‹ La théologie de TertullienChapitre 87 sur 455 · I. LA CIŒATIOX · texte numérisé non relu

I. LA CIŒATIOX

En recherchant, au chapitre précédent, la pensée de Tertullien sur les attributs de Dieu, nous avons rencontré diverses opinions touchant Torigine du monde, et d'abord celle d'Hermogène, qui nie la création. Teriullien combat cette opinion j)ar la raison et par l'Ecriture.

Hermogène peut être considéré comme un précurseur de Manès. La doctrine de la matière incréée, empruntée par lui aux anciens philosophes, spécialement aux stoïciens, avait pris entre ses mains une forme nouvelle. Il insistait sur l'existence du mal, fait à ses yeux inexplicable dans l'hypothèse d'un monde sorti tout entier des mains de Dieu; et de ce dualisme qu'on remarque dans la nature, il inférait la nécessité d'un double principe : Dieu, auteur du bien, et la matière, source du mal.

Or l'éternité est un attribut propre de Dieu : donc proclamer la matière éternelle , c'est la diviniser. Ainsi raisonne Tertullien. Il réprouve cette apothéose, et afhrme en termes excellents la création e.v iiihilo ' ; Cum in oiniii operatione tria sint principalia : qui facit, et quod fit, et e.v quo fit, tria nomina sunt edenda in légitima operis enarratione : personafactoris, species facti, forma materiae. Si materia non edetur, ubiet opéra et opcrae operator ednniur, apparet ex nihilo eiim operatiim. Le dogme

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