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manité. Marcion s'applique à relever des contradictions entre le dieu de l'A. T. et celui du N. T., et c'est de quoi il remplit son livre des Antithèses. A son tour, Tertullien' pourrait relever des incohérences plus réelles dans l'histoire du Dieu de Marcion, et composer lui aussi des Antithèses. Mais c'est attacher trop d'importance ^ à une doctrine qui se détruit d'elle-même. En effet, soit qu'on parte de la bonté, soit qu'on s'attache à la justice, par l'une et l'autre voie on arrive au Dieu suprême, en qui tous ces biens se trouvent réunis. C'est môme le propre de Dieu de manifester tour à tour les attributs les plus contraires. Le monde lui-même offre le spectacle de ces diversités, fondues dans un harmonieux ensemble. Marcion a oublié de montrer, k côté d'un Dieu de la lumière, un dieu des ténèbres, et de dire que c'étaient là deux dieux distincts ! Ces antithèses sont en réalité le fait d'un ordonnateur suprême.
Les trois derniers livres contre Marcion se rapportant à la personne du Christ, il en sera question dans un chapitre suivant.
4° Si le christianisme bâtard de Marcion affectait certaines allures scientifiques, la gnose de Valentin^ appartient tout entière à la plus nébuleuse théosophie. Saint Irénée lui avait fait l'honneur d'une exposition et d'une discussion ; Tertullien se contenta d'une parodie, dont il emprunta les matériaux à l'évêque de Lyon. Nous ne nous attarderons pas à suivre le développement d'une doctrine qu'il n'a pas prise au sérieux. Dans les trente Eons du plérôme valentinien, on reconnaît des aspects successifs de l'Etre divin'', tirés du domaine de l'abstraction et élevés au rang d'hypostases par des personnifications conformes au génie oriental. Le fond du système est un panthéisme idéaliste, excluant toute réalité distincte de
i. Ih. 29.
3. Sources de la littérature valentienne. dans Hai-nack .4 C L. t. 1. \^. 17 1-
4. Le symbolisme valentinien a été étudi('' avec beaucouj) de profondeur i)ar Ritter, Histoire de la philosophie chrétienne, t. 1 (trad. fr.. Paris 1844, p. 171-256). — Voir Freppel, saint Irénée (Paris, 1861), 12'" leçon: Lehanneur, Le traité de Tertullien contre les Valentiniens (Caen, 1886).
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Dieu; la surface, constellée de syzygies, ou couples d'Éons, justifie le nom de fable milcsieniie , donné par Tertullien' à ce roman métaphysique.
Au reste, ce n'est pas chez Tertullien, ni même chez Irénée, qu'il faut chercher la vérité complète sur Valentin et son école; on lentrevoit mieux dans les trop rares fragments qui nous restent de ces gnostiques -.