bl
TRINITK. CONTRE PRAXKAS. 79
Père n'est pas le Christ. Saint Pierre proclame cette vérité lAct. 2, 3() . Saint Jean traite même de menteur celui qui nierait que Jésus soit le Christ i Joan. 2, 22). Saint Paul distingue à maintes reprises Dieu le Père et Notre-Seigneur Jésus-Christ. Rom. 1, 8; Gai. 1, 1, etc.'. Soit qu'il emploie simultanément ces deux noms : Jésus-Christ, soit qu'il les sépare, Jésus, le Christ représentent toujours pour lui Tunique personne du Verbe incarné. Il parle du Dieu de Notre-Seigneur Jésus- Christ Kph. 1, 17 , de ce Dieu qui a ressuscité le Christ et ressuscitera pareillement nos corps mortels (Rom. 8, 11), Si le Père est mort en la personne du Christ, quel autre Dieu le ressuscitera ? Mais les textes les plus décisifs * sont ceux qui mentionnent la mort du Christ Fils de Dieu. Saint Paul ajoute même 1 1 Cor. 15, 3) qu'il est mort selon les Écritures. Or le Christ étant composé de deux substances, l'une divine et immortelle, l'autre humaine, n'a pu mourir que selon l'humanité, selon la chair. Et ici paraît l'erreur de ceux qui font mourir le Père en croix. Le Père, n'étant que Dieu, ne pouvait mourir. Il ne pouvait non plus porter la malédiction attachée par la Loi au crucifié : cette malédiction, le Fils l'avait prise sur lui avec la nature humaine; en charger le Père, c'est blasphémer. Ceci condamne les Patripassiens. Et même les Patricoinpassiens. Car. par un vain subterfuge, l'hérésie, ne pouvant faire pâtir le Père, le fait compatir. Mais qu'est-ce que compatir, sinon pàtir avec quelqu'un? Or le Père est impassible; pareillement le Fils est impassible quant à la divinité. Il a pàti en tant qu'homme; mais l'homme était en lui séparé du Père, encore que le Dieu ne le fut pas. Troublez l'eau d'un fleuve ; la source n'en sera pas nécessairement troublée. Pourtant c'est l'eau de la source qui coule dans le lit du fleuve, et le fleuve n'est pas séparé de la source. Ainsi en Dieu. Quand même l'Esprit divin c'est-à-dire la divinité) aurait pàti dans le Fils, cette passion ne pouvait refluer jusqu'au Père, Mais il n'y a pas lieu de s'arrêter à cette hypothèse ; car l'Esprit divin, en tant que tel, n'a pas soufl"ert. En