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CHAPITRE II Des tempéraments

On entend par tempérament certaines différences physiques et morales remarquables, que présentent les hommes, et qui dépendent de la variété des rapports des organes et des proportions de l'organisation humaine.

Ce qui établit donc essentiellement le tempérament, c'est la prédominance d'organisation et d'action d'un système d'organes sur les autres. Ainsi, si le système sanguin ou circulatoire, par son développement inné ou acquis, prévaut sur tous les autres systèmes, le tempérament sera sanguin, et ainsi des autres. Il est aujourd'hui inutile de cherchera démontrer la grande inlluence qu'exerce le physique sur le moral; c'est là une vérité devenue banale à force d'être rebattue et répétée par tous les esprits. Mais ce qui est moins connu, c'est l'immense influence des tempéraments sur le moral ou sur les facultés intellectuelles, morales et même sociales de l'homme, c'est-à-dire sur son âme, son esprit, son génie, son caractère, son humeur, ses goûts, ses inclinations, sa moralité, son heureuse aptitude à la vertu, son malheureux penchant au vice, sa sociabilité, etc., etc.

Pour que l'économie humaine soit parfaitement harmonique, au physique comme au moral, il faut empêcher, autant que possible , qu'aucun système d'organes, ou, si l'on veut, un tempérament, n'acquière une trop grande prépondérance sur les autres et aux dépens des autres : car dans tout état d'association, le superflu de l'un est le nécessaire de l'autre. Les inégalités excessives deviennent toujours l'origine de toutes sortes de désordres et de perturbations. La

santé parfaite du corps et de l'âme sera le résultat des mouvements harmoniques de la machine humaine, dont toutes les puissances, dans l'unité physiologique, sont sans cesse maintenues dans une juste et égale pondération. Ainsi le meilleur tempérament serait de n'en avoir aucun, c'est-à-dire qu'alors existerait l'heureuse condition d'un parfait équilibre entre toutes les actions organiques. Ce serait le tempérament tempéré des anciens, lemperamentum temperatum ou ad pondus de Galien. Mais c'est là une perfection idéale, c'est comme le beau idéal physique ou la beauté typique représentée par le fameux Apollon du Belvédère, dont l'original ou le modèle vivant ne fut nulle part.

[Le tempérament étant déterminé par la prédominance d'organisation et d'action d'un système d'organes, le nombre des tempéraments doit suivre le nombre de ces systèmes. Il se bornera à trois, si l'on ne considère que les plus généraux et les plus élémentaires; c'est-à-dire, le système nerveux, le système sanguin, le système lymphatique. On pourra au contraire en étendre beaucoup le nombre, si l'on ajoute à ces systèmes généraux certains organes importants, tels que le foie, les organes de la génération, dont l'activité ne peut s'exagérer, sans que l'économie tout ' entière en ressente comme le contre-coup. Il en résulte comme une manière d'être particulière : tels sont l'état bilieux, l'état erotique.

En somme, on reconnaîtra trois principaux types de tempérament : le tempérament nerveux, le tempérament sanguin, le tempérament lymphatique; et on pourra y ajouter comme secondaires les tempéraments bilieux et erotique. Quelques variétés d'ailleurs peuvent résulter de la combinaison de plusieurs de ces formes entre elles; c'est ainsi qu'on observe des nuances variées ; parmi, elles , nous citerons le tempérament mélancolique, dont l'importance a paru

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