‹ La Théologie dogmatique (volume 2)Chapitre 27 sur 42 · Isaïe lui-même achève de caractériser l'origine et · texte numérisé non relu

Isaïe lui-même achève de caractériser l'origine et

la nature de ce Tsémach par excellence, dans la seconde section de la première partie, où il décrit sa propre vocation prophétique (chap. vii-xii). Il y a surtout trois pp''sages où i1 montre que le Tsé-^ach e '-t leprinc ; ■ et l'abrégé de toutes les espérances d'Israël. Dans le premier passage (vu, 14), remontant à Gen., m, 13, il dit que le rejeton est né d'une vierge, par conséquent non d'une manière naturelle, de la semence de l'homme, mais d'une manière surnaturelle, par une técondation céleste et uniquement par la semence de cette femme; par conséquent, qu'il procède non de la terre seule mais du ciel et du sein de Dieu, qu'il est Dieu même (Ecce virgo [hâalmâh] concipiet et pariet) l'hébreu est plus énergique : virgo prsegnans sive in utero habens (Matth., i, 23 ; in utero habebit), et pariens, {filiwn et vocabi'ur nomen ejns Emmanuel.) Cette naissance, qui est expressément désignée comme un signe miraculeux, est conçue de la même manière dans ces paroles prophétiques de Jérémie, qui, selon toute vraisemblance, doivent être considérées comme messianiques : Creavit Dominus norum super ierram ; femina circumdabit viriim, bien qu'elles ne soient pas sans difficulté.

Dans le second passage (ix, 3-7), le rejeton qui, d'après Michée est né à Bethléem ai>paraît comme une grande lumière qui se lèvera sur la Galilée (verset 3) : Popidus qui sedebat in tenebris, virlet liicem mngnnm; habitaniibus in regione umbrœ mortis lux orta est eis, et l'enfant merveilleusement engendré comme un prince admirable , doué d'attributs divins (vers. 6-7). Parvulus enim natus est nobis et filius datus est nobis, et factus est principatus super humerum ejus ; et vocabitur nomen ejus Admirabilis (hébr. miraculum), Consiliarius (allusion probable à Prov., viii, 12 : Apud me est concilium), Deus fortis, Pater futuri sœculi, d'après quelques-uns : Père de l'éternité ; éternel , princeps pacis. MullipLicabitur ejus imperium et pacis non erit finis ; super solium, David et super regnum ejus sedebit.

Au troisième passage (xi, 1 et suiv.), le rejeton se présente comme une branche (détachée) de la souche d'Isaïe et qui reverdit; l'espri' de Dieu reposera sur lui d'une manière remarquable, parce qu'il est en même temps, le rejeton de Dieu ; il sera donc, à cause de cette onction de l'esprit,

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l'oint par excellence, vers. 2 : Et egredietur virga de radice Jesse (en hébreu, tronc d'arbre), Jesse et flos (héhv., branche, rejeton) * de radice ejus nscendef, et requiescet super eum spirittts Domini. Il fondera un royaume de la paix ; il sera l'étendard des peuples et les juifs se tourneront vers lui. Vers. 10 : In illa die radix Jesse, qui stnl in regnum popuhrum, ipsum génies deprecabuntur, et erit sepulchrum (hébr. simplement : lieu de repos, menucha, même expression que cellesci : Hœc (Sion) requies mea in sœculum sœculi) gloriosum. Ps. cxxxi, 14.

Il faut joindre encore à ces passages, dans la première partie . chap. xxviii, 16, l'endroit relatif à la pierre précieuse, que Dieu établira en Sion comme préservatif contre la crainte pour qui croira en lui, ce que Zacharie m, 8, 9, explique du Tsémach et du méfait qu'il enlèvera un jour; et chap. XXXV, la description de Sion ravagée, puis, transformée en un florissant Eden, où les aveugles verront, les sourds entendront, les muets parleront et les paralytiques marcheront.

63. — La seconde partie du livre s'ouvre au chai>itre xl par une magnifique description de la descente de Dieu même (et de son annonce sur le messager de joies), pour délivrer Jérusalem. Elle se rapporte en même temps à la délivrance qui doit être opérée par Cyrus et par Jésus- Christ 2.

La plupart des chapitres xl, xlviii, regardent directement Cyrus, mais en tant qu'il est la figure de Jésus-Christ ; il n'y a guère d'exception que pour le chapitre xlii. Les chapitres suivants, au contraire, xlix, lxvi vont directement à Jésus-Christ et à son œuvre. Dans cette partie, où il s'agit surtout de ses travaux et de ses œuvres, le Sauveur se présente comme le serviteur de Dieu (surtout jusqu'au chapitre lui); mais ce serviteur, d'après Zacharie, m, 8

• On sait que plusieurs Pères, surtout saint Jérôme, entendent par « virga » Marie, et par « flos » Jésus-Christ : Ce sens est en effet indiqué par les traductions latine et grecque. Mais dans l'hébreu, ces deux termes sont absolument parallèles, et plusieurs Pères ont interprété Je texte en ce sens. Voy. Reinke, Prophéties messianiques des prochètes, t. i, p. 227 et suiv. (En allem.)

