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DUALISME DE MARCIOX. 57
l'homme reçut le don de la liberté : l'abus qu'il en fit^ dès le paradis terrestre, fut cause de sa ruine : ni la bonté de Dieu, ni sa prescience, ni sa puissance n'est ici en défaut, mais seulement le libre arbitre de l'homme, créé par Dieu responsable de son choix. Et qu'on n'aille pas attaquer- l'institution même du libre arbitre : rien ne convenait plus à l'homme, image de Dieu, que de régner sur lui-même. Dieu constitua pour lui ce fief du libre arbitre, aiin de rendre l'homme capable d'un bien qui lui appartînt en propre. Par là, et par là seulement, l'homme peut prétendre au mérite. Il y aurait injustice à condamner l'institution sur le mal qui, de fait, en est sorti; on doit au contraire, une fois reconnue la bonté de l'institution, en accepter les conséquences. Donc la bonté de Dieu est sauve ^, et sa prescience et sa puissance. Ceci posé, la dignité de Dieu et sa constance dans ses desseins exigent qu'il n'intervienne pas à chaque instant pour corriger son œuvre et entraver le libre jeu des forces qu'il a créées : Marcion, tout le premier, taxerait celte conduite de légèreté. A l'homme donc d'user convenablement du pouvoir mis en ses mains ' : par là il peut remporter de glorieuses victoires. Mais, dira-t-on, il reste que l'àme '■', souffle de Dieu, se souille par le péché ; et la souillure rejaillit sur Dieu même. Que l'âme soit un souffle de Dieu ^, répond Tertullien, encore n'est-elle pas Dieu même; et l'on ne saurait exiger qu'elle reproduise l'impeccabilité de Dieu. L'abus qu'elle fait du libre arbitre demeure exclusivement à sa charge. Une autre manière d'attaquer Dieu ^ consiste à lui reprocher d'avoir créé le dialjle, auteur de tout mal. Ici encore il faut distinguer entre les dons de Dieu qui, chez le diable, sont éminents (cf. Ez. 28, 12 : le prince de Tyr) et ce que le diable y a ajouté du sien, c'est à dire le mensong-e : encore un fruit du libre arbitre. D'ailleurs
■2. Ib. 6.