de rompre un faisceau que, dans l'Ecriture (Act. 15, 28), Dieu même a noué. Bien entendu, il se réclame de la tradition, et considère l'indul-

1. En toute rigueur, l'assertion relative à riiouiicide devrait être resti'eiute au meurtre d'un chrétien. D'autre part on jieut s'étonner que le blasplii'uic, offi'use directe à Dieu, soi! répi-ouvée moins sévèrement que d"autr(>s pé'cliés. — Notons enfin que la chastett' est souvent recommandée par les Pères apostoliques conmie un devoir envei-s le temjjle de Dieu. Ainsi Eji. Barnab, -1, 11; 2' Clemcnlls, 9, 3; I^nat. ad Philadelph. 7, 2.

2. Faut-il faii'e remonter jusiiu'à 31. Ilarnack la paternité de la doctrine relative au traitement spécial des péchés enveis l'Ej^lise? Je ne trouve pas d'explication plus plausible à une assertion qui déjà surprenait }il«' BatilTol. {El. d'hhl. cl de Ihéol. posilive, p. 78.) Elle se lit D. G ^, t. 1, p. 407 : Die Christenhcit Aviirde dem Urtheile (Joltes vorgreifen, wenn sie grobe Siinder wieder aufnahme, da sic ihnen die Seligkeit damit garantiren wiirde. Sie kann daher nur dann Ausgi'schlossenc wieder recipiren, wenn die Vergehen dei-selben nicht wider (Jott sclbst gerichtet waren. sondern in der L'ebertretung kirchlicher Gebote resj). in lasslichen Vergehungen bestanden hatten. — Cette assei'tion pi-ocède, si je ne nio trompe, des textes suivants : Pitd. 2 : Delicta mundantur quae quis m Irati'em, non Deum admis(>rit; 21 : Praejudicatui- enim non dimittenda in Deum delicta, cum in houiini' admissa donantui-. l.a doctrine qu'on a pu croire contenui' dans ces textes ne serait en tous cas qu'une doctrine montaniste. Mais la r<'lle\ion sullit à dissiper le mirage.

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gence de l'évèque de Rome comme un lait sans précédent. Or les textes apportés sont très forts, sans doute, contre le péché en général et contre l'impudicité en particulier. Mais les anallîèmes les plus graves n'excluent pas l'invitation au repentir, et Tertullicn oublie son commentaire si éloquent des menaces divines ' : Non comminaretur autem non paenitenti, si non ignosceret paenitenti. L'Eglise tenait habituellement rigueur à l'impudicité, comme à l'idolâtrie et à Ihomicide; et pourtant il nest pas impossible de découvrir, dans la tradition antérieure à Tertullien, la condamnation des règles absolues posées dans le Depudicitia. Un des faits les plus significatifs est la faveur dont le livre d'Hermas avait joui au deuxième siècle dans l'église de Rome. Le Pasteur avait des pardons pour la femme coupable ^ et défendait au mari de lui fermer sa maison, parce que ce serait lui fermer la voie du repentir et du pardon. 11 en avait, dans certains cas, même pour l'apostasie^. D'autre part, Denys de Corinthe (vers 170) posait en règle qu'il faut recevoir les pécheurs qui se convertissent de n'importe quel égarement, fût-ce de l'hérésie''. Clément d'Alexandrie nous montre un meurtrier absous par l'apôtre saint Jean"*. Origène, personnellement favorable à la réserve des trois cas, constate que certaines églises ne sont pas aussi sévères ^. Saint Irénée parle de femmes admises à l'exomologèse après des désordres de mœurs ''; de l'hérétique Cerdon ^, ébauchant à diverses

1. Paen. 8. — Ne dites pas à Tertullien que l)ieu prélére la pénitence du pécheur à sa mort : il s'applique à détruire ce préjugé des psychici, Pud. 18 : Hoc enim fundamentuin opinionis vestrae usquequaque pulsandum est.

2. Hermas, Mand. 1, 1. (S : Kai (i,r,v, cpridiv, èàv [j.r) napaôÉEriTat aÙT?)v ô àvrip, àiJi.apTâv£i xaî [X£yà)Y]v à[i.o:pT;av éauTw È7nc7T:«Tat, à),),à otX TrapaoE/ô/ivai tôv r|[j.apTr|X6Ta xal [j.exavooùvTa ... Il : 'Eyw oôv, œr,i7tv, où oîowfxt àçop[j.r;v ïva aiixr)

7vpà?i; oiJTw; auvTsXrÎTa'.. à).Xà el; tô (j.YiXîT'. â[j,apTàv£'.v tôv r|[j.apTr,y.ôra. lUpt ôÈTrii; TcpoTÉpa; àaapxta: a-JToO ec7Tiv ô Suviixevo; laoriv ôoOvar aOtô; yâp £<îtiv 6 êywv itâvTwv Trjv ÈËoudiav.

:-;.' Sim. 0, 26, f).

-J. Ap. Eusébe //. E. 1, 23. (i : IToW.à Ss nepi yd(;j.oy xat àyvsîa;... napaiver^ xai Toù; i% oïa; S' o-jv àTtonTwasM:, sits it),r,ij.ti.£).£ia; £tT£ (irjv alpsTtxr); TtXivrjç, ÈiriffTpécpovTa; Se|tc/0«76ai irpocrràTTE'..

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