* Voyez Bade, III, p. 181 et suiv.

(ci-dessus, n. 61), est identique au rejeton; c'est pourquoi le mot de serviteur de Dieu (%ébed, Septante, -rtaTç, puer) ne peut exprimer ici quelque chose de bas, mais seulement l'exécuteur le plus élevé et ie plus proche de Dieu de la volonté divine et de ses plus grandes œuvres, surtout par l'obéissance la plus parfaite *.

Au chapitre XLii, Mntth. , xii, 18 et suiv., applique à Jésus-Chri'ijt, le nom de >5erviteur de Dieu, son caractère et sa mission sont expliqués dans ce passage; xlii, 1-7 : Ecce servus meus, suscipiam eiim; electns meus; complacuit sibi in illo anima mea ; dedi spiriiuni meum super illum (comp. Matth., III. 17, les paroles prononcées par le Très-Haut, quand son Fils fut baptisé dans le Jourdain)... dedi te in fœdus populi et in lucem gentium. Le serviteur de Dieu est caractérisé de la même manière ch. xlîx, 1 et suiv., où il apparaît en outre comme la flèche et le combattant de Dieu (sous le nom d'Israël), et ch. lxi, 1 et suiv. : Spintus Domini super me, eo quod unxerit Dominus me; ad annuntiandum mansuetis misit me, ut mederer contritis corde. Ch. l, 4-11, sa vocation à enseigner se joint à sa vocation à souffrir- Ch. LU, 13, 53, II, les souffrances du serviteur sont longuement décrite comme des souffrances expiatoires pour l'humanité, comme le moyen d'atteindre à sa glorification et à la justiflcati n des hommes Cla peinture du foulon qui revient d'Edom, chap. lxiii, ne se rapporte pas littéralement à la passion du Christ et à l'effusion de son propre sang, mais à la destruction de ses ennemis) ; à quoi se rattache, chap. liv, la splendide description de la fécondité de la nouvelle Sion. Enfin, les chapitres lix-lxiii nous offrent le magnifique tableau du nouveau royaume, surtout delà vocation des païens et de la réprobation des juifs. — Voyez la réunion des plus importants passages dans Schuster, op. cit., p. 664 et suiv.; Rohrbacher, Histoire de l'Eglise, t. II, p. 409-420. L'enseiijble du contenu d'Isaïe, dans Bade, t. III, p. 481-492. Sur le « serviteur de Dieu, » ci-dessous § 236.

64. — VI. Les prophètes de l'exil, à l'exception du dernier, Daniel, n'ajoutent que peu de traits à l'image de l'Oint

' Voyez sur ce nom, surtout Bade, III, p. 195 et suiv.

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annoncé, Jérémie et Ezéchiel font ress'^^tir le royaume spirituel du Messie, en disant expressément que le trône terrestre de David ne sera plus occupé (Jérém., xx, 23; 'Ezech., XXI, 25, 27). Jérémie, dans les i-c rties messianiques les pius importantes (ch. xxiii, xxxi, xxxiii), oppose à l'injustice, à la culpabilité actuelle du peuple de Dieu et à la destruction extérieure de rancienne alliance, il oppose le Messie comme le rejeton qui s'appelle « Jéliova notre justice , » et il annonce l'établissement d'une alliance nouvelle et impérissable (xxxi, 31 et suiv. ; xxxii, 39). Ezéchiel, au contraire, traite 'e Messie, qu'il appelle le « serviteur du Dieu de David » (ch. xxxiv, 23-31; et xxxvii, 21-28), de pasteur et de prince. Baruch (m, 36-38) représente l'apparition visible de la sagesse éternelle sur la terre et son habitation parmi les hommes, comme le terme de l'éducation d'Israël par le Seigneur. Daniel enfin, sous une forme plus concrète que tous les prophètes avant lui, annonce la préparation prochaine de l'univers à la venue du Messie, son établissement par le Très-Haut dans le royaume universel et éternel oui lui est destiné, les circonstances précises du temps de son apparition et ses résultats , la fondation de la nouvelle aliiance, l'abolition de l'ancienne, la confirmation ou l'accomplissement de toutes les précédentes prophéties.

DÉVELOPPEMENTS

65. — Sur les prophéties de Jérémie et d'Ezéchiel, voyez Bade et Loch-Reischl. li est dit dans Baruch, m, 36-38, après une peinture grandiose de la puissance et de 1 a Sagesse divine : Hic est Deus noster, et non œstimabitur alius adversus euni. Hic adinvenit omnem viam discipHiiœ et tradidit illain Jacob puero suo et Israël dilecto siio. Post hœc in terris visus est, et cuni hominibus conversatus est.

