‹ La théologie de TertullienChapitre 77 sur 455 · l'mx. iW · texte numérisé non relu

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rt'sumi'. tandis que le Fils souffrait en sa chair, le l*ère était en lui, mais ne souffrait pas. Ainsi, proportion gardée, il nous arrive de souffrir pour Dieu, grâce à l'Esprit divin qui est en nous, inspirant et soutenant notre confession : cependant l'Esprit divin ne soulfre pas. Comme dernier argument, TertuUien livre à la méditation des Patripassiens les paroles du Christ mourant en croix : « Mon Dieu, pourquoi m'avezvous abandonné? » Ce n'est pas le Dieu qu'on entend ici, c'est l'homme qui crie vers la divinité impassible et inflexible. On pourrait commenter ce cri par bien des paroles du N. T. (ainsi Rom. 8, 32 et de l'A. T. (ainsi Is. 53, 6 ; l'abandon qui torture ici le Christ n'est point une séparation personnelle d'avec le Père : c'est l'effet de la sentence inexorable qui livre son humanité à la mort. L'heure venue de mourir, il remet son esprit — c'est-à-dire son âme humaine^ — entre les mains de son Père, et il expire. Ressuscité ensuite par la vertu de Dieu, il est monté au ciel : là Etienne l'a vu, à la droite du Père. Un jour il viendra sur les nuées ; en attendant, il a envoyé l'Esprit-Saint, troisième personne de la Trinité, pour la pleine révélation du mystère chrétien. Refuser de croire à la Trinité-, c'est faire acte de judaïsme. Entre les Juifs et nous, il n'y a que ce dogme : là est l'œuvre de l'Évangile, la substance du N. T. Dieu qui déjà, sous l'ancienne Loi, se faisait annoncer obscurément comme Fils et Saint-Esprit, avait gardé pour les temps nouveaux cette grande lumière sur son être propre. Qui veut avoir la vie, doit croire au Fils de Dieu. Tel est dans ses grandes lignes, ce traité contre Praxéas, esquisse vigoureuse, bien que parfois incorrecte, de la théolo-

1. 11 n'y a pas à se méprendre sur le sens de ce texte, car le Christ a une àme humaine. Voir c. C'. il, tin : Redde igiturChristo tîdem suam. ut, qui liomo voluerit incedeve, anima m quoque humanae condiciunis induerit. — M. Stier paraît perdre de vue ce point, quand il afiirme (Gvtles und Loyoslehre Terlullians, p. 27) que dans le Christ, et dans le Christ seul, spirilus et flalus ne font qu'un. D'ailleurs Tertullien parle ici avec peu de précision : pour désigner l'àme humaine, il ne veut pas en général, du mot spirilus (voir c. III, ^ 2, p. 113-118). Probablement ce mot lui était imposé par l'usage, pourtraduire Luc, 23, IG; iln'ajjas osé employer /Za/»s, que pourtant il préfère liabituelloment. Voir 2 .1/. '•>, et An., passim.

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