IV. — III. DOGMATIQUE
802. — Pour distinguer d'avec les vertus surnaturelles cet « être divin et spirituel » de l'âme, qui est le produit fondamental de la nouvelle naissance, les théologiens l'appellent simplement « l'être surnaturel » de l'âme. Sans doute on peut dire aussi que les vertus surnaturelles confèrent un être, une vie supérieure, qu'elles viennent en aide à nos facultés et à nos inclinations, car elles n'impliquent pas seulement une aptitude extérieure et morale, un état des forces de l'âme, une vocation à exercer certains actes^ mais encore une aptitude intérieure physique, c'est-à-dire une nouvelle manière d'être et une capacité nouvelle. Sous le rapport formel, cependant, cet être et cette vie ne sont qu'un état plus élevé des facultés de l'âme; ils demandent pour complément et pour base un autre être et une autre vie, afin que l'âme soit également ennoblie et transfigurée dans son essence, en tant qu'elle est le support et le centre de ses facultés; puis dans sa nature, en tant qu'elle est le fondement intime de toute sa vie.
Et ce dernier être doit être aussi bien une aptitude intime, réelle et physique, que celui des forces de l'âme; il doit donc impliquer dans la nature même de l'âme une qualité supérieure, et non pas seulement un rapport externe et moral avec une autre nature ou personne.
803. — Dans leur rapport positif avec cette manière d'être supérieure, les vertus théologales n'apparaissent que comme des attributs naturels de la magnificence des enfants de Dieu, dont elles reçoivent leur plein éclat; ce sont comme des pierreries sur un riche vêtement, comme des couleurs éclairées par la lumière, ou mieux encore comme les différents rayons d'un foyer lumineux qui du point central de l'esprit répand sa clarté sur les forces de l'esprit. Il faut ajouter, cependant, pour exprimer parfaitement ce rapport, que la nature supérieure des enfants de Dieu est aux vertus surnaturelles de l'âme ce que l'état substantiel de l'âme est à ses forces; elle est la racine vivante qui fait prospérer, qui supporte, détermine, nourrit les vertus; elle est, comme la nature de l'âme pour les vertus naturelles, le but et la mesure qui permet d'apprécier si les vertus surnaturelles sont ce qu'elles doivent être.