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IV. — III. DOGMATIQUE

matériel ont été transportées en quelque sorte par les anges des idées divines dans la matière et reflétés dans la pensée des anges avant de se réaliser au dehors ; les anges les ont vues d'abord dans les idées divines, puis contemplées dans leur réalisation matérielle. Il est vrai que saint Augustin se sert surtout de cette pensée pour montrer comment la diversité des jours peut se concilier avec cet accomplissement simultané du monde visible; mais elle explique trèsbien aussi pourquoi les anges ont été créés avant l'achèvement du monde visible.

150. — VI. La question la plus incertaine et la plus obscure est celle du « lieu » où les anges ont été créés. Leur nature n'exige pas essentiellement qu'ils existent dans un lieu corporel; cependant il est vraisemblable a priori, quand on considère l'unité du monde, qu'ils ont été créés dans les bornes de l'univers phj^sique, et par conséquent dans un lieu corporel. Or, comme ils n'ont généralement besoin d'aucun lieu et qu'ils peuvent aisément se transporter partout où il leur plaît, il est très difficile et il importe médiocrement de fixer au juste le lieu de leur création ou de leur séjour durable. Quand l'Ecriture sainte dit en plusieurs endroits qu'ils habitent le ciel, cela signifie surtout qu'ils ne sont pas, comme les hommes, attachés à la terre, mais que l'univers entier est à leur disposition.

ARTICLE II

l'être des anges et ses attributs.

a. Substance et nature des anges : incorporante, immatérialité

ou spiritualité.

Ouvrages à consulter : Magist., in II, dist. viii; S. Bonav. et Estius; Thom., I Part., qusest. l-li; Suarez, lib. I, cap. v-vii; Petav., lib. I, cap. ii-iv; Sylv. Maurus, Op. theol., quaest. oxxviicxxx: Amort, in theol. eccl., tr. de Angelis, disp. i.

151- — On peut déterminer la substance et la nature générale des anges, en disant qu'elles sont essentiellement

plus élevées et plus semblables à Dieu que la nature et la substance des hommes, bien que toujours essentiellement diflerentes de celles de Dieu. Sous le premier rapport, il est ;5vident que ce qu'on nomme esprit dans la substance humaine, ce qui la distingue du corps, non seulement ne doit pas manquer dans la substance des anges, mais doit s'y trouver d'une manière plus parfaite et plus élevée. La question est de savoir s'il n'y a pas aussi dans la substance des anges ce qui dans l'homme est uni à l'esprit, le corps et la matière corporelle, ou du moins s'il ne faut pas admettre comme élément constitutif de la substance des anges quelque chose d'analogue aux corps et à la matière des corps.

152. — I. Il est d'abord à peu près certain par l'Ecriture et par l'ensemble de la tradition que les anges, comparés aux hommes et en un certain sens relatif, sont incorporels, spirituels et partant invisibles; car l'Ecriture les appelle simplement des esprits, et la tradition, depuis le temps des apôtres, les désigne comme des êtres incorporels, spirituels et invisibles. Ils doivent donc tout au moins n'avoir pas de ©orps constitué dans des formes précises et avec une matière terrestre, un corps soumis aux lois physiques, aux conditions de la génération, et, en ce qui concerne la croissance, l'extension et la forme, ce qui peut être vu et palpé, un corps dont la volonté puisse librement disposer. S'ils avaient un corps, ce ne pourrait être qu'un corps éthéré, de forme aérienne ou lumineuse, qui participerait de la nature de l'esprit, et qu'on pourrait, dans un sens plus large, appeler esprit ou spirituel. Le terme d'esprit a été effectivement transporté d'une pareille substance corporelle au principe même de la vie spirituelle.

DÉVELOPPEMENTS

153. — Nous plaçons cette thèse en tête de notre travail, pour faire ressortir en quoi les saints Pères, qui ne sont pas tous unanimes sur la nature spirituelle des anges, s'accordent entre eux, sans prétendre cependant que tous ceux qui appellent la substance des anges une substance éthérée, leur attribuent un corps formel, distinct de leur principe de vie spirituel. Nous voulons dire simplement que

ceux d'entre ceux qui font expressément du corps une partie constitutive de la substance des anges, entendent une substance différente de celle du corps liumain, et lui appliquent ces paroles du Psaume cm, 4 : Qui facit angelos spiritus et ministros tuos ignem urentem, ou ils conçoivent quelque chose d'analogue au corps transfiguré après la résurrection, que l'Apôtre appelle un « corps spirituel. »

