‹ La théologie de TertullienChapitre 91 sur 455 · II. L homme; sa xatuiu:; sa destixee · texte numérisé non relu

II. L homme; sa xatuiu:; sa destixee

Nous ne possédons pas tout ce que Tertullien avait écrit sur l'homme. En particulier le livre de l'origine de l'âme [De censit cuiimaei^Aivigé contre le matérialisme dTIermogène, est perdu-'. Mais on peut combler en partie cette lacune, grâce à l'important traité De anima qui est une psychologie presque complète. D'autre part, le traité De resurrectione tamis insiste sur l'unité essentielle du composé humain. L'anthropologie de Tertullien est donc en somme bien connue''.

Le De anima peut se diviser en trois parties. Il traite d'abord de la nature de l'âme (1-22 , puis de l'origine des âmes (23-41),

1. R. II. Quidam infirmiores... de materia potius suJojaconti volunt ab illouniversitatora clodicatain, sccundum pliilosophos. Porro otsi ita in vero haberetur, cum tameii longe alias substantias longeque alias siiecics ex reformatione niateriae diceretur protulisse quaiii fuisset ipsa materia, non minus defenderem ex nihilo eum protulisse, si oa protulerat quae omnino non fuerant. Quo enim interest ex nihilo quid prolerri, an ex aliquo, duni iiuod non fuit fuit, quando etiam non fuisse nihil sit fuisse?

'1. Ib. Confide illum totum hoc ex nihilo protulisse, et Deum nosti lldendo «luod tantum valeat.

3. Cf. An. I. :!. 11. -21. il. IL — Schanz, Hôm. LUI.. ?>. p. "294; Ilarnack, A. CL., p. 67-2.

4. Voir G. Esser, Die Seclenlehre Tertullians (l'aderborn, 1893). — Dicl. Ihéol., art. Ame, t. 1, 980-992 (J. Bainvel). — Sclnvane, Histoire des do<jmes, t. 1, 3° partie, §§ 53. 54. 55. — Freppel, Leçons 33 et 34. — Noeldechen, p. 287-3-20. — Neander^^ p. 355-374. — Bouëdron, Qind senserit dénatura anitnae Terlullianus (Nantes, 18G1). — Stôckl, Terlulliamis de animae humanac nalura; id. : De Tertulliani ducirina psycholoi/ica (Mïmster, 1863). — G.-R. Ilauschild, Tertullians Psycbolmjie und E'rkenntnisstheorie (Frankfurt a. M., 1880).

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enfin de la mortel du sommeil, miroir de la mort (42-58 . En abordant ces graves problèmes ', TertuUien ne se dissimule pas qu'il faudra batailler avec les philosoplies. On a discuté sur l'âme jusque dans la prison de Socrate, et Socrate, au moment de boire la ciguë, a voulu, ne fût-ce que pour braver les auteurs de sa mort, aflicher une croyance inébranlable à la vie future. On peut se demander si le moment était bien choisi et si le témoignage a beaucoup de poids. Car, pour bien connaître la vérité, il faut la lumière de Dieu, il faut la parole du Christ, il faut l'assistance du Saint-Esprit, il faut la grâce du baptême. Socrate n'avait eu pour maître qu'un démon familier. Instruit à meilleure école, le chrétien peut interroger sur Tàme Celui même de qui vient l'àme. La philosophie - a eu beau scruter la nature, et parfois démarquer les données de la révélation divine : elle n'a fait qu'embrouiller les questions. La médecine sa sœur épaissit encore ces ténèbres. Le chrétien s'en tient à ce que Dieu lui enseigne : la réponse est courte et certaine. Il n'est pas d'erreur sur Fàme^ que la philosophie n'ait appuyée. Pour confondre Hermogène, cet hérétique, il a sufh à TertuUien d'invoquer l'oracle de la Genèse (2, 7j : Dieu souffla à la face de l'homme un souffle de vie, et l'âme devint âme vivante. L'âme est donc proprement un souffle de Dieu : Dei flatus ''.

Il n'y a pas à revenir là-dessus. Instruit par l'Ecriture'' sur l'origine de l'âme et sur sa nature, le chrétien se gardera de dire, avec Platon'', qu'elle a toujours existé. Il ne dira pas non plus ', avec Platon, Aristote et autres, que l'âme est incorporelle. Sur ce point, la mêlée est chaude entre philosophes. Ceux qui croient l'âme corporelle sont le grand nombre : non seulementles matérialistes déclarés, qui la jugent composée de feu, comme Hipparque et Heraclite, d'eau, comme Hippon et

■2. Ib. i.

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