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A LA PARTICIPATION DE SA GLOIRE ET DE SA VIE

§ 162. Doctrine de l'Ecriture sainte sur l'union surnaturelle de rbomme avec Dieu, surtout en qualité d'enfant adoptif.

Ouvrages à consulter : Kleutgen, Théol., t. II, sect. vi, cap. iv-v, etsect. IX, chap. ii, § 2; de Schsetzler, Naturund Gnade, cap. xxi et suiv.; mon ouvrage. Nature et Grâce (en allem.), p. 84-111.

654. — La doctrine de la destination surnaturelle de la créature raisonnable ne doit pas être cherchée dans l'Ancien Testament, mais dans le Nouveau. Cette destination existait sans doute dès l'origine, mais dans l'ancienne loi, l'homme était surtout envisagé comme « esclave, » et non comme « enfant de Dieu, » d'après ce mot de l'Apôtre : Quanto tempore hœres parvulus, nihil differt a servo (GaL, iv, I). Cependant, ce sont justement les relations spéciales du peuple élu avec le Seigneur que l'Apôtre désigne par le terme d' « adoption des enfants » (utoôsata) ; c'est là le type de l'adoption spirituelle dont Jésus-Christ allait être ^e médiateur. On trouve dans les livres de la Sagesse, ainsi que dans les prophètes, qui forment la transition de la loi à l'Evangile, de nombreux passages indiquant entre Dieu et la créature des relations qui rappellent, par leur intimité et leur familiarité, celles qui existent entre les hommes; de sorte qu'on est forcé de les considérer comme absolument surnaturelles,

car elles se confondent avec celles que le Nouveau Testament qualifie de « iiliation adoptive. »

DÉVELOPPEMENTS

655. — Plusieurs Pères trouvent la destination et l'instiluiion surnaturelle de l'homme indiquée dans ce passage du récit de la création : Ad maginew et simUitudinem, et inspîravit spiraciilum vitœ; — mais on ne doit l'entendre que dans le sens indiqué n. 321. — Chose remarquab' \ ' ^ nom de ^< lils de Dieu, » ou de primogenittiSy n'est généralement donné qu'au peuple tout entier, et non à des personnes isolées; du moins ne l'est-il qu'à celles qui, comme Salomon, étaient des types spéciaux de Jésus-Christ (voy. livre II, n. 729). Les relations surnaturelles de l'homme à Dieu sont exprimées pour la première fois, et dans les termes les plus forts, au psaume xliv et dans le Cantique des Cantiques, où la créature apparaît comme « l'épouse, la sœur et l'amie de Dieii; » i)uis dans ces passages : Pfov.,vni, Sag., vu et suiv. (expliqués livre II, n. 805 et suiv.), relatifs à la Sagesse éternelle et à ses rapports tendres et affectueux avec les hommes, rapports qui indiquent une alliance étroite et une abondante communication de faveurs. Sur la différence et l'opposition entre les idées et le langage de l'Ancien Testament et celui du Nouveau, voyez les remarques spirituelles de Wiseman, les Miracles de l'Evangile.

656. — Dans le Nouveau Testament, la société surnatuicile de l'homme avec Dieu est énoncée en une multitude de passages parfaitement clairs et décisifs ; il y est traité de l'excellence de la vocation qui a été rendue aux hommes par Jésus-Christ et des richesses de la grâce qu'elle procure, en un mot du fond sublime de l'Evangile (joyeuse nouvelle). Quoique l'union de l'homme avec Dieu ait reçu de Jésus- Christ une consécration et une solidité qu'elle n'avait pas en dehors de l'incarnation, cependant la vie que l'homme reçoit de Jésus-Christ comme chef du genre humain et l'union avec Dieu qui dépend de cette vie, n'est pas diiïérente de celle à laquelle l'homme, ainsi que les anges, était

destiné avant le péché. L'homme n'a obtenu par l'incarnaiion qu'un titre nouveau et [jIus élevé à cette vie et aux «Ions qui la concernent.

Ici se rapportent surtout les discours du Sauveur lui-même, Jean, vi, et xiv-xvii ; le prologue de Tévangile de saint Jean, conf. I Jean, i et m, puis les introductions de plusieurs épîtres des apôtres^ qui relèvent l'excellence de la vocation et du bonheur des chrétiens (comme dans I Cor., i-ii; Eph., i; Coloss., i; I Pierre, i, et II Pierre, i; dans saint Paul : Rom., viii et Gai., iv).Nous allons consigner Ici, sous certains chefs principaux, la doctrine du Nouveau Testament.