66. — Daniel voit d'abord d^ms une vision (vu, 13-14) comment celui qui doit reprendre la souveraineté perdue (d'après Ezéchiel) pour la maison de David, et recevoir la souveraineté sur toutes les autres nations uromise par les anciens prophètes est conduit devant le trône de l'Eterne' et y reçoit une puissance qui ne finira point : Aspiciebam

in visione noctis et ecce cum nubibus cœli quasi filius hominis veniebat, et usque ad antiqimm dierum pervenit, et in conspectu ejus obtnlerunt eum. Et d^dit ei potestatem ethonorem. et regnum, et omnes populi, tribus et linguœ ipsi servient. Potestas ejus potestas œtcrna, quœ non auferetur, et regnum ejus, quod non COI rumpetur.

Plusieurs théologiens, tel que Bade, loc. cit., croient que ce passage a pour correspondant l'endroit du nouveau Testament où le Christ est appelé le Fils de l'Homme. Il y a sans doute une allusion à notre passage dont la réponse, étonnante à première vue, que fit Jésus-Christ à cette question de Pilate, s'il était le Fils de Dieu : Tu dixisti, verumtamen dico vobis : amodo videbitis filium, hominis sedentem a dextris Dei et venientem in nubibus cœli. Mais l'emploi constant de ce nom [lar le Sauveur et sa valeur comme nom propre de Jésus-Christ ne saurait guère trouver là son explication complète, car il n'est nullement employé dans notre passage comme un nom propre, mais seulement pour expliquer le contenu de la vision aperçue par Daniel, et Filius hominis ne désigne dans ce cas, selon la coutume hébraïque, qu'un pur homme. Voyez ci dessous, § 212 et suiv., la vraie signification de ce terme.

67. — Chap. IX, 24-27. Daniel, à l'occasion de la prière par laquelle il demande que les péchés soient enlevés et le temple rétabli, reçoit une prédiction très-précise sur la véritable expiation des péchés, l'achèvement du vrai temple spirituel par la mort de Jésus-Christ et la destruction du temple terrestre qui a été réédiflé : Septuaginta hebdomades abbreviatœ (decissè, definitse), sunt super populum tuum et super urbem tuani, ut consummetiir (en hébr. : soit renfermée), prœvaricatio et finem accipiai (en hébr. : soit scellé), peccatum et deleatur (en hébr. : soit caché), iniquitas (trois manières d'expliquer la véritable et entière abolition du péché), et adducatur justitia sempiterna, et impleatur (soit scellée), insio et prophetia, et ungatur Sanctus Sanctorum (qui produira tous les effets énumérés). On pourrait traduire aussi, d'après l'hébreu « Sanctwm Sanctorum, » expression qui peut se rapporter à Jésus-Christ même ou à son Eglise. Voyez Luc i, 35 : quod nascetiir ex te sanctum, Filius Dei vocabltur. L'onction du Christ dont il est parlé ici serait alors

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ou la consécration consommée de son sacrifice par la mort : — pro lis sanctifico me ipsum, — Jean, xvii, 19, ou la consommation de sa consécration royale (avec « l'huile de la joie, » Ps. XLiv) lors de sa résurrection (ou les deux à la fols), ou enfin, sa consécration intérieure par la conception, tombant dans l'intervalle des soixante dix semaines et servant de cause aux effets énumérés, ou en.in sa consécration extér''îure tombant au commencement dr^ la dernière semaine, par la descente visible du Saint-Espric, qui coïncide avec le commencement de son ministère public. Voyez le verset suivant : Scito ergo et animadverte. Ab exitu sermonis (decreti regii) ut itenim œdificetur Jérusalem usque ad Christum ducem (c'est-à-dire jusqu'au début de la vie publique de Jésus-Christ jusqu'à l'annonce de son royaume) hebdomades septem et hebdomades sexaginta duœ erunt. Et rursum œdificabitur platea et nrnri in angustia temporum. Et post hebdomades (illas) sexaginta duas occidetur Christus. Et non erit ejus populus (ultra non ceusebitur ejus pop.), qui eum negaturus est (non vult eum ut ducem agnoscere, imo eum occidet) ; et (ideo) civitatem et sanctuarium dissipabil (alius) populus eum duce ventiiro, et finis ejus vatistaset post finem belli statuta desolatio. Confirmabtt autem pactum (fœdus firmum eriget praedicatione et morte sua et fundatione ecclesiae) muKis (cf. Matth., xxvi, 28 : sanguis, qui pro mnlti» effundetur) hebdomada iina (scilicet in hebomada septuagesima, ea^ intra quam occidetur Christus) ; et in dimidio hebdomaâis (scilicet eo ipso tempore quo occidetur Christus et vi novi fœderis per mortem ejus obsignati) deficiet hosia et sacrificium ( — sacrifices d'animaux et d'aliments), et erit in temple abominatio desolationis (hébr. super pinnaculum abominationis veniet vastator) et usque ad consnmrnationem et finem perseverabit desolatio.

Voyez la plus récente explication et justification détaillée de cette prophétie dans Rohling, Le prophète Daniel (en AUem.). Le décret dont il s'agi;^ sur la « reconstruction de Jérusalem, » de la ville et non du temple est indubitablement l'ordre royal donné à Esdras l'an 488 de Jésus-Christ, selon l'ère vulgaire, et l'an 453 avant la date réelle de la naissance du Christ, par conséquent juste 483 ans, ou 69 semaines d'années, avant le ministère public du Sauveur.

