‹ La théologie de TertullienChapitre 52 sur 455 · Ib · texte numérisé non relu

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DUALISME DE MAnCION,

Pourquoi? C'était pourtant le vrai moyen de se faire connaître. Il semble même qu'il eût dû créer avec d'autant plus de magnificence qu'il est, d'après Marcion, au-dessus du Créateur. Il ne l'a pas fait. Est-ce faute de vouloir? Est-ce faute de puissance? En tout cas, ce dieu étranger a mauvaise grâce ' à venir réclamer l'hommage de l'homme, qui ne le connaît pas et qui ne lui doit rien. C'est de sa part effronterie ou malignité. Quand on les presse là-dessus, les marcionites prennent des airs dédaigneux -, et se mettent à médire de la création, comme d'une œuvre peu digne de Dieu. On pourrait se prévaloir contre eux de cette réponse, et leur demander comment, malgré tout, ils admettent la divinité du Créateur. Mais à quoi bon? L'humanité tout entière proteste, pleine de respect pour la sagesse empreinte dans la création. Elle est si éloignée d'en médire qu'elle a souvent divinisé l'œuvre au lieu de l'ouvrier^. Le dédain qu'affectent les marcionites ' serait d'un orgueil fou s'il était sincère. Au fond, c'est pure hypocrisie. Mais il faut suivre dans le détail '' cette théologie bizarre. Le dieu bon s'est révélé par son Christ la douzième année de Tibère '' ; toutefois sa propre substance est demeurée inconnue jusqu'à l'an i5 de Septime Sévère "^ . Et quelle complication ! Ce dieu a son monde et son ciel, supérieurs à ceux du Créateur : ainsi intervient le lieu, éternel lui aussi, conséquemment dieu. Chacun de ces deux dieux travaille sur une matière éternelle, conséquemment divine. Et la matière soumise à l'opération du Créateur renferme en outre un élément éternel lui aussi, le mal. Cela fait pour l'étage supérieur trois dieux : l'ouvrier, le lieu, la matière; pour l'étage inférieur, quatre : le Créateur, le lieu, la matière, le mal. A quoi il faut ajouter deux Christs : celui du N. T., qui apparut sous Tibère, et celui de l'A. T.,

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