RÉPUTATION DES ASSERTIONS DE M. VELPEAU
du baptême à son fruit. Si la famille l'exigeait, on pourrait, dans le doute, se prêter à ses scrupules sans le moindre inconvénient ; mais nous pensons qu'il n'y a d'indication précise qu'à l'époque où l'enfant est viable. Au reste, quand la mère meurt, il doit être bien rare que la maladie qui l'entraîne au tombeau n'ait point également exercé son influence sur l'enfant. On ne serait fondé à conserver quelque espoir que dans le cas où la mort de la mère résulterait d'un accident, encore faudrait-il que l'événement fût récent; car tout porte à croire que c'est par erreur qu'on a parlé d'enfants vivants tirés du sein de leur mère plusieurs heures après la mort. Des faits malheureusement trop nombreux , rapportés par les auteurs Vanswieten, Baudelocque et Peu entre autres, attestent que de graves méprises ont été commises dans de semblables circonstances ; qu'on a pris des morts apparentes pour des morts réelles ; que certaines femmes sont revenues à la vie au moment où l'on se disposait à leur ouvrir le ventre et que quelques-unes même, qui n'étaient qu'en léthargie, avaient succombé à l'opération intempestive qu'on leur avait fait subir. » [Traité de ta Pratique des accouchements, t. II, p. 2o0.) Cette conformité de sentiments provient de plusifurs sources, dont voici les principales. D'abord les médecins font souvent comme les théologiens, ils se copient les uns les autres, ou se laissent entraîner par l'autorité de quelque nom imposant ; en second lieu, ils se sont réglés, dans l'espèce, sur des statistiques incomplètes et faites dans les hôpitaux; et on a vu plus haut combien il faut y compter ; 2° ils ne voient plus les fœtus survivre à leur mère, parce qu'ils n'ouvrent plus les femmes qui meurent aux époques où l'enfant ne peut être viable ; car un enfant non viable n'est rien aux yeux des médecins accoucheurs sans foi religieuse ; et quand ils croiraient à la régénération de l'homme par le baptême, ils ne feraient