C'est ainsi notamment que saint Fulgence, de Trin., cap. IX, se représente le corps des anges : « Plane ex » duplici eos esse substantia adserunt magni et docti viri, » id est ex spiritu incorporée, quo a Dei contemplatione » numquam recedunt, et ex corpore per quod ex tempore » hominibus apparent, adprobantes hoc ex illo loco Psalmi, » ubi dicit : Qui facit Angelos suos spirilus, et ministros » suos ignem urentem. Corpus vero aetherum, id est igneum, » eos dicunt habere, angelos vero malos, id est daemones, » corpus sereum. » Peut-être faut-il donner le même sens à un texte lu dans la septième session du septième concile œcuménique et tiré d'un livre de saint Jean de Thessalonique, qui expliquait aux païens pourquoi les fidèles ne voulaient pas qu'on représentât Dieu par des images comme on faisait pour les anges : « Objecit gentilis in hune modum : » Sancte Deum Verbum hominem factura icône exprimatis ; » quid ad Angelos hoc facit, quOs ut homines pingitis et » adoratis?Hi tamen homines non sunt, sed intellectuales » 6t incorporel et simpliciter existentes dicuntur. Sane ea » ratione et a nobis Deos venerari existima; non enim sic » quidquam absurdi agimus, quemadmodum nec vos, cum » Angeios adoratis. Sanctus dixit : de angelis et archan- » gelis et eorum potestatibus, quibus et nostras animas » adjungo, ipsa catholica Ecclesia sic sentit : esse quidem » intelligibiles, sed non omnino corporis expertes et invi- » sibiles, ut vos gentiles dicitis, verum tenui corpore prse- » dites et aereo sive igneo, ut scriptum est : Qui facit » Angelos suos spiritus et ministros ejus ignem urentem. » Sic autem multos sanctorum Patrum sensisse cogno-

> vimus, quorum est Basilius cognomento magnus, et beatus » Athanasius et Methodius, et qui stant ab illis. Solummodo » autem Deus incorporeus et informabilis, intelligibiles

> autem creaturse nequaquam ex toto sunt incorporeae et imi-

» tabiles pictura existant, et circumferentiam habent. » Qua.iiquam autem non sunt ut nos corporei, scilicet ex » quatuor elementis et crassa illa materia : nemo tamen » vel Angelos vel daemones, val animas dixerit incorpo- » reas; multoties enim in proprio corpore visi sunt, sed ab » illis quibus Dominus oculos aperuit. Nos igitur eos non ut » Deum, sed ut creaturas intelligibiles et ministros Dei, non » tamen ut vere incorporeos pingimus et colimus. »

154. — L'application aux démons que quelques anciens Pères font de ces paroles : Filii Dei qui ingressi sunt ad filias hominum, Gen., vi, 8, pourrait seule donner lieu à une manière plus grossière de concevoir les corps des anges. Cependant l'opinion de ces Pères ne suppose pas une égalité complète entre le corps des anges et le corps des hommes *.

155. — II. D'après la doctrine de l'Eglise catholique, non directement définie, mais absolument certaine, les anges sont incorporels d'une manière non relative, mais absolue; ils sont spirituels ou de purs esprits selon toute leur substance, non-seulement dans un sens large, mais dans un sens restreint; le principe substantiel de la vie spirituelle — mens, vooç ou voepov, — constitue tout leur être, et eux-mêmes doivent être appelés mentes, ou vosç. Ils sont de plus, par cela même, invisibles aux yeux du corps, non-seulement d'une manière conditionnelle, mais d'une manière absolue; ils ne peuvent se rendre visibles qu'en prenant une substance étrangère, et ils demeurent en eux-mêmes l'objet d'une connaissance purement intellectuelle. Il faut donc les appeler des êtres intelligibles, ou voyitoi. Leur substance en un mot est par sa nature ce que devient l'âme humaine par sa séparation d'avec le corps.

156. — Mais il faut ajouter de suite que si les attributs mentionnés n'excluent pas formellement toute liaison d'un principe spirituel avec un corps, s'ils expriment la nature de ce principe considéré en lui-même et comparé avec la nature des corps, s'ils signifient que leur nature est supra-

* Voyez pour le sens de ces passages, Scholz, Théologie de Vanc. Testament, t. II, § 5 (en allem.).

corporelle, on ne doit pas les entendre dans un sens absolu : ce serait les mettre au niveau de la substance divine, qui forme l'extrême opposé de ce qu'on appelle le coip6.

