‹ La Théologie dogmatiqueChapitre 64 sur 88 · Ce sens de la doctrine scolastique est évident · texte numérisé non relu

Ce sens de la doctrine scolastique est évident

dans saint Thomas. En face des naturalistes de son temps j|j; qui niaient l'existence de la vocation surnaturelle, il tenait à insister sur le désir naturel du surnaturel, afin de montrer

que l'orgueil borné de ces philosophes empêchait la raison de prendre son vol le plus élevé et de trouver sa suprême satisfaction (voyez surtout Contra gent., lib. III, cap. l). Mais il nie formellement que le désir naturel conduise réellement au but ou implique une coordination au but, par exemple dans I Part., quœst. lxii, art. ii : « Inclinatio » voluntatis est ad id quod est conveniens secundum natu- » ram... Videre autem Deum, in quo ultima béatitude ratio- » nalis creaturae consistit, est supra naturam cujuslibet » intellectus creati. Unde nul la creatura rationalis potest » habere actum voluntatis ordinatiim ad illam beatitudinem, » nisi mota a supernaturali agente ; » et De verit., quaest. xxvii, art. II : « Aliud est bonum naturse humanse proportionem » excedens, quia ad ipsum obtinendum vires naturales non » sufRciunt, nec ad cogitandiim vel desiderandum, sed ex sola » divina liberalitate repromittitur : et hoc est vita seterna. » De même il n'appelle jamais la vision béatifique firds ou beatitudo natiiralis, tandis qu'il nomme toujours ainsi la félicité « proportionnée » à la nature et distincte de la vision. Cf. De Rubeis, De pecc. orig.. c. xxxviii.

714. — V. La parfaite gratuité de la vision béatifique suppose évidemment qu'on peut concevoir en dehors d'elle, pour la créature raisonnable^ une autre perfection, une félicité purement naturelle, car il est nécessaire que la créature soit appelée à une félicité quelconque. Cependant comme la nature n'est pas appelée de fait à une destinée purement naturelle, il n'est pas étonnant que la révélation a'enseigne rien de précis à cet égard et que les Pères ne traitent pas cette question en détail. Ce fut seulement après |ue la scolastique eut pleinement établi et développé sous ;ous ses aspects la doctrine de la fin surnaturelle, qu'on l'occupa de la félicité naturelle, dont la foi admettait taciement la possibilité, et qu'on se mit à étudier sa nature et .es qualités. Cependant, ni la théologie, ni la philosophie le peuvent la déterminer que dans ses traits généraux, en lisant qu'elle consiste dans une connaissance et un amour e Dieu que l'on peut acquérir par la révélation de Dieu ans les créatures. (Voy. ci-dessus § 15.) jK^iruj

Page 1