Ib. IG
/in lIlKOLOCilE DE TERTULLIHN.
sancede Rome ' une présomption en faveur de ses dieux : c'est Sterculinus, c'est Mutunus, c'estLarentina qui lui ont valu cette liante fortune: Jupiter de Crète, .lunon de Caitliago. Saturne d'Italie, Isis d'Egypte. Apollon d'Orient, Minerve d'Athènes ont trahi leurs clients respectifs au profit de Rome. Étrange abandon do la part de ces dieux ! d'autant que la victoire ne devait pas même respecter leurs temples. De tels faits ne comportent qu'une explication. Tous ces dieux montrent tant d'indifférence par la seule raison qu'ils n'existent pas. Quia /lihil sentiunt, impitne lacduntur. Il existe une main puissante, une seule qui conduit tous les événements de ce monde et qui dispense les royaumes.
Les dieux des nations n'auraient droit qu'au mépris si derrière eux ne se cachaient les démons qui, par une usurpation sacrilège, s'arrogent le culte dû au seul vrai Dieu. Telle est lorigine du polythéisme. Tertullien aura occasion d'y revenir-. Dans l'assaut donné au paganisme, il s'est montré plus puissant railleur que philosophe exact; sa pensée va gagner en profondeur dans la lutte contre l'hérésie.
2" Hennogène^. hérétique turbulent, beau parleur qui se grise de ses paroles, et croit devoir insulter tout le monde, peintre qui abuse de son pinceau, chrétien qui s'est marié plus dune fois, semeur de doctrines qui ruine le dogme de la création, transfuge qui a j^assé de l'Eglise à l'Académie et au Portique, paraît avoir été l'un des premiers adversaires de Tertullien. 11 avait emprunté aux stoïciens l'idée d'une matière coéternelle à Dieu, et voici comment il la défendait. Dieu a tiré le monde '' ou de lui-même ou du néant ou enfin de quelque clwse. La première hypothèse doit être rejetée au nom de