CHAPITRE PREMIER
De l'onanisme ou masturbation, manustrupatio, souillure manuelle, incontiuenec secrète, ou mollities, selon le langage des théologiens.
§ 1er. — RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES.
Tout le monde sait en quoi consiste l'acte honteux et criminel qu'exprime le mot onanisme ou masturbation. Aucun vice aujourd'hui n'est à la fois et plus fréquent et plus funeste à la jeunesse. On l'a rencontré dans tous les âges, depuis l'enfant encore couché dans son berceau, jusqu'au vieillard décrépit gisant sur son grabat. Mais c'est surtout à la puberté, ou de quatorze à vingt ans, que l'onanisme exerce dans les deux sexes ses plus déplorables ravages. Il ne sera question ici que delà masturbation chez l'homme. Dans un autre chapitre on examinera avec détail cette dégradante et tyrannique passion dans l'autre sexe.
Nous devons convenir qu'aujourd'hui, au moins dans le sexe masculin, la masturbation est généralement assez connue des moralistes ; c'est pourquoi nous n'aurons pas besoin de nous appesantir beaucoup sur l'exposition des détails de cette honteuse manœuvre de la jeunesse.