Voir Petau, De Trinilale
TRIXITi':. — LE SAIXT-ESPUIT. 97
26 : Hic Spir/tus De/ idem erit Serino. Sicutenini Joannc dicente Joan. i. 14) : Sermo caro factus est, Spiritum quoqiie intclleginius in mentione Sermonis, ita et hic Sermonem quoque agnoscimus in nomine Spiritiis. Nam et Spiritns substantiel est Sermonis et Sermo operatio Spiritns, et duo ununi sunt. Il insiste encore sur cette identification dans les paroles suivantes : Ceterum alium Joannesprofitehitur carnemfaclum , alium angélus carnem faturum, si non et Spiritus Sermo est et Sermo Spiritus. Et après avoir bien marqué que l'Esprit n'est pas Dieu (c'est-à-dire Dieu le Père), suivant son idée jusqu'au bout, il décrit rincarnation en ces ternies ; His itaque rébus, quodcumque sunt, Spiritu Dei et Sermone et Virtute colla tis in virginem, quod de ea nascitur Filins Dei est. Un peu plus loin, il paraît enseigner l'incarnation du Saint-Esprit,
27 : De Spiritu Sancto Virgo concepit, et quod concepil, idpeperit;id ergo nasci habebat quod erat conceptum et pariunduni, i. e. Spiritus, cujus et vocabitur nomen Emmanuel, quod est interpretatum : Nobiscum Deus. Il y a ici confusion matérielle entre le principe actif de la génération, qui d'après saint Luc est le Saint-Esprit, et le terme de cette génération, qui est le Christ. Cette exégèse n'est pas nouvelle : Tertullien l'avait trouvée dans saint Justin ', qui pourtant distingue trois personnes divines. On lit un peu plus bas, 20 ; Et Spiritus Dei quod pati possit in Filio, quia non in Pâtre pateretur sed in Filio, Pater passas non s-ideretur. Sed sufficitnihil Spiritum Dei passant sua nomine; quia, si quid passas est, in Filio quidem erat-. Dans ces divers textes, l'Esprit de Dieu apparaîtcomme la divinité communiquée parle Père au Fils; c'est toujours Spiritus in Sermone, la troisième personne ne se dégage pas nettement de la deuxième •'.
1. Saint Justin, 1 Ap. 33 : Tô llvsOjjia ùuv xai irriv ôOvajx-.v t/îv Traça toO 0£oO oOoàv â).).o voïj'jat Ôîu.'.;, y) tôv Aôyov, ô; xai TtpwTÔTOXo; tw (•)sù> èffTi. — Chez saint Justin, lo Saint-Esprit apparaît sous io nom de to HvsOaa 7rpofr,xt7.6v, comme confiné dans là fonctinu i)ropiii''ti(iui\ ( 1 .!/>. 13.31). 10. 41. 12. 44. 17. 48. 4!». 51. etc..)
i. Nous avons conservé le texte de plusieuis mss., de préférence aux conjectures de Fulvio Orsini (reproduite par Rigault, Migne: d'ailleurs excellente comme paraphrase) et d'Oehler.
3. Traces d'un langage semblable chez li-s pi-emiers l'éres. ap. Petau,
TIItOI.OGIli DE TKinri.MEN. 7
98 THÉOLO(;iK DK I KRTU I.LIEN.
Mais il l'auL avoir présente la pensée directrice de Terlul]i<'n. Pra.v. 26, il combat certains monarclnens qui, plutôt que de distinguer des personnes dans lesscnce divine, les distinguaient en Jésus-Christ, mettant d'un côté le Christ, c'est-àdire Dieu, le Père, l'Esprit, de l'autre Jésus, c'est-à-dire l'homme, la chair. Pour les réfuter, il importait de montrer la divinité même, l'Esprit, se faisant chair. L'apologiste croit découvrir, dans l'évangile même de l'Incarnation, ce nom d'Esprit appliqué à la personne du Verbe, et il s'en empare, sans se préoccuper des complications inextricables introduites par ce langage dans la théologie de la troisième personne. Au reste, rien n'est plus fréquent que cette désignation du Verbe par le nom de Spiritus. Notons : Ap. 21 : Jta de Spirilii Spiritus et de Deo Deus, ut lumen de lumine accensum ; ib. 23 : Christus... venturus... ut Dei Virtus et Dei Spiritus et Sermo et Sapientia et Ratio et Dei Filius; Or. 1 : Dei Spiritus et Dei Sermo et Dei Ratio, Sermo Rationis et Ratio Sermonis et Spiritus utriusque Jésus Christus Dominus Noster; Or 21; lil/. 10; ib. 19 : Anno XV" Tiberii Christus Jésus de caelo inanare dignatus est, Spiritus salutaris: oM. 6. 16; kM. 18. 21. 40 : In quo Chrislo consistere haberet tota substantia Spiritus, non quasi obi>entura illi qui semper Spiritus Deifuerit; c.C. 14. 19 : Verbum Dei, et cum Verbo Dei Spiritus et in Spiritu Dei Virtus et quicquid Dei est Christus ; Pra.v. 14 : Spiritus personae ejus Christus Dominus* .
Prax. 29, il n'en va plus de même. Tertullien tient tête aux Patripassiens, qui faisaient souffrir le Père avec le Christ. Pour mettre le Père hors de cause, il observe d'abord que le Fils n'a souffert que dans sa chair, car la divinité est impassible ( Tarn autem incompassibilis Pater est quam impassibilis etiam Filius, ex ea condicione qua Deus est). En second lieu, quand même le Fils eût souffert en tant que Dieu, la souffrance ne pouvait refluer jusqu'au Père (Ceci est expliqué par comparaison). Et pareillement, si l'Esprit de Dieu avait souffert dans le
De TrinUale, 1, H, 2-0. — AjoiiU-r : Ileriiias, Pasteur, Siin, 5,0, 5: Sim. 9, 1, l(cf. !t, li, 2); Théophile d'Antioche, ad Aidolyc. 2, Kl.
1. D'après Jérômie, Thren. 1, 20. — Sur ce texte, voir c. V, § 3. p. 227.