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48 TIIliOLOGIK DE TERTULLIEN.
minorent neqiie snbjectiorem, iinmo omnibus niajorcm et suhlimiorem.
Nous touchons ici au sommet des idées de Tertullien sur Dieu. De iiHernité il infère l'aséité, de Taséité l'infinité : de là les autres attributs découlent facilement. Une matière coéternelle à Dieu serait infinie comme Dieu, Dieu lui-même. Hermogène doit admettre tout cela. II doit même aller plus loin encore \ et mettre la matière au-dessus de Dieu, puisque Dieu, dans son opération, dépend de la matière. On ne voit pas que Dieu puisse se dire maître et seig-neur- d'une matière éternelle comme lui. S'il n'est pas maître et seigneur, il a dû l'emprunter, ou s'en emparer de vive force : la loi ne connaît que ces trois titres de possession : dominio, precario, vi. On a écarté le premier : trouvera-t-on les deux autres plus convenables?
Après avoir ainsi repoussé le second argument d'Hermogène, Tertullien revient au premier^, et va montrer que l'éternité de la matière n'offre pas une solution plausible au problème du mal. Les hérétiques ont imaginé cet expédient pour sauver la responsabilité du Créateur. Mais ils ne sauraient échappera ce dilemme : ou bien Dieu, pouvant remédier au mal provenant de la matière, ne l'a pas voulu, ou bien, le voulant, il ne l'a pas pu : il est l'esclave du mal ou son complice. La tentative d'Hermogène, pour trouver dans la matière le principe du mal, échoue complètement '' . Car en proclamant l'éternité de la matière, il lui assigne une perfection sans limite. Dès lors le mal n'y saurait entrer. D'autre part il ne s'est pas aperçu qu'en liant le mal à une matière éternelle il donnait au mal lui-même un caractère invincible, inéluctable : ce qui est bien la plus désolante des perspectives, et la plus contraire à la parole de Dieu, qui nous ordonne de combattre en nous le mal. Mais . pourquoi s'arrêter à considérer la matière éternelle y La meilleure preuve qu'elle ne l'est pas^, c'est qu'elle est soumise au