68. — VII. Chez les prophètes antérieurs à l'exil et pendant l'exil, la royauté de l'Oint demeure à l'arrière place ; mais elle occupe le premier rang chez les prophètes postérieurs à l'exil ; ils metteiit (d'après Daniel), le temple reconstruit en rapport avec l'Oint et avec sa divinité, en vertu de laquelle il y fait son entrée comme Maître du temple.

Dans Aggée, c'est l'Oint 'e « désire de toute-^: les nations » si impatiemment .ittenuu, qui glorifiera le temple par sa présence et y annoncera la paix de Dieu. Dans Zacharie, il est annoncé au grand prêtre du nouveau temple comme « l'Orient » qui efface les péchés, et ce grand prêtre luimême est présenté comme la figure de son sacerdoce royal. L'« Oint » est ici la pierre fondamentale, i'édificateur, du nouveau temple spirituel, qui concentre en lui-même le sacerdoce et la royauté. Quand il apparaît de nouveau comme pasteur, i. est « l'homme de la société avec Dieu, » qui sera violemment mis à mort. DansMalachie enfin, celui qui est promis figure comme le fondateur d'un nouveau et universel sacrifice, et dans la dernière prophétie comme l'aurore du soleil de la justice; ce qui met le dénouement à toutes les prophéties.

DÉVELOPPEMENTS

69. — Dans Aggée, ii, 7-10, l'apparition du Messie commence par l'annonce d'un bouleversement qui s'étend au ciel et à la terre, afin de montrer qu'un monde entièrement nouveau va commencer : Hœc dicit Dominus exercitmm : Adhuc unum modicum est, et ego commovebo cœlum et terram, et mare et aridam; et movebo omnes gentes. Et veniet desideratus cunctis gentibus , et (per hajus adventum) replebo domum istam gloria, dicit Dominus exercituum, Meum est argentum et aurum, dicit Dominus exercituum (ce ne sont pas l'or et l'argent qui composeront cette gloire, conf. Ps. xlix.) Magna eri.t glona domus istius novissimœ magis quam primœ, dicit Dominus exercituum, et in loco jsto dabo pacem, dicit ; tominus exercituum

70.' — 'Zacharie, m, 8 : Audi Jesu, sacerdos magne, tu et amici tui, qui habitant coram te, quia viri portendentes sunt

l'œuvre du REDEMPTEUR. 463

(id est portendunt seu praeflgurant alium sa erdoteni in hoc novum teraplum venientem)... Ecce enim ego addncam sf^rvum meuni Orientera ; quia ecce (iste est) lapis (scilicet lapis fundamentalis seu angularis regni Dei seu ecclesiae, voyez Ps. cxvii, 22; Ps. viii, 14; xxviir, 16; Dan. ii, 34 et -eq.), quem dedi coram Jesit (liébr. que je compare à Josué comme à sa figure). Super (hune) lapidem umim septem oculi sunt (une base v' vante et vigilante'; cf. Apoc, v, 6, l'agneau aux sept yeux) ; ecce ego cœlabo sculpturam ejus, ait Dominus exercitmirriy iniquitaiem terrae illius die una.

Au chapitre vi, le prophète reçoit de Dieu la mission de placer sur la tête du grand prêtre Jésus deux couronnes, qui devront être plus tard conservées dans le temple comme un mémorial, et de lui adresser ces paroles : Hœc ait Dominus exercituum dicens : Eccevir, Oriens nomen ejus; et siibter eum (héb. : a loco suo inferiori) orietiir, et sedifîcabit templum Domino. Et ipse exstruet templum Domino et ipse portabit gloriam; et sedebit et dominabit r in solio suo, et erit sacerdos in solio suo, et concilium /)rtm([)erfeclum fœdus seu unio) erit (in persona Orientis) inter illos duos (inter sacerdotem et dominatorem, id est in:er sacerdotium et imperium, dont le dernier était autrefois figuré par Zorobabel, de la famille de David).

Parmi les prédictions ultérieures (chap. 18 et suiv.) sur l'entrée du Messie à Jérusalem en qualité de roi, sa comparaison avec les brebis destinées à l'abattoir, son percement et la source de grâces ouverte par lui, prédiction dont il est difficile d'établir la liaison ou le rapport direct à Jésus-Christ, nous ne mentionnerons que celle-ci, particulièrement importante (xiii, 7) : Framea suscit are super pastorem meum et super viruni coiiœrentem mihi (hébr., homme de ma société ; le terme «hamithi désigne généralement un homme de la même tribu), dicit Dominus exercituum; percute pastorem et dispergentur oves, et convertam r.ianum meam ad parrulos. L'expression employée ici pour désigner le rapport du pasteur à Dieu, indique aussi bien une société substantielle que le nom de Tsémach.

