CRÉATION
de la création, énoncé distinctement au livre des Machabées (2 Mac. 7, 28 , ressort d'ailleurs du silence même de l'Ecriture sur la matière première do lopération divine (Gen. 1,1, sqi '. Partout ailleurs, les Livres saints nous montrent des transformalions accomplies dans la nature; mais ces transformations elles-mêmes supposent une opération initiale de Dieu, qui a donné à la matière un premier être ^.
Hermog'ène ajoutait que Dieu s'est toujours appelé, non seulement Dieu [Deus], mais Seigneur (Z)o/;zm;fs), et que ce nom exige un domaine actuel, donc une matière coéternelle à Dieu ^. Tertullien nie ce fait : il admet qu'il y eut un temps où Dieu nélait pas Seigneur. De même quïl commença d'être Père en ayant un Fils ', d'être Juge en évoquant le péché au tribunal de sa justice, de même il commença d'être Seigneur en se créant un domaine. Si Hermogène proteste, Tertullien le presse par l'Ecriture, et lui montre dans le texte de la Genèse l'instant où ce domaine de Dieu commença : c'est l'instant où, ayant achevé le monde, et surtout l'homme, qui en est le roi. Dieu prit possession de son ouvrage, iGen. 2, 15). Alors, pour la première fois, on lit dans le texte sacré ce mot : Dominus. Enfin — dernier trait — la matière éternelle, échappant à Dieu par son origine, ne relève pas de lui ; et donc ne remplit pas les intentions du philosophe, qui l'assigne à Dieu pour domaine.
Ce mot final porte juste; mais sur les autres points, quels que soient les torts d'IIermogène, il faut reconnaître que son adversaire manque le but. Dabord il n'y a point de parité entre la dénomination de Seigneur, qui appartient à Dieu, de nécessité absolue, envers tous les êtres possibles, et ces dénominations de Père et de Juge , qu'il acquiert dans le temps à raison de faits particuliers, savoir la génération temporelle du Verbe'' et le péché. Quant à l'argument scripturaire, bien frêle en est la base. Tout d'abord ce mot Dominus, que, dans sa