‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 17 sur 99 · INFLEXIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

INFLEXIONS PRÉLIMINAIRES

[La masturbation et la pollution qui en est la consommation ou la conséquence, constituent ce qu'on appelle en physiologie, un acte réflexe. L'impression sensitive portée sur les organes génitaux externes, est conduite, par les nerfs affectés à la sensibilité, de ces organes, aux centres nerveux chargés de présider à leurs fonctions. Elle détermine dans ces centres une sensation spéciale, un commencement d'ébranlement qui se communique à la totalité du système nerveux; puis, se réfléchissant sur les nerfs de mouvement, cette impression se transforme en réaction motrice, et aboutit au spasme vénérien et à l'éjaculation de la liqueur spermatique, en même temps que se produit un redoublement d'ébranlement nerveux.

Quand cet ensemble fonctionnel se reproduit souvent, le système nerveux demeure dans un état d'impressionnabilité telle que la sensation la plus légère, reçue par les organes externes, sera ressentie par lui comme une vive excitation, et suivie aussitôt de toute la réaction dont il reste capable. Et comme l'épuisejnent nerveux suit inévitablement toute activité exagérée de ce système, toutes les manifestations de la débilité et de l'impuissance ne tardent pas à suivre de tels abus.

Sans doute, toute impression qui vient du dehors et qui modifie l'un quelconque denos sens, peut provoquer de même un acte réflexe; mais cet acte n'entraîne aucune sensation spéciale, autre que celle qui résulte de lamise en activité de nos organes, quels qu'ils soient ; sensation agréable si cette activité est produite dans la mesure, et selon la finalité de l'organe mis en jeu, sensation désagréable dans le cas contraire. De là la delectatio sensibilis, à laquelle il n'y a pas lieu de se soustraire, bien qu'il ne soit pas bon d'agir dans le seul but de la provoquer et de la ressentir. Mais la delectatio venerea est toute différente, sinon dans son mécanisme, du moins dans ses conséquences, ainsi

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qu'on vient de le voir : le redoublement d'impression dont elle s'accompagne donne aux sensations qui en résultent, une portée et un caractère à part. On comprend par là qu'il y ait à redouter la délectation vénérienne beaucoup plus que la délectation simple, et que l'abus de la première soit de beaucoup plus grave que l'abus de l'autre. Le premier constitue la luxure et le second la sensualité.

Toutefois, la distance qui sépare ces deux modes de la sensibilité n'est pas telle que le passage de l'un à l'autre ne soit facile. Dans l'état normal, une impression produite sur un des appareils des sens externes, détermine dans le centre nerveux correspondant, une sensation spéciale à l'appareil mis en jeu; et cette sensation ne se transforme en mouvement, que dans la mesure où cela est nécessaire, soit à la perception sensorielle elle-même, soit à la conservation de son organe. Dans l'appareil génital, la sensation partie des organes génitaux externes donne lieu à un mouvement réflexe, et ce mouvement est à son tour le point de départ de nouvelles impressions sensibles, dont la réunion aboutit à l'orgasme vénérien et détermine l'émission spermatique.

Or, chez certains sujets, et le plus souvent sous l'influence de dispositions morbides, une impression portée sur l'un quelconque des sens externes retentit sur l'appareil génital, comme si elle eût'été portée directement sur les organes de la génération . On voit ainsi certaines personnes éprouver l'orgasme vénérien, àl'occasion de certaines impressions portées sur des parties totalement étrangères à l'appareil génital, à la tête ou aux membres par exemple. J'ai entendu citer le cas d'une personne, qui ne pouvait toucher une petite verrue qu'elle portait à la face, sans ressentir la délectation vénérienne. Dans certains cas d'hystérie, par exemple, il n'est pas rare de voir des impressions qui sont habituellement douloureuses.une pression violente

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