‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 43 sur 99 · RÉFUTATION DES ASSERTIONS DE M. VELPEAU · texte numérisé non relu

RÉFUTATION DES ASSERTIONS DE M. VELPEAU

Si l'on ne veut pas recevoir en faveur de Cangianrila un témoignage obscur, qui n'a d'autre appui que l'inflexible logique, que l'on écoute au moins une grande, une illustre autorité. Voici le témoignage de Benoit XIV en faveur de l'embryologie :

Ad comprobandam verô utilitatem et nesessitatem seclionis cœsmrœ, cùm prersertim defunctâ maire conjicere licet illius prolem in utero extinctam non esset peculiarem librum edidif Franciscus Emmanuel Cangiamila, impression Panormi, in quo solidis argumentis et maltâ érudition» susceptnm causam agerenon prretermisit. De synodo dicecesanâ, lib. II, c. vu, p. 410, § 13.)

Le même pape, dans sa lettre à M. Cangiamila, écrite de Rome le 26 mars 1756, s'exprime ainsi :

Satis ïihenter, m nostro de Synodo diœcesanà tractât u, libritui de cœsureo partu fecimus mentionem; guippè tnm r/d temporale m, lum ad alternant hominum vitam muliô conducibilis.

Si vous rejetez cette grave autorité comme incompétente, dans la matière, je vous opposerai l'autorité imposante de l'Académie de chirurgie de Paris, qui a donné son approbation à l'ouvrage de Cangiamila par son organe, le célèbre Louis, son secrétaire perpétuel, comme on peut le voir par l'extrait suivant :

Extrait des registres de V Académie royale de chirurgie.

o M. l'abbé Dinouart, chanoine de Saint-Benoît, a présenté un volume de Y Embryologie sacrée, ouvrage traduit et abrégé du latin de feu M. Cangiamila, chanoine théologal de l'église de Palerme, etc. MM. Sue et Vermond, nommés commissaires pour l'examen de ce livre, ayant fait leur rapport, l'Académie a jugé que M. l'abbé Dinouart méritait des éloges pour avoir mis à la portée de tout le monde un ouvrage très savant, dicté par le plus grand zèle pour le salut

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éternel des enfants, souvent en danger, faute de pratiquer l'opération césarienne, et dans lequel on traite un grand nombre de questions curieuses et utiles, qui doivent en rendre la lecture recommandable, surtout par les avantages que la religion et l'État peuvent en retirer. A Paris, le 20 février 17G6. »

Si les assertions de M. Velpeau n'avaient pas été réfutées victorieusement (et pour cela certes il n'a pas fallu de grands frais d'érudition et de logique, il n'a fallu que redresser les faits et les chiffres), les hommes de l'art se seraient crus autorisés, en vertu des progrès récents de la science, et contre les justes réclamations de l'Église, représentée par ses ministres, les curés et leurs vicaires, à décider, le cas échéant, qu'il n'y a point lieu à faire l'opération césarienne, vu que l'enfant meurt avec la mère. Voilà, eût-on dit, l'état actuel de la science. Devant cette déclaration solennelle et sacramentelle, à laquelle souvent peut-être la famille de la défunte n'aurait pas manqué d'applaudir , le prêtre se serait retiré en gémissant, et l'enfant eût été privé du sacrement de baptême. Et, en effet, un grand nombre de faits ne prouvent que trop, combien cette funeste doctrine semble généralement prévaloir aujourd'hui, pour la perte éternelle d'un grand nombre d'âmes. L'on a vu sur quel fondement elle repose : sur des citations fausses, des erreurs de chiffres, une statistique incomplète et des inductions illégitimes, illogiques et complètement erronées.

M. Moreau, professeur d'accouchements à la Faculté de médecine de Paris, enseigne la même doctrine. Voici ses paroles : « L'opération césarienne est indiquée : 1° quand la femme meurt dans les derniers temps de la grossesse, ou à une époque postérieure au terme de la viabilité du fœtus. Les théologiens ont pensé qu'il fallait y recourir à quelque époque que la mère succombât, afin d'assurer au moins les bienfaits

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