‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 46 sur 99 · DES GRANDES OPÉRATIONS CHIRURGICALES · texte numérisé non relu

DES GRANDES OPÉRATIONS CHIRURGICALES

[Il est une question sur laquelle les médecins et les confesseurs sont souvent appelés à se prononcer : une grave opération, douloureuse et dangereuse est en question ; le médecin la propose; le malade doit-il l'accepter? Dans quelles conditions peut-il s'y refuser? — Ou bien encore, l'opération est désirée par le malade; le médecin n'en juge pas de même ; doit-il la faire par complaisance ? Le malade doit-il se résigner à s'en passer?

Premier cas : un malade est atteint d'une maladie grave et entraînant nécessairement la mort, ou un très grand danger de mort ; une opération douloureuse et dangereuse peut l'y soustraire et le guérir. Ce malade est-il obligé en conscience à subir cette opération? A la question ainsi posée, Liguori, Gury, Scavini, n'bésitent pas à répondre par la négative. J'adbère volontiers à cette solution que je crois devoir être généralement la meilleure ; mais il faut encore considérer quelles suites peut avoir le refus de l'opération en question. S'il s'agit d'une mère de famille jeune et appelée à remplir de graves devoirs au milieu des siens, s'il s'agit d'un bomme qui tient une place importante non seulement au milieu des siens, mais encore dans la vie publique, et d'un bomme en situation d'y rendre de grands services, il y a là des raisons graves sinon une obligation pour le sujet de se soumettre à l'épreuve chirurgicale. Enfin il est évident que le malade est autorisé à se refuser à l'opération, quand celle-ci ne doit le débarrasser que d'une chose désagréable, capable de nuire seulement au

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