LÉALISATION DU PÉCHÉ DANS LE MONDE DES ANGES
§ 193. Péché des anges, sou origine et sa forme. — Il est le péclié par excellence.
Ouvrages à consulter : A'ig.. De civ. Dei, iib. II-XII, passîm; Anselm., Be casu diaboli: Magist., I-Il, disf. ii-vii passim; Bouav., Dion. Carthus. et Estius (in dist. 6); Al. Hal., II part, q. xcviii et seq.; Guil. Par., De univ., p. IL, p. 2, c. li et ^eq.; Thoin., I. part. q. lxiii-xviv: sur ce derjdei, surtout Banoez, C. gent., Iib IIl, ç. i^yii-iA^; Quœst . disp. de dœmonibus ; Suarez, De Ang., iib. VU- VIII; Petav., De Ang., Iib III: Gonet, Tr. VIL. disp. xiii: Maurus, tom. L, qusest. clxviii-clxxxvi : B rlage, t. v, § 3-5; Mattes, «lans son Lex. Cath., etc., au mot Teufel (Diai-Ie).
160. — I. C'est un dogme ecclésiastique mille fois supposé dans l'Ecriture sainte qu'il y a des esprits « mauvais ou
impurs, » c'est-à-dire endurcis dans le mal et ne méditant que le mal. Ces esprits, fort nombreux, sont désignés par le terme de démons, ou par l'expression abstraite d'esprits de malice, spiritual ia nequitiœ, Tà7tv£u[j.aTixà t^ç T:ov7ipia;(Eph. , vi, 12). Ils forment sous la conduite de leur chef qu'on appelle Satan ou le diable par excellence une armée en révolte contre Dieu et son royaume. Comm.e les autres esprits pervers^ sent api)elés ses anges ou ses messagers, il représente à lui seul ia puissance et les efforts de cette armée.
DÉVELOPPEMENTS
161. — Tandis que l'Kcriture sainte emploie toujours au pluriel les termes de dœmones, spiritus immuiidi, elle emploia constamment au singulier le nom de Satan, diabolus, diable, ainsi qu'une foule d'autres noms synonymes, dont la plupart, tout en désig.iant aussi la totalité des anges mauvais, ne le peuvent qu'en tant qu'ils indiquent un chef qui est le « maître des démons » * (cependant le terme de Satan n'est pas exclusivement propre au chef des démons : si Satanas Satanam ejicit, loc. cit., vers. 26). Ce chef unique se nomme aussi, dans le nouveau Testament, « prince ou roi de ce monde 2, prince de la puissance de cet air » ^, et ailleurs '*, au pluriel, mundi redores (xotriJ.oxpàTopaç) tenebrarum liarum, le « malin » par excellence ^, « l'ennemi » ^, et, par rapport à sa conduite envers l'bomme, le meurtrier, le menteur ei, le père du mensonge 7, l'antique serpent ^, le grand dragon ^ : draco ille magiius, serpens antiquns, qui vocalur diabolus et Satanas, qui seducit universum orbein, accusator fratrum noslrorum, qui accusabat illos in conspectu Dei nostri die ac nocte.