Ainsi, bien que les anges, comme Dieu lui-même, n'aient pas de corps qui fasse partie constitutive de leur nature, ils ne sont pas cependant tellement élevés au-dessus des corps qu'ils ne partagent en aucune manière leurs imperfections ; ils ne possèdent pas toutes les perfections contraires au plus haut degré, telles qu'elles se trouvent en Dieu. Sous ce rapport donc, non-seulement on ne peut pas dire que les anges sont incorporels, ou plutôt supracorporels et spirituels, d'une manière aussi éminente que Dieu; il faut dire en outre qu'ils ne sont pas, comparés à Dieu, absolument incorporels et spirituels, par conséquent qu'ils sont, en un certain sens, corporels et non purement spirituels. Et de même qu'ils ont cela de commun avec le corps qu'ils sont limités et restreints dans leur être, qu'ils sont en rapport avec l'espace et peuvent être saisis par une connaissance bornée (topiXyitttoi, xwpYjToC comprehensibiles) ; de même ils peuvent devenir visibles sous des formes corporelles d'une manière qui est impossible à Dieu à cause de son infinité, en ce sens que la forme corporelle strictement délimitée constitue en quelque sorte l'espace où leur substance est comprise, suivant ce qui a lieu pour l'àme humaine en vertu de son union naturelle avec le corps.

157. — C'est parce que les Pères ont si fortement accentué ces doctrines que leur langage sur l'incorporalité, la spiritualité et l'invisibilité des anges offre de si grandes variétés; plusieurs n'expriment pas d'une manière assez parfaite et précise, dans les deux sens, l'idée correspondante de la substance des anges. Cette idée, ils semblent la confondre par l'expression, et peut-être en réalité, avec l'idée d'un corps éthéré qui envelopperait le principe spirituel.

DÉVELOPPEMENTS

158. — En ce qui est de la doctrine de l'Eglise, il faut entendre dans un sens rigoureux, tant que des raisons n'obligent pas de faire le contraire, les expressions usitées de temps immémorial dans les formules de foi et dans les

Pères : invisibilia (Symb. Nie), incorporalia (àcwiJLaTa, fréquent chez les Pères), et creiitura spiritualis (Later. IV). Les conciles de Latran et du Vatican expliquent en outre dans quel sens ils entendent la « créature spirituelle, » en la mettant en contraste avec l'homme, qui réunit en lui la créature spirituelle et la créature corporelle. Ils excluent par cela même de la créature spirituelle l'élément corporel qui s'ajoute à l'esprit humain, et ils entendent ici par créature spirituelle la créature angélique.

Ainsi, pour être en droit de soutenir que le concile de Latran n'a pas formellement défini la pure spiritualité des anges, il faudrait, comme en ce qui regarde leur création, prouver que l'intention du concile était, non pas précisément de déterminer la nature des êtres créés, mais la nature de leur divine origine. Et quand il l'aurait voulu, cela n'autoriserait pas encore à négliger le sens littéral, d'autant plus qu'après le concile de Latran on a généralement cessé de nier la corporaliié des anges, et que le petit nombre des théologiens qui la défendaient encore, comme Steuchus, Eugubinus et Cajetan, ont été vivement blâmés par les autres.

Contre cette décision, on invoque vainement le septième concile, acte v, en prétendant que ce concile a défini qu'on pouvait représenter les anges par des images, parce qu'ils sont corporels, et en alléguant pour preuve que ce concile a approuvé le texte de Jean de Thessalonique (voy. ci-dessus, n. 53). Le concile n'a approuvé de ce texte que la conclusion de Taraise qui en est tirée : Ostendit pater (Joannes Thessal.) quod et angelos oporteat pingi. quoniam circumscripti simt et multis apparuerunt. La réponse suivante i\\i concile : Etiam, Domine, qui du reste n'est pas une définition, prouve au contraire qu'on n'attachait pas d'importance à la suite des explications de Jean de Thessalonique.

159. — L'Ecriture sainte ne se prononce nulle part ex professa et directement sur la nature des anges, car ces paroles du Psaume cm, 4 : Qui facis angelos tuos spiritus et ministros tuos ignem urentem (Hebr., i, 7; d'après les Septante : flammam ignis) ne sont sans doute qu'une expression symbolique de l'activité des anges, en sorte que spiritus, qui