657. — I. L'Ecriture sainte appelle la vocation de l'homme à la société effective qui lui est destinée avec Dieu, un grand mystère caché en Dieu, « supérieur à toute conception humaine, » et que le propre esprit de Dieu, cet esprit qui scrute les profondeurs de la divinité, peut seul pénétrer. Or, la destinée de Thomnie ne serait pas un pareil mystère, si elle lui était naturelle et n'eût été perdue que par le pééhé; car une destinée naturelle doit être naturellement connaissable, et pour acquérir une telle connaissance, il suffit d'étudier la nature humaine; pas n'est besoin de scruter les « profondeurs de Dieu. »

658. — Comparez I Cor.., i-ii, surtout ii, vers, vu et suiv. : Loquim.ur Dei sapientiam in mysterio, quœ abscondita est., quam prœdestinavit Deus ante sœcula in gloriam nosiram, quam nemo principum hiijus sœculi cognovit; si enim cognovissent, numquam Dominum gloriœ crucifixissenl . Sed slcut scripium est : Quod ocnlus non vidit, nec auris audivit, nec in cor hominis ascendit^ quœ prœparavit Deus illis qui diligunt eiim; nobis autem, rêvelavit Deus per Spiritum suum. Spiritus enim omnia scratatur, etiam profunda Dei. Quis enim hominum scil quœ sunt hominis, nisi spiritus homims, qui in ipso est? ita et quœ Dei sunt, nemo cognovit, nisi Spiritus Dei. Nos autem non spiritum hujus mundi accepimus, sed Spiritum, qui ex Deo est, ut sciamus quœ a Dec donata sunt nobis.

659. — II. La destinée effective de l'homme doit surtout apparaître comme absolument surnaturelle quand on considère les expressions par lesquelles saint Paul dépeint sa grandeur et son excellence par dessus toutes nos concep-

tions; quand il dit que son accomplissement par l'incarnation est une manifestation miraculeuse de la puissance, de la majesté et de l'amour de Dieu.

660 —Comparez Eph., i, 15 et suiv. : Non cesso grattas agens pro vobis, memoriam restri faciens in orationibus meis, ut Dens Domini nostri Jesu Christi, pater gloriœ, del vobis spiritum sapieutiœ et recelât ionis in agnitione ejns; illuminatos oculos coriiis restri. ut sciatis qiiœ nt spes vocatioriis ejns, et quœ divitiœ gloriœ hœrcditatis ejiis in sanctis. et quœ sit supereminens magnitudo virtutis ejus in nos, qui credimns seciindum operationem potentiœ virtutis ejus. Ib., m, 17 et suiv. : Flecto genua mea... ut det vobis secundum. divitias gloriœ siiœ, virtute corroborari per Spiritum ejus in interiorem lioîninem... ut possitis comprehendere cum omnibus sanctis quœ sit latitudo et longitudo, et subi imitas et profundum; scire etiam supereminentem scientiœ charitatem Christi, ut impleamini in omnem plenitudinem Dei, El autem qui potens est omnia facere super abundanter quam p?timus aut intelligimus, secundum virtutem quœ operatur in nobis. ipsi gloria... Col., i, 10 et suiv. : ... tU ambuletis digne Deo, ... in omni virtute confortati secundiun potentiam claritatis ejus; 26 et suiv. : mysterium ,quod absconditum fuit sœculis et generationibus, nunc autem manifestatum est sanctis ejns, quitus voluit Dtus notas facere divitias gloriœ sacramenti hujus in gentibus, quod est Christus, in vobis spes gloriœ. II Petr., i, 4 : Per quem maxima et pretiosa vobis promissa donavit.

661. — III. La condition, la vie, les biens auxquels les hommes sont appelés de fait, l'Ecriture sainte les résume en disant que l'homme, par la bonté et la bénignité de Dieu, a été tiré de la servitude et élevé à la dignité d'enfant adoptif, ou, plus exactement, à la « filiation adoptive de Dieu. » Ainsi que le montre déjà cette expression souvent employée par saint Paul, et comme il est indubitable par d'autres locutions plus précises de l'Ecriture, la qualité d*enfant de Dieu n'implique pas seulement un rapport natu- I rel détruit par le péché et rétabli ensuite par une simple rémission du péché; ce n'est pas un rapport avec Dieu comme avec un maître bienveillant et gracieux, mais un rapport spécial, élevé au-dessus de la bassesse naturelle de

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