An. i?,; c. C.8;R.ô; Prax
2. c. C. (J : Constat angelos carnem non propriain portasse, utjtote natura substantiae spiritalis, etsi corporis alicujus, sui taraen generis, in carnemautem humanam transfigurabilesad tempus viderietcôngrodi cum hominibus posse. Igitur cum relatum non sit unde sumpserint carnem, relinquitur intellectui nostro non dul^itare hoc esse proprium angelicae potestatis, ex nulla materia corpus sibisumei-e. Quanto magis, inquis, ex aliqua? Certumest. Sed nihil de hoc constat, quia Scriptura non exhibet. Certum qui ^■alent facere semetipsos quod natura non sunt, cur non valeant ex nulia substantia facere? Si fiunt quod non sunt, cur non ex eo fiant quod non est? Quod autem non est cum fit. ex nihilo est. Propterea nec requiritur nec ostenditur quid postea factura sit corporibus illoruui. Quod de nihilo fuit, nihil factum est. Possunt nihil ipsum convertere in carnem. qui semetiiisos potuerunt convertere in carnem. Plus est natui-am demutare quam facere matei'iam.
CKKATIOX. 111
Essayons de débrouiller Técheveaude ces pensées.
L'opération par laquelle un ange se revêt d'une forme humaine est appelée par Terlullien conversio, changement. Il a défini ce mot, et admis que, selon l'acception commune, conversio implique cessation d'un terme initial et origine d'un terme final '. Toutefois il excepte de cette loi générale certains changements merveilleux, où un être nouveau apparaît sans disparition d'aucun être précédent -. L'apparition d'un ange sous forme humaine en offre un exemple : ITncarnation du Verbe en offre un second; la descente du Saint-Esprit sous forme de colombe, un troisième. Dans ces opérations, le terme initial tlemeurc : donc en parlant ici de conversio changement), Tertullien commet un abus de mots. Il en commet un autre en appliquant ce terme aune opération ayant pour point de départ le néant hiihil ipsum], c'est-à-dire à une création proprement dite. Et ce double abus de mots sert de base à un raisonnement forcé. Si l'on admet, dit-il, le changement de lange en homme, à fortiori peut-on admettre le changement du néant en homme sans doute parce que le néant offre moins de résistance qu'une nature déjà existante). Cet argument à fortiori aurait une valeur si le changement de lange en homme pouvait détruire la nature angélique. Mais ni les adversaires de Tertullien ni Tertullien lui-même ne Icntendaient ainsi; sa conception laisse intacte la nature angélique. Donc son à fortiori pèche par la base. Retenons seulement de cette discussion qu'il admet l'ange au partage de la vertu créatrice.
Dans le De resurrectione carnis, Tertullien ramène cette assertion : avant l'existence dune chose il n'y a rien, que le
1. c.C. '■) : Converli ciiini irialiuil fst Unis inistini. Non oompetit (M-go conversio oui non conipetit finis.
2. 76. : Piano natura (-onvcrtibilium oa legc est, ik^ iicrnianoanl in eo (juod convertitur in ois. ot ita non i)ernianon(lo poroant, duiu pordunt convcrtondo quod l'uoiunt. Sod nihil lieo par ost: natura ejus ab omnium rorumcondioiono distat. Si oi-g^o quae aDoo distant, a quibus Dous distat, cum convortuntur amittunt quod fuorunt, ubi oiit diveisitas divinitatis a cotoris rébus, nisi utcontrarium olîtineat, i. o. ut Dous ot in omnia convei'ti possit ot qualis ost porsovorare:'... Quod onim angeiis infoiioribus Doi licuitconversis in corpulontiam humanam, ut au<ï'->li nihilominus ]>ormanoront, hoc tu potontioii Doo auforos?...
112 TH KOI. or. IL Di: TF.irni.i.iux.
néant de cette chose; et il en lire une conclusion inallondue. Quand bien même, dit-il, on admettrait avec les anciens philosophes une matière incréée, il resterait vrai que Dieu a tiré toutes choses du néant : car le monde, comme tel, n'étant pas «'■laboré, on peut dire simplement qu'il n'existait pas '. C'est là étrangement jouer sur les mots, pour substituer au concept vrai de la création un concept bâtard. Quoi qu'il en soit, Tertullien abandonne ce paralogisme, et i-enouvclle simplement sa profession de foi à la création proprement dite"-.