‹ La Théologie dogmatique (volume 2)Chapitre 16 sur 42 · LUTTE DES ANGES DÉCHUS CONTRE DIEU · texte numérisé non relu

LUTTE DES ANGES DÉCHUS CONTRE DIEU

197. — Diea permit cette hostilité, — sans parler des raisons générales en faveur de l'action des mauvais esprits, — afin que l'homme, dans sa lutte contre des puissances spirituelles qui lui sont supérieures par nature, put attester davantage sa fidélité envers son Créateur et acquérir plus de gloire et de mérite, afin que les esf rits mauvais, fussent plus humiliés et confondus en se voyant terrassés par un plus faible qu'eux. Dieu pouvait 'l'autant mieux p-^rmettre cette lutte qu'il méditait pour le cas où l'homme t.. ait vaincu, d'opposer au démon un adversaire invincible, qui non-seuloment le terrasserait lui-même, mais donnerait à l'humanité entière, malgré les blessures reçues dans le premier combat, la force de lui résister et de rendre plus com;)lète et la honte du démon et la glorification de Dieu.

DÉVELOPPEMENTS

198. — D'après ce qui a été dit ci-dessus, le lien intime qui enlace les anges e' les hommes dans l'ordre surnaturel e^t la cause principale de l'hostilité que l'homme rencontre dans les anges déchus et de la sollicitude des bons anges. Voici en quels termes saint Thomas explique la cause de l'hostilité du démon (I Part, qusest. lxiv, art. 4) : « Angeli » secundum suam naturam medii sunt inter Deum et homi- » nés. Habe* autem hoc divinse providentiae ratio, quod » inferiorum bonum per superiora procuretur. Bonum autem » hominis dupliciter procuratur per divinam provideniiam : » uno modo directe, dum scilicet aliquis inducitar ad bonum » et retrahitur a malo, et hoc decenter fit per angelos » bonos; alio modo indirecte, dum çcilicet aliquis exercetur » impugnatus per impugnationem contrarii. Et hanc procu- » rationem boni humani conveniens fuit per angelos m aies > fieri, ne totaliter post peccatum ab utiiitate naturalis or- » dinis exciderent. Sic ergo daemonibus duplex locus pœna- » lis debetur : unus quidem ratione suse oulpae et hic est » inl'ernus, ali is autem ratione exercitationis humanae, et » L-ic debetur eis caliginosus aër. Procuratio autem salutis » humance i>rotendit>;r usque ad diem judicii. Unde et » usque lune durât ministerium angeiorum ei exercitatio » (laîmonum. Unde et usque tune et boni angeli ad nos hue

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» mitturitur, et dsemones in hoc aëre caliginoso sunt ad » nostruui exercitium. Siciit eorum aliqai etiam nunc in » inferno sunt ad torquendum eos quos ad malam induxo- » ruiit, sicutet aliqui boni apgeli suntcum animabus justis » in cœlo. Sed post diem judicii omnes mali tam lioniines » qiiam angeli in inferno eruiit, boni vero in cœlo. »

199. — III. Le premier homme pouvait sans doute pécher sans aucune suggestion du côté du démon, mais en fait il n'a succombé que parce qu'il a été tenté par lui. Ainsi, dans l'humanité, le péché est sorti « de la semonce du diable, » qui se répand par le mensonge, et, selon l'Ecriture sainte, les hommes pécheurs sont les enfants du diable, père du mensonge. De pius, comme les liomraes pécheurs se laissent diriger pai lui et deviennent les ministres de ses desseins, ils sont les supports de son royaume, les membres du corps moral dont le démon est la tête (Cf. Thom., III Part., quaest. VIII, art. vu).

200. — L'influence funeste que le démon pouvait exercer contre l'homirie dans Torigine était tout-à-fait restreinte; elle n'impliquait encore aucune souveraineté, aucune violence contre. lui. Avant que l'homme se fût rattaché à lui, le démon ne pouvait l'attaquet" ou lui nuire qu'en le tentant au péché, et la tentation même, il ne pouvait pas encore la susciter par une influence interne exercée sur l'homme ; il ne pouvait le tenter que comme un homme peut tenter un autre homme, par des représentations extérieures.

Ainsi, la liberté de l'homme pour éviter le péché n'était pas plus restreinte ou entravée dans son exercice par les assauts du démon qu'elle n'était affaiblie par la constitution interne de sa nature. L'homme, en face des attaques de Satan, était aussi libre que l'étaient les anges séduits par Satan même. Ce n'est qu'à la suite du premier péché qu'il s'est établi de l'homme au démon un rapport qu'on peut appeler la souveraineté du démon sur l'homme; ce péché a fait de l'humanité comme le domaine du démon et l'a exposée à la violence de ses assauts. Ainsi, l'examen détaillé des violences qui attestent l'empire du démon fait partie de la doctrine qui s'occupe des suites du premier péché au sein de l'humanité.

DEUXIÈME SECTION

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