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l'homme. XATIRE DE LAME. 1J7
docle a ramené tout le système de la nature à deux lois qui se combattent : attraction et répulsion; tant sen faut qu'on puisse espérer réduire tous les êtres à un type unique. Contre la nature corporelle de l'âme, on objecte aussi qu'à la mort les corps augmentent de poids, au lieu de diminuer, comme on pourrait s'y attendre. La physique de Soranus a réponse à cela. Quand on tire un vaisseau hors de la mer, son poids apparent augmente. Niera-t-on pour cela que la mer soit un corps? Pourtant la mer portait le navire. A plus forte raison faut-il voir un corps dans cette àme qui soulève le corps humain par son énergie. D'ailleurs il y a des corps invisibles, du moins à certains organes. Le soleil est invisible aux hibous, bien que visible aux aigles. Ainsi l'âme, invisible aux yeux du corps, est-elle visible aux yeux de l'esprit. Saint Jean, dans un transport d'esprit, contempla les âmes des martyrs (Apoc. 6, 9). Quand on dit ' que l'âme est un corps d'une nature à part — sui generis — , on entend bien qu'elle se distingue des autres corps par certains caractères accidentels. ^Nlais pour les propriétés communes et essentielles des corps, l'âme les possède toutes. Elle a une disposition [habitiis], une limite [terminus] , trois dimensions - [illiid trifariam distantivum, lonqîtudinein dico et latitudinem et snbliniitatem, qidhiis metantur corpora philosophi], même une figure distincte effigies), — nen déplaise à Platon qui proteste au nom de l'immortalité de l'âme — et une couleur, d'ailleurs très pâle, aérienne. Ici, Tertullien se réfère aux révélations de certaine voyante montaniste qui, en extase, aperçut une âme sous forme humaine. II n'ira pas jusqu'à dire avec Enésidème et Anaximène que l'air est la substance même de l'âme; mais aucun rapprochement n'en saurait donner une plus juste idée. Souflle de Dieu et véhicule de l'Esprit — Iradux Spivitus •' — l'âme s'est modelée sur le
2. Diogèno Laërce 7, 1, 13r> : Io)[j.a ô'èittIv, w; ■^•f^n\'l 'ATtoÀ/ûôwfo; èv t?) cpyot*r,, TÔ Tpty'îi S'.aiTTaTov, et; (Ji.r,xo;, si; Ti/âto;, el; (îàOo;.
3. Ci's mots doivent s'inti'i'pnHor d'après ce qu'on lira An. Il fin. Il s'agit de l'Esprit divin, communiqué au premier homme avec l'àme ef dans l'âme. Cf. Scorp. 9 : Citm Iraduce S/)ii^ilus Sancli (api)Iiqué aux apôtres). — La même conception réparait : /y. 5, fin-: Kecipit enim illum Dei Spiritum quem Xnnr de at'llatu cjus acceperat, scd post amiserat pcr delictum. —
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corps qu'elle devait animer, elle s'y est pour ainsi dire concrétée, elle sy est fi^ée comme dans un moide. Ainsi l'homme intérieur a-t-il ses yeux, ses oreilles et tous ses membres, qui suivent exactement les contours de l'homme extérieur, et lui servent dans ses diverses opérations mentales. Voilà qui permet de concevoir et la langue du mauvais riche et le doigt du pauvre et le sein d'Abraham et les âmes des martyrs. Tel fut formé Adam, tels après lui tous les héritiers de sa double substance.
Malgré le matérialisme surprenant de ces pages ', Tertullien tient à la simplicité de lame, c'est-à-dire à son unité substantielle : ce point touche la foi, et Platon a eu raison de le défendre"-. Quelques-uns veulent distinguer, à côté de l'âme [anima] un autre élément substantiel qui serait l'esprit [spiritus) : l'àme serait principe dévie, l'esprit principe de respiration. Mais ni l'observation attentive de la nature ni môme la vivisection n'ont fourni de raisons plausibles à l'appui de cette thèse. On n'arrive pas à distinguer, comme phénomènes, la respiration et la vie : donc la distinction des principes ne repose sur rien. L'esprit est à l'àme ce que la lumière est au jour : son essence même. Ipsum est cnim quicl per quod est cjuid. Toutefois ce nom d'esprit, spiritus ^, nest pas toujours le plus convenable qu'on puisse employer pour désigner l'àme. C'est un nom d'acte, il désigne lame par sa fonction respiratoire. Flatus est un nom de substance, il désigne l'àme comme
1 M. 'iX, Tertullien met Marciou au défi tfoxpliquer, d'après sa théologie, comment l'àme créée recevrait un esprit qui ne viendrait pas du Créateur; et il ajoute : Suffectura est quodammodo Spiritus anima; ce que Rigault interprète : (anima est) tanquam supposita Spiritui sustinendo. — /?. 53 : Plane accepit et hic Spiritum caro, sed arrabonom ; animae vero non anvabonem, sed plenitudinem. — Cette trichotomie est d'ailleurs plus nette chez d'autres Pères plus anciens. Voir Tatien, Discours, 7. 12; saint Irénée, 2, 19, 7; 3-1, 1. — Il est à peine besoin de faire observer qu'avec la trichotomie gnostique, dont il sera question A7i. 21, la rencontre est purement verbale.