est ici parallèle à ignis urens^ doit se traduire par « vent ^. » Le sens est donc celui-ci : Dieu fait ses anges rapides comme le vent et efficaces comme le feu. D'autre part, l'Ecriture sainte ne parle jamais du corps des anges de manière à faire croire qu'ils ne l'ont pas adopté, mais qu'il fait partie de leur nature; elle ne parle pas davantage, comme saint ilugustin le faisait déjà remarquer, Retract., lib. I, cap. xi, des âmes ou des esprits des anges, ce qui serait cependant tout naturel si elle supposait qu'ils ont un corps semblable à celui de l'homme. Qu'il s'agisse des bons anges ou des mauvais, l'Ecriture les appelle simplement « esprits. » C'est notamment le langage de saint Paul, Hebr., i, 4 : Nonne omnes sunt administratorii spiritus? et il est dit d'une partie des anges, Apoc, i, 4 : Et a septem spiritibus, qui in conspectu throni illius sunt. Le terme d'esprit est surtout appliqué aux mauvais anges, Matth., viii, 16 : Ejiciebat spiritus; Luc, x, 20 : Spiritus vobis subjiciuntur ; Luc, xi, 24 et suiv. : Immun-

dus spiritus assumit septem alios spiritus secum nequiores se;

Eph., VI, 12 : Non est nobis collactatio adversus carnem et san"

guinem, sed contra spiritualia nequitice.

Cette façon invariable de parler serait absolument forcée si les anges n'étaient pas de purs esprits. Ajoutez que dans les Actes, xxiii, 8, la négation de l'existence des anges par les sadducéens est mise sur la même ligne que la négation de la survivance de l'esprit humain après la mort : Sadducœi enim dicunt non esse resurrectionem, neque angelum, neque spi" ritum ; c'est-à-dire, ils nient la résurrection précisément parce qu'ils nient toute vie spirituelle en dehors du corps; tandis que la résurrection doit être essentiellement conçue comme la réunion avec le corps d'un principe spirituel subsistant par soi-même.

* Plusieurs exégètes doutent également si, dans le texte primitif du psaume, il est en général question des anges, car Maleachim n'ayant point d'article dans ce psaume, n'est pas nécessairement sujet. Le contexte semble plutôt indiquer que ce sont les vents et le feu qui seraient désignés comme des messagers de Dieu. Cependant ces raisons ne sont pas assez fortes pour permettre d'abandonner raj)plication que fait saint Paul de la version des Septante dans une argumentation dogmatique. De plus, le pluriel ministros, comme prédicat de ignis urens, serait trop dur. Voyez au surplus Estius, in Epist. ad Hebr., oc. cit.

160. — Par contre, ce que l'Ecriture sainte dit des apparitions d'anges, de la nourriture et de la boisson qu'ils prennent, doit d'autant plus s'entendre des corps qu'ils ont revêtus que ces apparitions ont eu lieu sous les formes les pins diverses, et que le « manger, » d'après les paroles de Raphaël à Tobie, ne peut pas s'entendre d'un besoin des anges. L'influence des choses sensibles, comme celle du jeu de la guitare (I Rois, xvi, 23), de la vapeur du foie {Tob., VI, 14), notamment sur les mauvais esprits, doit s'interpréter d'une influence indirecte ou morale. D'autres expressions sont évidemment symboliques, comme lorsqu'il est dit qu'Asmodée fut lié par Raphaël dans le désert (Tob., viii, 3), et le detrnhl rudentibiis in tartarum ( II Pères, ii, 4). — Sur la forme des ange?, leurs apparitions, leurs attributs corporels, voyez Scholz, op. cit., t. II, p. 37 et suiv. — Quant aux souffrances des démons dans le feu de l'enfer, elles supposent nécessairement une influence surnaturelle; nous y reviendrons en son lieu.

161. — Les Pères de toutes les époques emploient constamment des expressions générales qui énoncent dans leur sens naturel la pure spiritualité des anges, comme spiritus incorporei, invisibiles *. Plusieurs renforcent encore ces locutions en y ajoutant àOXot, immateriales, simpHces, etc. ^; mais les termes les plus décisifs sont ceux qui appellent les anges

vo£ç et voepoC vo'/iTOi et VW [J.OVW XviTlTOl ^.

162. — Si plusieurs Pères disent que les anges sont en même temps corporels, cela n'est pas contradictoire « en soi » à l'incorporalité, c'est-à-dire à l'exclusion d'une partie corporelle constitutive; car, ainsi que l'expliquent quelques-uns, on en peut dire autant non-seulement de Thomme, mais encore de Tàme humaine, Gennad., Eccl. dogm., c. xii : « Creatura omnis corporea est. Angeli et » omnes cœlestes virtutes corporeae, licet non carne sub- » sistant. Ex eo autem credimus corporales cœlestes » naturas, quod localiter circumscrlbuntur, sicut et anima » humana, quae carne clauditur. »

• Voy. Pétau, livre I, ch. iv.

