CHAPITRE VI
Impuissance. — Incube et succube.
Un mot sur l'impuissance morale ou purement nerveuse, c'est-à-dire l'impuissance virile indépendante de toute lésion ou vice physique ou organique, qui cause plus particulièrement la stérilité.
146 MGECniALOGIE.
Les théologiens attribuent ordinairement l'impuissance nerveuseà un maléfice, ou à l'opération du démon : c'est ce qu'on appelle vulgairement et superstitieusement le nomment de V aiguillette. Mais le plus souvent on a pris pour un maléfice, ce qui n'était que l'effet d'une imagination fortement frappée, exaltée, troublée ou intimidée , sidérée , paralysée par la crainte d'être subitement impuissant; ou, par des prédictions ou des menaces antérieures d'impuissance ou de vouement de l'aiguillette. Quelquefois on a vu de soudaines impuissances produites par un sentiment subit de honte, de timidité ou de crainte révérentielle, ou d'aversion, d'antipathie et de dégoût imprévu, déterminé par certaines découvertes inopportunes que font quelquefois les nouveaux mariés, d'autres fois aussi par un excès erotique, une passion excessive ou une trop grande préoccupation ou précipitation.
Un auteur de théologie morale que nous aimons à citer, parce qu'il nous paraît en général plus avancé que tous les autres dans le chemin de la vérité ou de la science de l'homme, M. Vernier, presque physiologiste, s'exprime ainsi : « Impotentia ab extrinseco « veniens ordinariè est ex maleficio, cui tamen raro credendum, si forsan nunc aliquando. » [Theologia practica, t. II, p. 564.)
Nous pensons de même ; et, pour ne pas paraître parler ici trop en médecin, nous dirons qu'à nos yeux le maléfice, dans l'espèce, est, aujourd'hui au moins, extrêmement rare. S'il faut reconnaître la fréquence des impuissances indépendantes des lésions ou des vices onganiques ou physiques, et nous les reconnaissons formellement, il faut les attribuer le