‹ La théologie de TertullienChapitre 61 sur 455 · Ib · texte numérisé non relu

Ib

ESSENCE DIVINE. Go

souftle corporel, coml)at les objections plaloniciennes ^ et croit trouver dans l'évang-ile du mauvais riche - la preuve scripturaire que l'àme est un corps. Cette âme damnée souffre, dit-il : or rien ne souffre, que les corps; cette âme bienheureuse jouit : or rien ne jouit, que les corps. An. 7 : Per quod enini punitur cuit fovetur, hoc erit corpus... Igitur si quid tormeiitiswe solacii anima praecipil in carcere sen diversorio inferum, in igni çel in sinu Abrahae, prohata erit corporalitas animae. Incovporalitas enini niliil palitur, non habens per quod pati possit, ant si hahet, hoc erit corpus. In quantum enim omne corporale passibile est, in tantum quod passibile est corporale est. Venant à la description de ce corpus sui generis qu'est l'âme ^, il lui assigne une attitude, des limites, trois dimensions, et même, d'après les révélations de certaine voyante, une figure colorée. Tout cela paraît bien éloigné de la substance purement spirituelle. En particulier, ce principe : Omne corporale passibile est, rapproché de l'assertion : Deus corpus est, introduit un grand désordre dans la doctrine sur Dieu. Saint Augustin lavait parfaitement senti '', et déjà il cherchait le moyen de résoudre cette contradiction. Celui dont il s'avisa revient à prendre corpus au sens de substance, comme nous l'avons fait plus haut ^ ; et ce moyen paraît insuffisant. Petau, désireux lui aussi d'excuser Tertullien, s'est souvenu à propos d'une belle page de l'Antimarcion, où est marquée la différence qui sépare les passions en Dieu des passions de même nom dans l'homme ".

Page 1