71. — Malachie, le dernier des prophètes, et dont le nom seul indique déjà un envoyé, termine à bien des égards, même pour le fond du sujet, les précédentes pro-

piiéties. Il annonce d'abord (i, 11), le nouveau sacrillce qui sera offert dans le royaume universel du Messie et dans le temple qui sera édifié par lui et sur lui : Ab ortu solis iisque ad occasum magnum est nomen meum in gentibus ; et in omni loco sacrificatur et offertur noniiui iiieo oblatio niunda. Il indique ensuite, en sa qualité de dernier des prophètes, le prophète qui à titre de précurseur précédera immédiatement le Messie, le divin Seigneur et le fondateur du m iveau royaume dans son temple. Au chapitre m, 1, en effet, le Seigneur parle ainsi aux juitsmurmurateurs et impatients : Ecce ego mitto angelum meum et prœparabit viam ante faciem meam. Et statim (post hune angelum) veniet ad templum suum Dominaior ( — le maître par excellence. Dieu), quem vos quœritis, et Angélus testamenîi (le prouiulgateur et le médiateur de la nouvelle alliance, déjà prédit dans Ps. xii, 6 ; XLix, 8 ; lv, 8, et Dan., ix, 27), quem. vos vultis (desideratis). Ecce venit, dicit Dominus exercitaum. Et quis poterit cogitare diem adventus ejus et stabit ad videndutn aum f

Enfin, ch. iv, 2, Malachie annonce aux hommes craignant Dieu la venue du Messie, comme l'aurore du soleil de justice : Orietur vobis titKentibns nomen meum sol justitiœ et sanitas (salus) in pennis ejus (in radiis ejus), et egrediemini et salietis sicut vituli de armento, et il termine (vers. 5, 6) en annonçant derechef- le précurseur sous le nom d'Elie. A cetie dernière prophétie se rattache la première ani.once du Messie futur, faite par l'ange Gabriel au père du précurseur (Luc, I, 16 18), de même que Zacharie, dans son cantique, salue le Messie comme ïOriens ex alto.

72. — - VIII. Si l'on compare le passage de Malachie sur le soleil levant de la justice, ainsi que les paroles de Baruch sur 1 apparition visible de Dieu ou sur la sagesse éternelle parmi les hommes, puis le nom du rejeton de la Vierge de 1' « Emmanuel, » prédit par Isaïe, avec les passages des livres de la Sagesse sur l'origine de la Sagesse éternelle * et sa conduite envers les hommes ; ces passages montreront évidemment qu'il s'agit ici d'une apparition personnelle de la Sagesse narmi les hommes. Nous y

* i rov., VIII et Eccli., xxiv et suiv.; voyez ci-dessus, liv. II, n. 805 et suiv.

trouvons également une prédiction du Sauveur qui concorde de tout point, pour le fond comme pour la forme, avec le récit du commencement de l'Evangile de saint Jean sur le Verbe de Dieu incarné ; tandis que les autres évangélistes se rattachent immédiatement aux prédictions des prophètes proprement dits sur le rejeton royal de David. Le tableau que l'Ecclésiastique trace de la demeure gracieuse de la Sagesse dans Si'>n, où elle prendra racine et servira Dieu, forme un récit magnifique et parfaitement rempli de ce que l'Evangéliste saint Jean résume dans ces quelques paroles : Et Verbiim caro factum est et habitavit in nobis, et vidimus eum... plénum gratiœ et veritatis.

73. — EccL, XXIV, 15 et seq. rapproché des paroles suivantes citées et expliquées livre II, n. 809 : Et sic in Sion firmata sum et in civitaie sanctificata similiter requievi et in Jérusalem potestas mea. Et radicavi in populo honorificato et in parte Dei mei hœreditas illius el in plenitudine sanctorum detentio mea. Quasi cedrus exaltata sum... Ego mater pulchrœ dilectionis et agnitionis et sanctœ spei. In me gratia omnis viœ et veritatis, in me omnis spes vitœ et virtutis.

Voyez dans Bade, iv, p. 324 et suiv., l'exposé de tous les noms que l'ancien Testament donne au Messie, et p. 327 et suiv., le résultat total des diverses prophéties.

§ 211. Les flgures du Rédempteur dans l'ancien Testament.

Ouvrages à consulter : Cyr. Alex.., lib. XIV, Ador. in spir. et ver., et Glaphyri, in xib. Moys. (le plus important et le plus étendu sur ce sujet) : Bade, op. cit., IV, § 34; Krementz, L'Evangile dans le livre de la Genèse; Grandes lignes de l'histoire typique des saintes Ecritures (en allem.); Schuster-Holzammer, Manuel de l'histoire biblique, passim; spécialement les figures du sacrifice, dans Stœckl et Thalhofser, en leurs ouvrages sur le sacrifice.

