‹ La théologie de TertullienChapitre 70 sur 455 · Prax · texte numérisé non relu

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TniiMTÉ, CONTlîl!: PRAXIÎAS. 73

l'Esprit-Saint apparaît en troisième lieu, comme le fruit sur le rameau. La divinité du Père se communique par degrés au Fils et à FEsprit-Saint, sans détriment de la monarchie. Il faut tenir ferme cette union indissoluble ' du Père, du Fils et du Saint-Esprit : c'est la clef du langage théologique sur la Trinité. Quelqu'un vient-il à dire : autre est le Père, autre le Fils, autre FEsprit-Saint : aussitôt un simple se scandalise. 11 a tort : car si entre le Père et le Fils il n'y a pas division, il y a distinction et inégalité. En voici la preuve. Le Père est toute la substance divine, le Fils n'en est qu'un écoulement et une partie, c'est pourquoi il dit : « Le Père est plus grand que moi » (Joan. 14, 28). On lit d'ailleurs dans le psaume (Ps. 8, 6), que le Père abaissa le Fils au dessous des anges. Le Fils est autre que le Père, car il est moindre que le Père, car il est engendré du Père, car il est envoyé par le Père, car il est produit par le Père. Pareillement l'Esprit-Saint est autre que le Fils, car dans l'Évangile (Joan. 14, 16), le Fils promet d'envoyer l'Esprit-Saint. Les seuls noms de Père et de Fils montrent qu'il s'agit de deux personnes distinctes. Le Père n'est pas plus le Fils- que le jour n'est la nuit. Xes monarchiens confondent tout, et veulent que le Père se soit fait lui-même son propre Fils. Mais ces termes sont corrélatifs. Un Père suppose un Fils et un Fils suppose un Père : tel est l'ordre établi de Dieu, et qu'il garde lui-même. En méconnaissant cette vérité, on arrive à concevoir un Père sans Fils et un Fils sans Père, enfin une monarchie divine qui ne contient plus ni Père ni Fils. On dira peut-être que rien n'est impossible à Dieu Mat. 19, 26), que Dieu se plaît à confondre la sagesse humaine (1 Cor. 1, 27). Rien de plus vrai. Encore ne faut-il pas attribuer à Dieu tout ce qui peut nous passer par l'esprit, ni conclure de la simple possibilité au fait. Par exemple, Dieu aurait pu donner à l'homme, comme au milan, des ailes pour voler : il ne l'a pas fait; il aurait pu anéantir Praxéas et tous les hérétiques : il ne l'a pas fait. En Dieu, vouloir et pouvoir, c'est tout un. Mais le vouloir

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