'Pétau, loc. cit.

3 Voyez surtout S. Basile, in Hexaem.,h.. i,Ti. 5; Greg. Naz., Oraf. xxxviii, n. 9-10 (Voy. ci-dessus n. 126); Greg. Nyss. et Max. Conf., dans Pétau, loc. ciu

D'autres remarquent qu'on peut parler des anges à un double point de vue, suivant qu'on prend l'homme ou Dieu pour mesure, par exemple saint Jean Damascène, De fide orth., lib. II, cap. m : « Incorporeus (Angélus) immaterialis » dicitur quantum ad nos; nam omne ad Deum coUatum, » qui solus incorporalis est, crassum et materiale repe- » ritur. »

C'est là ce qui explique pourquoi les Grecs concluaient qu'un être est visible ou peut devenir visible parce qu'il est fini, d'autant plus qu'ils étaient habitués à exprimer l'invisibilité de Dieu, en même temps que son incompréhensibilité et son impossibilité d'être compris dans l'espace, par la seule expression de axwpYixoç. (Voy. livre II, n. 275.)

163. — Ils ne sont pas davantage contraires à la pure spiritualité les Pères qui (d'après le Psaume cm, 4, ou Hebr., viii, 7) prennent le terme de tzveZixoc dans le sens d'air ou de vent, de même qu'ils emploient le mot « feu » pour caractériser la substance des anges. Il sufRt de considérer ce terme comme une expression symbolique de la subtilité de la substance angélique. On doit même le prendre ainsi, 1° parce que la plupart de ces Pères n'entendent pas que la substance des anges soit composée en partie d'air ou de feu et d'esprit; ils l'appellent simplement « air et feu; » 2^ parce qu'ils la nomment çà et là un feu intelligent ou immatériel et qu'ils ne décident pas quelle substance éthérée s'on rapproche le plus, (surtout saint Grégoire de Nazianze, orat. XXXVIII : « Atque ita secundi splendores procreati » sunt, primi splendoris administri, sive intelligentes spi- » ritus (voepà TtveuîJiaTa), sive ignem velut materiae expertem et » incorporeum, sive aliam quamdam naturam ad has proxime » accedentem eos existimare oporteat. » De même saint Basile, de Spir. S., c. xvi : « Substantia earum (cœlestium » virtutum) quasi {si Tuxot, peut être) spiritus est aërius aut » ignis immaterialis) ; » 3" parce qu'ils expliquent formellement la signification symbolique de ces noms, qu'ils assimilent aux noms analogues de Dieu, par exemple saint Grégoire de Nazianze, Orat. theolog., 2 (28, al. 34), siib fine. Ce dernier s'applique à démontrer que ce qui est vrai de Dieu, à savoir que nous ne pouvons le connaître que par les sens et par des images sensibles, c'est-à-dire d'une manière

imparfaite, l'est également des anges : « Etiam hanc (intel-

' » ligibilem et cœlestem naturara), quamvis incorporalis sit, y> non possumus incorporeo modo (sine imaginibus corpora- » libus) videre, quippe quae ignis et spiritus appelletur vel » sit (id est ut ignis et spiritus nobis sistatur)... Spiritus » autem audit et ignis; illud ut natura intelligibilis, hoc ut » purificatoria, quoniam et primse substantise (Deo) scio has » appellationes esse. Caeterum sit nobis utique incorporalis, » vel quam proxime ad hoc accedens. » Cette symbolique est plus clairement expliquée dans Denis l'Areopagite, cap. XV, qui déclare expressément : « Sacram illam igneam » descriptionem significare cœlestium intelligentiarum maxi- » mam cum Deo conformitatem ; sancti siquidem theologi » superessentialem essentiam in igné ssepe describunt, » velut qui multas quodammodo visibiles divinse proprie- » tatis imagines prse se ferat; » et dans saint Jean Damascène, /. c. : « Angelorum opifex eos ex nihilo produxit et ad » imaginem suam creavit, naturam incorpoream, velut spi- » ritum quemdam aut ignem materia vacuum, quemadmodum » divinus David ait : Qui facit Angelos siios spiritus et » ministros siios flammam ignis ^ quibus eorum levitatem,

^ » ardorem, fervorem, penetrabilitatem et acrimoniam, qua

» Deum desiderant eique inserviunt, describit, atque indicat

» eos ad superna ferri et ab omni materiali cogitatione

» exemtos esse. »

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