74. — Les figures prophétiques allaient de pair, dans la période d'avant Jésus-Christ, avec les préiictions verbales du Messie et de son œuvre. Qu'il'y eût de telles prophéties sous l'ancien Testament, cela est indubitable par les déclarations réitérées de Jésus-Christ et de ses Apôtres. Les

Pères et les théologiens, quand ils traitent des différents types , ne se bornent pas à ceux que l'Ecriture sainte désigne expressément comme tels ; une ressemblance manifeste leur paraît une raison suffisante de croire qu'il y a figure, et ils ont trouvé dans l'ensemble des figures un tableau vaste et grandiose de l'anti-type. Il est possible sans doute qu'avant Jésus-Christ, on n'ait pu constater le caracit;.-^ figuratif ni le cont >i d'une muititudi'' de figures; mais il en est un grand noinL-^ri qui ont été rapprochées des prophéties verbales (tels que Melchisedech, David, Salomon, Cyrus), et dont le caractère typique a été formellement, ou du moins avec une clarté suffisante, annoncée par les prophètes; et il en est d'autres, notamment dans les institutions du culte (comme l'agneau pascal) où il se présentait de lui-même.

75. — En dogmatique, les figures ont une double importance : 1» elles fournissent la preuve par induction que Jésus-Christ était en généra' le Messie préparé dès l'origine ; 2" elles permettent d éclaircir d'une manière plus complète et plus générale une foule d'endroits de la révélation sous l'ancif^n Testament par l'analogie qu'il présente avec le nouveau. Sous le premier rapport, elles sont surtout employées dans les Evangiles; sous le second, dans les Epitres de saint Paul. Nous indiquerons brièvement les plus certaines, les plus claires et les plus importantes, en nous rattachant aux diverses époques de la prophétie messianique. Nous acquerrons ainsi une vue plus nette de leur rapport et de leur valeur que si nous séparions et groupions les figures d'après des principes formels de division, par exemple en établissant des figures personnelles et réelles, ou des figures historiques et légales.

76, — I. Au proto-Evangile correspond comme premier type de Jésus-Christ (d'après Rom., v, 15, « qui erat typus futuri »), Adam lui-même. Homme nouveau par ses dons naturels et surnaturels (voyez livre III, n. 418), chef de toute la race, Adam off"rait avant sa chute l'image véritable de Jésus-Christ, de même qu'il en fut le contre-pied par sa désobéissance et par toutes ses œuvres en général. Ainsi d'Eve, d'après Eph., v : avant sa chute, dans son mariage paradisiaque, et même après sa chute, elle était, comme

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« mère des vivants, » le type de l'Eglise de Jésus-Christ, ou. d'après une vue des Pères qui a sa racine dans le protoévangile, elle était le ty-: e de la femme par excellence, dont la semence est Jésus-Christ (voy. livre III, n. 443 et suiv.). Le juste Abel, lue au nom de la justice et revivant dans Seth, l'ancêtre des enfants tie Diei., est le type de Jésus-Christ, comme fils juste d'Adam, l'image de sa mort et de sa résurrection glorieuse.

Dans cette période, commie d:ins toutes les périodes suivante.-, tous les sacrifices de l'ancien Testament sont des types plus ou moins connus et expressifs de la mort de Jésus-Christ ; Dieu ne le-- ayant ordonnés et approuvés que comme des figures du seul véritable sacrifice, ils ne pouvaient être bien compris qu'en cette qualité.

77. — II. Dans la période patriarcale, et dès le début, nous voyons paraître, en face des prophéties qui présentent Abraham comme l'ancêtre terrestre du Messie, nous voyons par:itre dans Melchisédech un type de Jésus -Christ (d'après Ps. ex), déjà reconnu sous l'ancien Testament et longuement expliqué par saint Paul {Hcbr., vu). Il a pour objet de faire ressortir la prééminence du Messie en général, notamment de son ancêtre terrestre. Le nom, la position, la manière d'agir de "et homme, les termes dans lesquels l'Ecrituie dépeint son apparition (sans mentionner sa d scendance terrestre), figurent Jésus-Christ comme le grand roi de la justice et de la paix, le prêtre qui dispense la vie, le fondateur d'un sacrifice non sanglant, qui ne se borne pas, comme les sacrifices sanglants, à réconcilier l'homme avec Dieu, mais qui, après avoir donné la réconciliation, dispense encore la vie. Mais on peut trouver aussi dans les patriarches mêmes, surtout dans Isaac, le « fils de la promesse » dans Jacob et dans Joseph, des types multiples de Jésus-Christ, et dans Abraham, l'homme delà semence d'où le Messie devait provenir par une descendance lointaine, un type de la femme, dont le Messie devait être la semence immédiate.

DÉVELOPPEMENTS

78. — Nous achèverons ce qui est à dire de Melchisédech en parlant du sacerdoce de Jésus-Christ. La typique

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des patriarche-'\ dont les détails ont été organiqaetnent exposés par les Pères d'une façon ingénieuse, a été traitée par l'évéque Krémentz *. D'après lui , Abraham figure Marie ; Isaac, Jésus-Christ dans son origine et sa première enfance en Judée ; Jacob le figure en Egypte et en Galilée ; Joseph, dans sa vie publique, ses abaissements et son élévation à un empire salutaire. Cette typique est surtout frappante dans Abraham et Isaac. Dans Abraham, l'énergie de sa foi quand il sort de sa patrie, quand il obtient l'enfant de sa promesse et quand il le sacrifie sur le mont Moria, correspond la puissance de la foi de Marie qui se révèle dans son vœu de virginité, dans la conception immaculée de son Fils, dans le sacrifice qu'elle fit de lui au temple et plus tard au Golgotha (également le mont Moria).

