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distincte y la parole n'est (]iriin hiuit. et de l'air Italtu. Tertullieii répond ici à ceux que déconcertent d'intimes analo- <j;ies. L'I^krilure nous donne la plus haute idée de ce Verbe de Dieu par qui tout a été fait, qui procède de la substance divine et a produit à son tour tant de nobles substances. Et comment ne serait-il lui-même qu'un être vide et dénué de substance, ce Verbe qui était en Dieu et qui était Dieu (Joan, 1, 1), qui, possédant la forme divine, n'a pas craint de s'égaler à Dieu (Pliil. 2, (5)? Est-ce que Dieu n'est pas une substance? un corps, bien qu'à la manière des esprits? Concluons : le Verbe est substance, il est personne, il est Fils du Père et il a le premier rang après lui. Mais on se récrie ^ : ce mode de génération est une projection (TrpoêoXr^ à la manière de Valentin,qui de ses Eons tire sans cesse de nouveaux Éons. — Ne nous arrêtons pas aux mots, répond Tertullien. Si l'erreur abuse d'un nom, la vérité devra-t-elle pour cela se l'interdire? Or voici la question : le Verbe de Dieu est-il, oui ou non, proféré ? Il y a d'ailleurs bien de la différence entre la pensée de Valentin et la notre. Valentin met un abîme entre l'Éon générateur et le terme engendré : ce dernier ne connaît même pas son père; dailleursiln'y a rien déplus mal défini que son mode d'existence. Au contraire dans la Trinité chrétienne, le Fils connaît le Père Mat. li, 27 , il a seul révélé le sein du Père (Joan. 1, 18 , il a entendu et vu tout ce qui est dans le Père, il parle sur son ordre (Joan. 8, 26), il fait la volonté du Père (Joan. 6, 38y qu'il connaît dès le commencement. Et qui donc connaît ce qui est en Dieu, sinon l'Esprit même qui réside en Dieu? (1 Cor. 2, 11). Il est toujours dans le Père et toujours en Dieu (Joan. 14, 11; 1, 1). Il ne fait qu'un avec le Père, inséparable quoique distinct (Joan. 10, 30). Dieu a proféré son Verbe comme la tige profère un rameau, la source un fleuve, le soleil un rayon. Tel est le titre de la fdiation du Verbe. Or la tige et le rameau sont deux, bien qu'unis. La source et le ileuve sont deux, bien qu'inséparables. Le soleil et le rayon sont deux, bien que se tenant étroitement. Ainsi le Père et le Fils sont deux. Le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont trois :