Dans Isaac, qui fut lui-même un enfant de la promesse, le point de départ et le médiateur de la descendance du Christ d'Abraham, et qui se présente en quelque sorte comme le fils né de Jésus-Christ, les éléments figuratifs sont très-nombreux. Ainsi Isaac, comme enfant de la promesse divine, est conçu miraculeusement, il naît en pays étranger, à Géraris ; il est fils unique et bien aimé ; Dieu le destine à être immolé sar le mont Moria, où devra également s'accomplir le sacrifice du Sauveur ; il y porte luimême le bois de son sacrifice et se laisse lier de bon gré. Toutefois, comme il n'était qu'une simple figure, le sacrifice ne s'accomplit pas sur lui, mais sur un bélier substitué; quant à lui, rappelé en quelque sorte de la mort à la vie, il est rendu à son Père (dans le sacrifice de Jésus-Christ au temple, il y eut également substitution), pour devenir le représentant des promesses divines pour la descendance d'Adam. L'Apôtre, on le sait {Gai., iv), voit également dans le rapport d'Ismaël, ou d'Agar à Sara, une figure du rapport entre la descendance spirituelle d'Abraham fondée par Jésus-Christ et sa descendance purement charnelle.

79. — III. Pendant la période mosaïque, Moïse apparaît tout d'abord par son caractère et dans ses œuvres, ainsi que l'indique sa prophétie et plusieurs indices du nouveau

* Voyez VEvangile dans le livre de la Genèse (ea allem.)

Testament, comme le type universel de Jésus-Christ, notamment dans ses actes et ses fonctions publiques. C'est un prophète et un eisvoyé de Dieu, avec qui il entretient les relations les plus intimes ; il est tout resplendissant de sa gloire; c'est un pasteur, un législateur, un prêtre par excellence, le fondateur et l'ordonnateur d'un culte nouveau, d'une alliance nouvelle entre Dieu et le peuple ; il délivre ce peuple de la servitude d'Egypte, le dirige et le nourrit miraculeusement dans le désert, et intervient pour lui auprès de Dieu.

Le sacrifice de l'agneau ordonné par lui lors de la sortie d'Egypte (outre le sacrifice de l'alliance oflfert dans le désert) est par son rite et sa tendance le type le plus frappant de Jésus-Clirist, le véritable agneau du sacrifice : le nouveau Testament y fait souvent allusion *. La manne ou le pain descendu du ciel que Moïse donne au peuple (d'après Jean, vi, 30 et suiv., 148 et suiv.); l'eau que Moïse fit jaillir du rocher, ou ce rocher lui-même (d'après I Cor., x, 4) ; le serpent d'airain érigé par lui sur un poteau vraisemblablement en forme de croix (d'après Je>in., m, 14, 15, 12, 32), figurent la vertu céleste du Christ, dispensateur de la vie. La signification typique de l'eau du rochei passa plus tard à la fontaine de Siloé qui jaillissait au pied de la montagne de Sion (Siloam, Siloach, qui interpretatur missus, Jean ix, 7), où le jour de la fête des tabernacles on allait puiser solennellement l'eau du sacrifice, et dans laquelle Jésus- Christ ordonne à l'aveugle-né de se laver ; puis au lac de Bethesda (maison de la raiséricor 'e), situé à la porte des Brebis (par laquelle on introduisait dans la ville les brebis destinées aux sacrifices). Le type de Moïse est complété par Josué, qui achève l'œuvre du premier en introduisant le peuple dans la terre de promission, et à qui Moïse, en prévision de cette fonction, donna le même nom (Salut de Dieu), que devait porter un jour le Sauveur du monde {Deut., XIII, 17).

80. — A partir de Moïse, le peuple tout entier d'Israël commence à être considéré comme la figure de Jésus-Christ, — ainsi que l'indique déjà la translation du nom du « Fils

' Voj. Bade, op. cit., §37, 1.

de Dieu » au peuple, qui devait produire comme son chef le vrai Fils de Dieu (Exod., iv, 22); puis le nom d'Israël donné au Messie (Is. xlix, 3), — non pas sans doute à cause de sa vie morale, mais à cause des relations bienveillantes que Dieu entretient avec lui, de la dignité qu'il a reçue de Dieu « (sacerdoce royal, » Exod,, xix, 6 7), et de l'ensemble de ses destinées (par exemple de son rappel de l'Egypte, Osée, XI, 1 ; cf. Matth., ii, 15; de ses souflFr-ances, Jérém., ii, 15; cf. Ps. XXI, 8). Plus turd, le ijea[)le apparaii dans les prophètes cotume l'ôpuux de Dieu, et il l'était notamment en ce que Dieu devait taire sortir de lui son Fils selon la chair, et qu'il était ainsi, comme Abraham lui-même, une figure de Marie.

81. — Une figure spéciale, un type vivant et permanent de Jésus-Christ même, de ses travaux et du véritable culte qu'il devait fonder dans son Eglise, c'était le ministère sacerdotal et durable fondé par Moïse, notamment le souverain pontificat, avec le lieu où se célébrait le culte (le tabernacleet plus tsrd le temple *). L'arche d'alliance surtout, avec le couvercle d'or {le propitiatoire) et le nuage qui flottait au-dessus (le Schechinah ou Chabod Adonni) était un symbole entièrement significatif de .Jésus-Christ et de la demeure parmi les hommes qui devait se réalii^er en lui (voyez ci-dessus, § 213).

Sur les typiques du culte mosaïque, voyez surtout Jyrille d'Alexandrie, De adorât., lib IX-XII, et Glaph., in Exod. et Levit., cette exposition se distingue des explications morales et figuratives qu'on a données- plus tard, par son fond rigoureusement dogmatique. Il a été malheureusement par trop oublié.

82. — IV. Jusqu'au temps de David, le sacerdoce fut le seul type permanent de Jésus-Christ; mais deimis l'établissement de la royauté, celui-ci le devint également par ses plus dignes représentants ; ce qui le prouve en particulier, c'est que dès le début les rois sont appelés «Oints de Dieu,» et que le Sauveur promis reçoit lui-même ce nom au commencement de l'ère de la royauté. L'ancêtre royal de Jésus- Christ, David, son fils Sslomon déjà cité comme une figure

* Autres détails plus loin, à propos du sacerdoce de Jésus-Christ.

dans les promesses adressées à David, étaient surtout des types du Rédempteur, Ils étaient tellement des personnes typique;, que '^ ■ nrophéties citent quelquefois Jésus-Christ sous leur propre nom (David — dilectus ; Saloino, — paciflcus). Pou- le fond, ces deux types se complètent de la même manière que M'^ïse et Josué , David est surtout typique dans les persécutions qu'il a endurées du roi son prédécesseur, dans ses luttes et ses victoires contre les ennemis du peuple, dans l'établissement du trône à Sion et dans l'introduction de l'arche d'alliance dans son lieu définitif; Salomon, par la sagesse de son gouvernement, par la magnificence et la douceur de son règne, et par la constt-uction du temple. Cette typique sert de base à une foule de passages des psaumes et des prophètes,

83. — V. Dans l'ère prophétique, ce furent d'abord les prophètes eux-mêmes qui furent les types de Jésus-Christ, par leur mission divine et par leurs lumières, par la sainteté de leur vie et leurs travaux apostoliques plus ou moins appuyés par des miracles : plusieurs le furent aussi par 'eurs destinées particulières. Parmi ces derniers figure surtout Elle avec son ascension au ciel ; Jonas avec son séjour de trois jours dans la baleine, sa délivrance et sa prédication fructueuse à Ninive ; Jérémie, par les persécutions qu'il a endurées.

84. — De même que les prophètes renvoient à David et à Salomon comme à des types déjà existants, ils indiquent le type grandiose qui va survenir dans la personne de Cyrus (voyez ci-dessus, n. 62) : Cyrus a cela de commun avec Salomon qu'il est annoncé d'avance, et il est, de plus, avec Melchisédech, le seul qui ne soit pas de la race de Jésus- Christ, parce qu'il devait, comme Melchisédech, montrer que Jésus-Christ n'était pas redevable de sa grandeur à sa descendan-^e charnelle, et qu'il devait fonder à la fois un sacerdoce nouveau et un nouveau royaume. Enfin, vers le terme de l'ère prophétique, le grand prêtre Josué est expressément établi par Dieu lui-même comme un type de Jésus-Christ par le symbole de son double couronnement ; il porte son nom, il revêt la dignité sacerdotale et royale, et forme ainsi une conclusion importante de toutes les figures de l'ancienne loi (voyez ci-dessus, n. 69),

DÉVELOPPEMENTS

85. — Le nom même de Cyrus (Koresch, s< ''"1), suscité de Dieu et envoyé pour délivrer son peuple de la captivité deBabylone, est déjà figuratif : il a pour correspondant sa vue de « l'Orient » (Is. xli, 1, 25 ; xlvi, 11), ce qui concorde notamment avec le nom prophétique du Christ, <( Orient » et « Soleil de justice. » Dans Isaïe, Cyrus est encore appelé, ainsi que .Jésus-Christ, l'oint, le pasteur, le juste (voyez Bade m, p. 134 et suiv.).

86. — Que le Messie promis soit réellement apparu en Jésus de Nazareth, les Évangiles le font ressortir en plusieurs passages, en montrant que les attributs que lui assignent les prophètes lui appartiennent réellement, tandis qu'il n'y a aucune apparence qu'ils reviennent à un autre; nous avons de plus les indications chronologiques fournies par les prophéties, notamment par celles de Jacob {non recedet sceptrum de Juda donec veniat qui mittendus est), de Daniel (sur les 70 semaines d'années), d'Aggée et de Malachie (sur la venue du Christ dans son second temple). — Voyez surtout Huet, loc. cit., Le Grand, Dissert, ii, et Bade, passim.

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